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11/26/2019

Les outils de la gestion des ressources humaines


Les outils de la gestion des ressources humaines



PLAN

Introduction
I- Politique de l'évolution des performances
1-1 l'entretien annuel d'évaluation
1-2 l'appréciation de la valeur professionnelle (la notation)
II- Les missions et les outils de la G.R.H
2-1 analyse-évaluation des emplois
2-2 développement des R.H
Conclusion
Bibliograhie









INTRODUCTION
La gestion des ressources humaines (G.R.H.) peut se définir, en première approche, comme l'activité qui consiste à mettre en adéquation les objectifs d'une organisation et ceux des membres qui la composent. La G.R.H. désigne ainsi à la fois une fonction dans l'entreprise et un processus d'analyse, de décision et de contrôle.
Cela étant, l'expression même de « gestion des ressources humaines », aujourd'hui communément admise dans le milieu des organisations, soulève d'emblée une série de questions. L'association des termes « gestion » et « ressources humaines » ne va pas de soi : peut-on parler de « ressources » humaines au même titre que de ressources techniques, financières, matérielles, etc. ? Ces ressources peuvent-elles être « gérées » au même titre que l'on gère un portefeuilles d'actions, un système d'information ou un outil de production ? Sans véritablement remettre en cause la notion même de G.R.H., ces débats reflètent l'évolution des conceptions théoriques et des préoccupations pratiques dans le domaine : d'une fonction sommaire chargée de l'administration du personnel dans les organisations, la G.R.H. est aujourd'hui devenue une fonction complexe, voire stratégique. L'évolution de la G.R.H. passe par quelques grandes étapes correspondant chacune à des visions et à des pratiques distinctes.
 Autrement dit, la gestion de ressources humaines est l’ensemble des activités qui permettent à une organisation de disposer des ressources humaines correspondant à ses besoins en quantité et qualité. » Parmi les activités qui permettent à une organisation ou une entreprise de disposer de ressources humaines nous pouvons identifier : le recrutement, la rémunération, l’évaluation ou appréciation, la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences et des carrières, la formation, la négociation avec l’ensemble des acteurs de l’entreprise, la mobilité (incluant le licenciement)…
De fait, il s’agit d’organiser le processus de gestion autour des personnes, autant dire le jeu des acteurs en négociation, leurs stratégies et les outils mobilisés.
De surcoit, la gestion des ressources humaines est un levier essentiel de la compétitivité des entreprises. Les acteurs des services RH doivent ainsi connaître les principales missions qui sont dévolues à leur fonction, afin de pouvoir déployer efficacement dans l'entreprise, les différents processus RH que sont le recrutement, la formation, la rémunération et l'appréciation des collaborateurs.
D'autres part, Le développement et l’expansion de toute entreprise reposent sur plusieurs éléments stratégiques tels la gestion des opérations, le développement de marchés et de la clientèle, la gestion financière, la recherche et le développement, etc. Les questions liées à la gestion des ressources humaines sont souvent les aspects les plus difficiles à traiter et à opérationnaliser pour les gestionnaires. Le manque de temps, d’expérience, de soutien, d’encadrement et d’outils sont souvent des raisons qui obligent malheureusement les organisations à mettre au second plan la gestion des ressources humaines.
Pourtant, dans l’effervescence des marchés et des défis auxquels les entreprises sont confrontées, il n’en demeure pas moins que la gestion des ressources humaines est un enjeu des plus stratégiques pour assurer la réussite de l’organisation. Une équipe de direction qui veille à maintenir une saine gestion des ressources humaines assure non seulement un climat de travail motivant et stimulant, mais contribue à l’engagement des employés envers la mission et les objectifs de l’entreprise.
La réussite et le succès des entreprises reposent en grande partie sur leur capacité à conserver, optimiser et accroître le savoir de leurs employés. Les connaissances, l'expertise, le savoir-faire et les idées des employés bonifient considérablement la valeur de l'entreprise et sont des actifs importants pour l’organisation. Ainsi, ce sont les entreprises qui auront pris conscience de l'importance de cet aspect humain et qui y investiront les efforts nécessaires qui réussiront à augmenter leurs performances globales.
