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11/22/2019

Cours : Relations internationales

Relations internationales

Introduction : Définitions
Relations internationales, transnationales et inters étatiques :
Si le philosophe anglais Jeremy Bentham (1748-1832) est le premier à avoir utilisé, à la fin du XVIIIe siècle, le terme « international », les relations internationales désignent les rapports et flux transfrontaliers, matériels ou immatériels, qui peuvent s’établir entre deux ou plusieurs individus, groupes ou collectivités. Les relations internationales englobent les relations entre Etats (interétatiques), les relations transnationales par le biais des entreprises multinationales et les organisations non gouvernementales, ainsi que les échanges de biens et d’informations « extra-étatiques ».
Institutions internationales :
Les relations internationales sont également régies par une société « institutionnelle », constitué des Etats, mais également des organisations internationales, des sociétés multinationales et des organisations non gouvernementales. Les ouvrages qui traitent ce sujet offrent une initiation à la connaissance des principales institutions internationales, ainsi qu’à la compréhension des principaux mécanismes et règlent qui régissent leurs rapports.
Politique internationale :
Le terme de politique internationale fait référence au comportement d'un pays sur l'échiquier international, à ses choix diplomatiques. La diplomatie étant, en politique internationale, l'art de tirer le plus d'avantages possibles pour sa nation. La politique étant la « conduite des affaires publiques », elle a pour but le maintien de l'ordre et l'amélioration de la situation, ici, celle d'un État face aux États concurrents. La politique internationale d'un État cherche à renforcer sa position, son influence, tant par le commerce, que par l'armée ou la religion. La politique internationale a également pour but de satisfaire l'opinion publique intérieure, qui se réfère souvent au propre passé du pays (l'empire français pour la métropole française actuelle par exemple).
Diplomatie :
La diplomatie est la conduite de négociations et de reconnaissances diplomatiques entre les personnes, les groupes ou les nations en réglant un problème sans violence. Utilisée formellement, elle se rapporte habituellement à la diplomatie internationale, la conduite des relations internationales par l’entremise (habituellement) de diplomates professionnels.
Société internationale :
Selon certains auteurs cette notion se rapporte à la société    universelle, pour comprendre, « une situation, organisée autour de relations entre des Etats et, plus encore, au travers de l’existence d’intérêts communs et d’organes institutionnels, en charge de faire appliquer un ensemble de normes partagées ».
Communauté internationale :
Cette notion est utilisée comme caractéristique « d’un stade d’évolution plus élevé dans l’organisation des relations internationales (…)  Elle dépasse la simple juxtaposition des Etats pour atteindre un mode relationnel élaboré, construit à partir de règles et d’institutions de type    communautaire » (Ph. Morcellin 2015).  C’est le cas des relations organisée au sein des communautés européennes.
Chapitre 1 : L’histoire des relations internationales
        I.            Les traités de Westphalie :
Le 24 octobre 1648 sont publiés les traités négociés dans les semaines précédentes en Westphalie (province occidentale de l'Allemagne).
Ces traités mettent fin à l'interminable guerre de Trente Ans qui a saigné à blanc l'Allemagne. Ils se soldent par l'émiettement politique de celle-ci. Les deux grands vainqueurs du conflit sont la Suède, devenue la principale puissance de la mer Baltique, et la France, son alliée, désormais sans rivale en Europe occidentale.
La conférence réunie en Westphalie à la fin de l'été 1648 a un caractère inédit sinon révolutionnaire. C'est en effet la première fois que se retrouvent autour d'une table de négociation les grands États d'Europe. Et c'est la première fois aussi que sont définies les relations entre les États dans le respect de la souveraineté de chacun.
Il n'est plus question comme au Moyen Âge d'une chrétienté occidentale unie autour d'une foi commune sous la haute autorité du souverain pontife. Chaque monarque est désormais maître chez lui, y compris en matière religieuse !
      II.            La première guerre mondiale :
La Première Guerre mondiale est un conflit militaire impliquant dans un premier temps les puissances européennes et s'étendant ensuite à plusieurs continents de 1914 à 1918.
Considérée comme un des événements marquants du XXe siècle, cette guerre parfois qualifiée de totale a atteint une échelle et une intensité inconnues jusqu'alors. Elle a impliqué plus de soldats, provoqué plus de morts et causé plus de destructions que toute autre guerre antérieure. Plus de soixante millions de soldats y ont pris part. Pendant cette guerre, environ dix millions de civils et militaires sont morts et environ vingt millions ont été blessés.