Pour y arriver, les organisations doivent maîtriser un ensemble d'éléments qui ont trait à la gestion de leur capital humain. et pour mener à bien leurs missions, les professionnels des ressources humaines ont besoin d'outils pour faire vite et bien.
Il existe de nombreux documents prêts à l'emploi qui évitent de réinventer la roue. C'est le cas notamment pour les guides d'entretien annuel.
Il n'en demeure pas moins qu'il ne faut pas utiliser ces outils RH les yeux fermés. Au contraire il convient de les adapter aux spécificités de son entreprise et des objectifs sous-jacents. Bref apporter une réelle valeur ajouté à ces instruments.
I. POLITIQUE DE L’ÉVALUATION DES PERFORMANCES
Mettre en place l’entretien annuel professionnel pour l’ensemble des agents pour intégrer l’aspect « évaluation » dans le cadre de la démarche de gestion prévisionnelle des ressources humaines, afin de mieux appréhender les dimensions compétences, métier et mobilité.
Les fonctionnaires sont évalués une fois par an sur la base de critères préalablement à définir dans les statuts particuliers, notamment en fonction de la nature des emplois et des objectifs qui leur ont été assignés dans le cadre des objectifs généraux du service ou de l'administration).
Les valeurs et les appréciations générales concernant le fonctionnaire tiennent compte de ses connaissances professionnelles, de son efficacité, du sens de l'organisation et de la méthode dans le travail, ainsi que des qualités dont il fait preuve dans l'exécution du service.
Les résultats d'évaluation servent de référence notamment à l'avancement du fonctionnaire et à l'identification des besoins de formation. L'évaluation fait l'objet d'un entretien entre le fonctionnaire et son supérieur hiérarchique immédiat. Un cadre du service peut assister au déroulement de l'entretien.
1-1-L'entretien annuel d'évaluation
L’objectif est de faire de l’entretien annuel, non seulement un instrument d’appréciation, mais aussi un véritable outil de management qui puisse s’inscrire dans une démarche dynamique, de dialogue et de développement personnel et professionnel, dans un milieu aux évolutions constantes et souvent imprévisibles. La réalisation des différents outils et l’élaboration d’une méthodologie, amènent à mettre en place une démarche participative et transversale qui peut nécessiter plus d’un an de travail afin de respecter chaque étape du projet.
L’entretien d’évaluation des agents constitue un véritable pilier de la gestion des ressources humaines. En effet, il représente un outil de management qui permet à l’agent de mieux se situer et de faire connaître ses attentes. C’est aussi un moment d’échanges et de dialogue privilégié entre l’agent et sa hiérarchie.
L’évaluation de la performance des agents dans une organisation recouvre en fait deux démarches qui sont souvent confondues :
·          L’évaluation de la performance proprement dite
·         L’évaluation de la valeur professionnelle de l’agent, autrement dit la notation de l’agent selon l’expression traditionnelle.
 la performance, cette notion désigne le produit de l’activité du service public et de ses agents. Elle ne comporte pas l’idée de l’exploit, comme le sous-entend souvent le vocabulaire sportif, mais l’administration doit veiller à améliorer ses activités, à délivrer le meilleur produit ou la meilleure prestation pour répondre aux priorités fixées par le gouvernement et aux attentes du public. Cela passe par l’évaluation systématique de la performance individuelle et collective du service public.
 L’évaluation de la performance, s’effectue au regard, à la fois, de son efficacité et de son efficience :
- Par la mesure de l’efficacité, on veut s’assurer que les priorités politiques du gouvernement, traduites en objectifs à atteindre par les administrations, ont été mises en œuvre et qu’elles ont obtenu les résultats attendus.
- Par la mesure de l’efficience, on veut s’assurer que la performance a été réalisée de façon optimale, en termes d’utilisation des moyens, en particulier les moyens budgétaires et humains, ainsi qu’en termes d’impact. En ce sens, l’efficience, c’est l’efficacité au moindre coût.