D'autres événements survenus pendant cette période : le génocide arménien (1915-1916), la Révolution russe (1917) et la grippe de 1918 ont augmenté la mortalité et la détresse des populations. Pour toutes ces raisons, cette époque a marqué profondément ceux qui l'ont vécue. Cette guerre entraîna de nombreux changements géopolitiques qui ont profondément modifié le cours du XXe siècle.
Ce conflit a causé l'effondrement ou la fragmentation des empires austro-hongrois, russe et ottoman. L'Empire allemand a disparu, et l'Allemagne a vu son territoire réduit. En conséquence, les frontières européennes et du Proche-Orient ont été redessinées. Des monarchies ont été remplacées par des États communistes ou par des républiques démocratiques. Pour la première fois, une institution internationale a été créée dans le but de prévenir les guerres : la Société des Nations ou SDN.
    III.            La Société Des Nation :
Le 6 janvier 1920 voit la première réunion à Paris du Conseil de la Société des Nations. La création de la Société des Nations (S.D.N.) marque, au lendemain de la Première Guerre mondiale, une première tentative de fonder une organisation internationale permanente apte à trouver des solutions pacifiques aux conflits entre États, par le biais de l'arbitrage et de la mise en place de sanctions collectives contre les récalcitrants. L'idée, issue à la fois du concept de « concert européen » et du droit anglo-saxon, en était ancienne et avait connu un début de réalisation avec la création, après la première conférence de la paix en 1899 à La Haye, d'une Cour permanente d'arbitrage. Mais l'idée juridique et politique de « police des nations », émise dès 1910 par le radical français Léon Bourgeois, est surtout reprise par le président Wilson qui en fait un des buts de guerre américains (les Quatorze Points). Le pacte de la S.D.N., adopté lors de la conférence de la paix à Paris, est intégré dans le traité de Versailles signé en juin 1919. Les espoirs mis dans cette institution, installée à Genève à partir de novembre 1920, sont cependant vite déçus : les États-Unis font d'emblée défection, l'U.R.S.S. est exclue jusqu'en 1934, l'Allemagne n'y adhère qu'entre 1926 et l'arrivée d'Hitler au pouvoir (1933) et, par-dessus tout, la S.D.N. s'avère incapable de mener une politique crédible de sanctions. Elle reste néanmoins le précédent. Elle a été remplacée par l’ONU en 1945.
   IV.            La seconde guerre mondiale :
La Seconde Guerre mondiale ou Deuxième Guerre mondiale est un conflit armé à l'échelle planétaire qui dura du 1er septembre 1939 au 2 septembre 1945. Ce conflit opposa schématiquement deux camps : les Alliés et l’Axe.
Provoquée par le règlement insatisfaisant de la Première Guerre mondiale et par les ambitions expansionnistes et hégémoniques des trois principales nations de l’Axe (Allemagne nazie, Italie fasciste et Empire du Japon) ; elle fut favorisée par la convergence d’un ensemble de tensions et conflits régionaux, notamment : en Afrique (Seconde guerre italo-éthiopienne dès 1935), en Espagne avec la guerre d'Espagne débutant le 18 juillet 1936 , en Chine avec la guerre sino-japonaise débutant le 7 juillet 1937, en Autriche avec l'Anschluss, le 11 mars 1938 et en République Tchécoslovaque avec l'annexion des territoires Sudètes le 21 octobre 1938 puis, le 1er septembre 1939, en Pologne avec l'agression allemande contre la Pologne. Ce dernier événement provoque , le 3 septembre 1939, l'entrée en guerre du Royaume-Uni (à 11 h) et de la France (à 17 h) et de leurs empires coloniaux respectifs.
Tout d'abord associée à l'Allemagne dans le partage de l'Europe, l'URSS rejoint le camp allié à la suite de l'invasion allemande le 22 juin 1941. Quant aux États-Unis, ils abandonnent leur neutralité après l'attaque de Pearl Harbor, le 7 décembre 1941. Dès lors, le conflit devient vraiment mondial, impliquant toutes les grandes puissances, et la majorité des nations du monde sur la quasi-totalité des continents.
La Seconde Guerre mondiale prend fin sur le théâtre d'opérations européen le 8 mai 1945 par la capitulation sans condition du Troisième Reich, puis s’achève définitivement sur le théâtre d'opérations Asie-Pacifique le 2 septembre 1945 par la capitulation également sans condition de l'empire du Japon, dernière nation de l’Axe à connaître une défaite totale.
La Seconde Guerre mondiale constitue le conflit armé le plus vaste que l’humanité ait connu, mobilisant plus de 100 millions de combattants de 61 nations, déployant les hostilités sur quelque 22 millions de km, et tuant environ 62 millions de personnes, dont une majorité de civils.
     V.            L’Organisation des Nations Unies :
L’Organisation des Nations unies (ONU) est une organisation internationale regroupant 193 États. En remplacement de la Société des Nations, la Charte des Nations unies est adoptée le 26 juin 1945 par 51 États. Elle entre officiellement en vigueur le 24 octobre 1945.