L’évaluation de la performance doit être aussi objective que possible. Elle repose sur l’examen de faits, de résultats quantifiés, et d’indicateurs définis de façon rigoureuse.
C’est pourquoi l’évaluation de la performance doit être placée dans un cadre méthodologique strict, décrivant le plus précisément possible le contexte de la performance :
- Quelle politique publique est mise en œuvre ?
- Quelle est le niveau de la structure concernée ?
- Quels sont les objectifs généraux assignés à ce niveau ?
- Quels sont les procédures dont il a la charge, de quels pouvoirs dispose-t-il ?
- Quels sont les moyens humains, budgétaires, matériels mis à sa disposition pour atteindre ces résultats ?
- Quelles sont les capacités professionnelles requises pour accomplir la mission ?
La réponse à ces questions est évidemment variable selon l’étendue des responsabilités confiées à l’agent.
Elle sera brève, rapide et simple à formuler quand il s’agit d’un agent d’exécution ; elle sera beaucoup plus complexe et nécessitera un travail préparatoire approfondi et documenté pour l’évaluation de la performance d’un cadre, a fortiori d’un cadre supérieur de l’administration.
Plus l’agent à évaluer est chargé de responsabilités, et plus sa performance doit être appréciée dans son contexte. Ce qui signifie que l’évaluation de la performance d’un agent est l’occasion d’une réflexion sur la partie de l’institution où elle se déroule : buts, organisation, modes de fonctionnement, moyens disponibles.
De ce point de vue, l’évaluation de la performance d’un agent est aussi, d’une certaine manière, l’évaluation de la performance du couple hiérarchique supérieur - subordonné. Cette évaluation se fait au regard de la mission qui les réunit, l’un fixant les objectifs et les contrôlant, l’autre les réalisant et rendant compte. Sans cette relation indissociable, la mission ne serait pas exécutée. Cette simple évidence montre que l’exercice d’évaluation de la performance place, jusqu’à un certain point, le subordonné et le supérieur hiérarchique dans un rapport d’égalité, chacun étant indispensable à l’autre pour l’accomplissement de la tâche.
L’issue de cette évaluation peut conduire à la redéfinition de la mission, à la réorganisation du service, à des modifications de procédures, à une nouvelle répartition des moyens, L’évaluation de la performance est un élément clé du management général de la performance, à travers les outils que sont les projets de services, les programmes de formation, la gestion des programmes budgétaires.
Pour le subordonné évalué, cela peut amener à une meilleure compréhension de sa mission, des objectifs à atteindre et des tâches à accomplir, ainsi qu’à une meilleure appréciation de sa contribution personnelle à la performance, par son comportement, ses qualités professionnelles et humaines, mais aussi ses insuffisances et ses défauts. S’il a lui-même des responsabilités d’encadrement, il pourra en tenir compte dans l’évaluation de la performance de ses subordonnés.
De même, l’évaluation peut conduire aussi à une nouvelle réflexion du supérieur sur sa propre façon d’appréhender sa mission et d’exercer son autorité. À son tour, il pourra tirer profit de l’évaluation de ses subordonnés pour préparer l’évaluation de sa propre performance par son supérieur hiérarchique.
C’est ainsi que, de proche en proche, c’est toute l’institution qui tendra à l’amélioration de sa performance collective à travers l’évaluation des performances individuelles, tout en renforçant la cohérence de son activité.
Au plan pratique, on voit bien que l’évaluation de la performance relève en premier lieu des directions métiers : c’est à elles que sont assignés les objectifs généraux de leur mission, elles qui en gèrent les moyens juridiques, administratifs et financiers, elles enfin qui emploient les agents. C’est aux services métiers qu’il appartient de réunir toutes les informations du dossier de base de l’évaluation de la
performance.
1-2- L’appréciation de la valeur professionnelle (la notation)
L’évaluation de la performance est aussi à la base de la gestion des ressources humaines. :
- D’une part, elle doit déboucher sur la reconnaissance de la performance accomplie par l’agent, dans un système d’incitations ou de sanctions, afin d’entretenir la motivation de l’agent.
- D’autre part, elle permet de proposer à l’agent un parcours de carrière lui permettant d’exprimer tout son potentiel professionnel, tout en recherchant pour le bien de l’institution l’affectation optimale des agents, là où ils rendront les meilleurs services tout au long de leur carrière.
Ces deux séries de préoccupations conduisent, au-delà de l’évaluation de la performance, à évaluer sa valeur professionnelle de l’agent. Cette valeur est appréciée non seulement en termes d’efficacité et d’efficience, qui caractérisent la performance, mais aussi en référence à la personnalité de l’agent, à ses qualités personnelles et humaines, à ses goûts et préférences, à son contexte familial et social, à son histoire personnelle, susceptibles d’interférer avec sa vie professionnelle.
Autrement dit, une performance médiocre ne signifie pas forcément que l’agent est médiocre : des facteurs extra professionnels ont pu affecter sa performance, la maladie, la situation familiale etc..; à l’inverse, une performance brillante ne conduit pas forcément à une nouvelle affectation ou l’accès à de plus hautes responsabilités : l’agent a peut-être tout simplement trouvé le poste qui correspond le mieux à ses capacités, sans espoir de les faire évoluer etc.. Parfois, le rapport subjectif entre l’agent et son supérieur hiérarchique peut constituer un facteur inhibant, ou au contraire stimulant.
Dans tous les cas, l’évaluation de la performance doit trouver une forme de reconnaissance immédiate, proportionnée, objective, selon des règles connues et annoncées à l’avance : c’est l’objet du système des primes et indemnités et des avancements d’échelon qui ont une incidence directe sur le revenu de l’agent.
La direction de la ressource humaine s’attachera, en la matière, à élaborer les règles de concordance entre la performance et le régime indemnitaire des agents, en liaison avec les directions métiers.
Mais l’évaluation de la valeur professionnelle doit viser, sur le plus long terme, à détecter le potentiel d’évolution de la carrière d’un agent, sa vocation à accéder à des responsabilités plus élevée, son aptitude à la mobilité professionnelle, tant fonctionnelle que géographique. L’évaluation périodique de la valeur professionnelle d’un agent permet de faire le point à chaque étape de son parcours, d’envisager l’étape suivante, et ainsi de tracer progressivement sa carrière. Ceci constitue un processus d’apprentissage par lequel l’agent est préparé à l’accès à de nouvelles responsabilités par acquisition de nouvelles compétences et savoir-faire, accumulation d’expériences, et suivi de formations professionnelles qualifiantes.
Au plan pratique, l’appréciation de la valeur professionnelle est plus directement placée sous le contrôle de la Direction des Ressources humaines, qui a la charge de gérer les carrières et la politique de formation professionnelle et de perfectionnement des agents.
La méthode privilégiée de l’évaluation est l’entretien, par lequel l’agent évalué dialogue avec son supérieur, en face à face.
La difficulté de l’évaluation de la valeur professionnelle d’un agent est qu’elle va au-delà de l’évaluation de la performance. Celle-ci se fonde d’abord sur des faits, des indicateurs de résultats concrets et chiffrés, tandis que celle-là comporte inévitablement une part de subjectivité. C’est pourquoi l’évaluation de la valeur professionnelle doit suivre une procédure stricte, tendant à réduire le plus possible cette part de subjectivité.
Dans l’idéal, compte tenu de ce qui précède, l’évaluation de la performance et l’appréciation de la valeur professionnelle ne devraient pas être conduites par les mêmes personnes, pour assurer l’objectivité du processus. Trois formules sont possibles :
- L’évaluation est menée par un organisme tiers, tel qu’une inspection générale, ou un expert indépendant ;
- L’évaluation de la performance est effectuée par le supérieur hiérarchique immédiat, tandis que l’appréciation de la valeur professionnelle est faite par l’autorité hiérarchique, c’est-à-dire audessus du supérieur hiérarchique direct (chef de service, directeur). Ainsi le recul de cette autorité lui assure une plus grande objectivité de jugement ;
- L’évaluation de la performance et celle de la valeur professionnelle sont effectuées par le supérieur direct, mais sous le regard de l’autorité hiérarchique.
La première formule a l’inconvénient de déposséder la hiérarchie d’une prérogative importante, qui est un attribut de l’autorité. En outre elle prive le couple supérieur - subordonné de ce rendez-vous périodique, moment d’échange privilégié.
La seconde constitue une procédure lourde, en imposant à l’agent et à sa hiérarchie deux évaluations qui, pour bien faire, demandent du temps et sont difficiles à inscrire dans le calendrier administratif.
La dernière, dans ces conditions, est ici préférée bien que ce soit la plus exposée au risque de subjectivité.
L’intervention de l’autorité hiérarchique supérieure est là pour tempérer ce risque.
L’objectivité de l’évaluation de la performance et de l’appréciation de la valeur professionnelle des agents est aussi recherchée par un encadrement strict de la méthodologie et de la procédure. En particulier, la démarche d’évaluation de la performance doit être clairement distincte de celle de la valeur professionnelle.
L’entretien d’évaluation se termine en principe par le constat de points d’accord entre l’agent évalué et son supérieur hiérarchique. A la base, les deux devraient normalement tomber d’accord sur la description de la performance réalisée, puisqu’elle repose sur des éléments factuels et/ou quantifiés. Sur cette base, ils peuvent partager l’analyse et le diagnostic de la situation, montrant qu’ils ont une commune compréhension de la performance. Enfin, ils doivent convenir d’un accord sur les objectifs nouveaux à atteindre et les moyens à mettre en œuvre : ce point est crucial, car cet accord servira, lors de l’évaluation suivante, à déterminer les responsabilités respectives dans l’accomplissement de la performance.
L’objectif est de parvenir à un équilibre entre les missions ou les tâches assignées à l’agent, les moyens mis à sa disposition et les efforts à fournir. Les suites, en termes de reconnaissance de la performance et d’évolution de la carrière, doivent également être claires. Ces éléments devraient normalement, au terme de la négociation, faire l’objet d’un consensus entre l’agent et son supérieur. En cas de désaccord partiel, l’agent peut faire valoir ses réserves ou en appeler à l’arbitrage de l’autorité hiérarchique (chef de service, etc…), mais en dernier ressort, c’est la décision du supérieur hiérarchique qui s’impose. Lors de l’évaluation suivante, les réserves formulées en début de période seront prises en compte, selon leur pertinence, et pourront venir en atténuation de la responsabilité de l’agent. Elles pourront également engager la responsabilité du supérieur hiérarchique qui aura passé outre les observations de son subordonné et imposé une performance irréaliste, ou impossible à atteindre avec les moyens accordés.
C’est en cela que la fiche annuelle d’évaluation de l’agent constitue un quasi-contrat objectifs-moyens entre l’agent et l’administration.
Les fiches de procédures qui suivent doivent être comprises et appliquées en tenant compte de ces préoccupations.
II.   Les missions et les outils de la G.R.H.
Les missions de la G.R.H, peuvent tout d'abord se décliner en objectifs, explicites et implicites : attirer des candidats de qualité, maintenir les salariés qui donnent satisfaction dans l'entreprise, accroître la motivation et l'implication des salariés, utiliser de manière optimale leurs compétences en favorisant leur développement dans l'emploi, améliorer la qualité de vie et la productivité au travail, assurer le respect de la législation sociale. Ces objectifs s'articulent autour d'une série d'activités, qui suivent ce que l'on pourrait appeler le « cycle de vie » du salarié dans l'entreprise : l'analyse et l'évaluation des emplois, l'opération de recrutement-sélection-affectation, le développement des ressources humaines (formation et gestion de carrière), l'organisation du travail et les relations sociales. À cela s'ajoutent, en amont, les activités de planification-prévision et, en aval, celles de contrôle de gestion sociale.
  2-1-Analyse-évaluation des emplois
L'analyse et l'évaluation des emplois constituent le socle des politiques de G.R.H. Avant même de s'intéresser aux individus qui composent l'organisation, il s'agit ici d'examiner les emplois, postes ou tâches autour desquels l'activité de l'entreprise est structurée et le travail organisé. Analyser et évaluer les emplois sur une base systématique doit permettre d'objectiver les décisions de G.R.H. associées. Quatre étapes sont habituellement distinguées :
·          La description de l'emploi : une fiche de description répertorie les postes de travail correspondant à l'emploi et leur affectation, le positionnement hiérarchique de l'emploi, la liste des missions à effectuer et éventuellement les tâches associées.
·          La spécification de l'emploi : elle consiste à recenser les capacités et compétences requises pour tenir l'emploi, en termes de qualification d'expérience, de formation, de qualités personnelles, de capacités physiques ou intellectuelles.
·         L'évaluation de l'emploi : elle conduit à attribuer une valeur aux exigences requises pour tenir l'emploi, suivant différentes méthodes possibles (analytiques ou globales).
·          La classification ou hiérarchisation des emplois : sur la base des résultats de l'évaluation, les emplois sont hiérarchisés entre eux.
La connaissance précise des emplois et de leur valeur relative sert par exemple à dessiner des parcours de carrière, mieux gérer les mobilités internes, asseoir des actions de recrutement sur des informations précises, fonder les pratiques d'évaluation des salariés ainsi que les politiques de formation, en réponse à des écarts éventuels entre compétences requises par l'emploi et compétences détenues par le salarié en poste sur cet emploi. Ce type de démarche peut être réalisé en interne par la direction des ressources humaines (D.R.H.) ou par un prestataire extérieur.
D'autre part, l'analyse et l'évaluation des emplois sont particulièrement utiles et utilisées pour constituer des grilles de rémunération, dans une logique de rétribution « à la juste valeur ». La rémunération intègre néanmoins plus globalement tous les avantages associés à l'emploi : salaire de base, mais aussi salaire de performance (liés aux résultats du salarié), primes fixes ou variables (liées aux résultats de l'entreprise), périphériques légaux (intéressement, participation, plan d'épargne entreprise, stock-options, ...), périphériques sélectifs (avantages en nature) et périphériques statutaires (avantages collectifs acquis, par exemple dans la fonction publique). Si les politiques de rémunération restent étroitement liées aux objectifs stratégiques et aux contraintes économiques des entreprises, elles suivent globalement une tendance à l'individualisation, permettant ainsi d'introduire plus de flexibilité dans la gestion de la masse salariale et d'espérer une plus grande motivation ou une fidélisation des salariés. Les stocks-options, technique de rémunération à la fois répandue et controversée aujourd'hui, en sont une bonne illustration. La mise en place d'un plan de stock-options (ou d'options d'achat d'actions) est censée, d'une part, mettre en phase les intérêts des actionnaires et ceux des bénéficiaires et participer ainsi à l'amélioration de la performance de l'entreprise ; d'autre part, elle doit contribuer, en proportion de l'accroissement de la valeur de l'action, à la réalisation des objectifs stratégiques en matière de ressources humaines (attirer et fidéliser des talents, améliorer la motivation, l'implication et la satisfaction des salariés, etc.). Ces techniques soulèvent inévitablement des débats sur leurs effets réels en termes de performance et sur les dérives possibles qu'elles peuvent entraîner au niveau de la rémunération des dirigeants.
  2-2- Développement des ressources humaines
Le développement des ressources humaines recouvre à la fois les politiques de gestion de carrière, de mobilité et de formation, au sens où elles permettent de prévoir et de favoriser la progression des salariés au sein de l'organisation. La notion de carrière a largement évolué avec l'horizon temporel et la stabilité de l'emploi au sein d'une même entreprise. De plus en plus, la responsabilité de la trajectoire professionnelle appartient au salarié autant qu'à son employeur, une évolution à laquelle renvoie la notion d'« employabilité ».
Gérer les carrières, pour la D.R.H., revient ainsi à gérer différents types de mobilité, en prévoyant des parcours professionnels en interne lorsque la structure le permet, ou bien en faisant évoluer les salariés par une mobilité externe. Les mobilités peuvent être horizontales (changement de fonction ou de poste à niveau équivalent), verticales (changement de position hiérarchique) ou encore géographiques (changement de lieu ou d'établissement au sein d'une même organisation).
La démarche de gestion de carrières s'appuie sur des outils qui visent tout d'abord à faciliter la diffusion de l'information utile au sein de l'organisation (bourses d'emplois, forums métiers, cartes métiers, comités de carrières, etc.), à définir les règles de mobilité et de progression internes et à inciter à la mobilité. Il s'agit ensuite de responsabiliser l'encadrement qui joue un rôle majeur dans le recueil des aspirations des salariés et dans l'évaluation de leurs capacités : les entretiens individuels d'appréciation (appelés aussi entretiens de progrès) servent généralement de support à cette démarche.
Les politiques et actions de formation viennent en support de la gestion des mobilités et des carrières, au sens où elles sont autant d'opportunités de développement des ressources humaines. Répondant à une obligation légale en France depuis 1971, la formation professionnelle continue peut également constituer un levier stratégique pour les entreprises, s'inscrivant dans une logique volontariste de G.R.H., intégrée à la démarche de management globale de l'organisation et à ses objectifs stratégiques. Dans une logique de compétences, les politiques de formation suivent de plus en plus une tendance à l'individualisation des pratiques et à la responsabilisation des salariés, et les contenus de formation prennent mieux en compte les dimensions comportementales des compétences (savoir-être), au-delà des dimensions cognitives ou techniques (savoirs et savoir-faire).

Conclusion
En guise de conclusion, on peut dire que la gestion des ressources humaines (G.R.H) peut être appréhendée : à l'image de bon nombre d'autres fonctions de l'organisation, la G.R.H. est « encastrée » dans des réseaux de relations interpersonnelles et soumise aux pressions de normes institutionnelles diverses. Cette vision de la G.R.H., certes plus pessimiste quant aux réels leviers d'action dont disposent les responsables, a le mérite de mettre en évidence les croyances parfois incantatoires, voire magiques, que certains praticiens placent dans les outils de G.R.H. et l'apparente rationalité des décisions qui en découlent.










Bibliograhie
- Manuel de politiques, normes et procédures de Gestion des Ressources Humaines – OMRH
- J. ALLOUCHE dir., Encyclopédie des ressources humaines, Vuibert, Paris, 2e éd., 2006
- J. ALLOUCHE & P. GILBERT, « 50 ans de G.R.H. : de la profusion des outils rationnels à l'institutionnalisation des ressources humaines », in J. Caby et G. Schmidt dir., 50 ans de management. Réflexions et témoignages sur les évolutions du management durant les 50 dernières années, Pearson Education, Paris, 2006
- S. BELLIER & H. TRAPET, Panorama de la G.R.H. : définitions, questions et convictions, Liaisons, Paris, 2001
- B. GAZIER, Stratégie des ressources humaines, coll. Repères, La Découverte, Paris, 2004
- L. CADIN, F. GUÉRIN & F. PIGEYRE, Gestion des ressources humaines. Pratique et éléments de théorie, Dunod, Paris, 2e éd., 2007
- J. FOMBONNE, L'Histoire des ressources humaines, Vuibert, 2001
- E. MERCIER & G. SCHMIDT, Gestion des ressources humaines, Pearson Education, 2004
- F. PICHAULT & J. NIZET, Les Pratiques de G.R.H., Seuil, Paris, 2000
- M. THÉVENET, C. DEJOUX, E. MARBOT & A. F. BENDER, Fonctions R.H. Politiques, métiers et outils des ressources humaines, Pearson Education, 2007.


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