Les objectifs premiers de l'organisation sont le maintien de la paix et la sécurité internationales. Pour les accomplir, elle promeut la protection des droits de l'homme, la fourniture de l'aide humanitaire, le développement durable et la garantie du droit international.
La Charte définit six organes principaux : l'Assemblée générale, le Conseil de sécurité, le Conseil économique et social, le Conseil de tutelle, la Cour internationale de justice et le Secrétariat. Le système des Nations unies inclut plus largement des programmes, fonds, institutions spécialisées et apparentées.
   VI.            La guerre froide :
La guerre froide (1947-1991) (en anglais Cold War) est le nom donné à la période de fortes tensions géopolitiques durant la deuxième moitié du XXe siècle entre d'une part les États-Unis et leurs alliés constitutifs du bloc de l'Ouest et d'autre part l'URSS et ses États satellites formant le bloc de l'Est.
La guerre froide s'installe progressivement à partir de la fin de la Seconde Guerre mondiale dans les années 1945 à 1947 et dure jusqu'à la chute des régimes communistes en Europe en 1989, rapidement suivie de la dislocation de l'URSS en décembre 1991.
La guerre froide est multi-dimensionnelle, davantage portée par les différences idéologiques et politiques entre les démocraties occidentales et les régimes communistes que par des ambitions territoriales. Elle a de fortes répercussions dans tous les domaines, notamment économiques et culturels. Elle prend toutes les formes possibles d'affrontements, de l'espionnage aux actions secrètes, en passant par la propagande14,15, la compétition technologique dans le domaine de la conquête de l'espace et jusqu'aux compétitions sportives.
Elle est aussi caractérisée par la course aux armements nucléaires à laquelle se livrent les deux superpuissances, les États-Unis et l'Union soviétique, qui y consacrent des ressources colossales. Elle est qualifiée de « froide » au motif que les dirigeants américains et soviétiques qui l'ont menée ont su éviter l'affrontement direct de leurs pays, pour partie au moins par peur de déclencher une apocalypse nucléaire, et que l'Europe ne connaît pas de guerre malgré plusieurs graves crises. Mais sur les autres continents et notamment en Asie, des conflits ouverts font de nombreuses victimes civiles et militaires : la guerre de Corée, la guerre d'Indochine, la guerre du Viêt Nam, la guerre d'Afghanistan et le génocide cambodgien totalisent environ dix millions de morts.
 VII.            La guerre du Golfe :
La guerre du Golfe est un conflit qui oppose, du 2 août 1990 au 28 février 1991, l'Irak à une coalition de 35 États, dirigée par les États-Unis à la suite de l'invasion et l'annexion du Koweït par l'Irak. La guerre est divisée en deux phases : l'opération Bouclier du Désert (en anglais Desert Shield), du 2 août 1990 au 17 janvier 1991, au cours de laquelle les troupes se renforcent et défendent l'Arabie saoudite, et l'opération Tempête du Désert (en anglais Desert Storm), du 17 janvier au 28 février, phase de combat, qui commence avec un bombardement aérien et naval, suivi d'un assaut terrestre et qui se termine avec une victoire des forces de la coalition qui parviennent à repousser l'armée irakienne hors du Koweït et à avancer en Irak. La coalition cesse sa progression et déclare un cessez-le-feu 98 heures après le début de la campagne terrestre. Au cours de la guerre, les combats sont limités à l'Irak, le Koweït et des zones le long de la frontière avec l'Arabie saoudite ; l'Irak lance des missiles Scud contre des cibles militaires de la coalition en Arabie saoudite et contre Israël.


VIII.            La guerre civile syrienne :
La guerre civile syrienne — ou révolution syrienne — est un conflit armé en cours depuis 2011 en Syrie. Elle débute dans le contexte du Printemps arabe par des manifestations majoritairement pacifiques en faveur de la démocratie contre le régime baasiste dirigé par le président Bachar el-Assad. Réprimé brutalement par le régime, le mouvement de contestation se transforme peu à peu en une rébellion armée.
De nombreux belligérants participent au conflit qui connait plusieurs phases. La majeure partie des premiers groupes insurgés se structurent autour de l'Armée syrienne libre (ASL), qui est fondée en juillet 2011. L'opposition politique en exil forme quant à elle le Conseil national syrien (CNS) en septembre 2011 puis la Coalition nationale des forces de l'opposition et de la révolution (CNFOR) en novembre 2012. En 2012 et 2013, les rebelles s'emparent de la majeure partie du nord et de l'est de la Syrie, mais le régime de Bachar el-Assad résiste dans le sud et l'ouest du pays. L'opposition obtient également des financements et des armes de la part de la Turquie, de l'Arabie saoudite, du Qatar, de la Jordanie, des États-Unis ou de la France. Mais l'ASL est progressivement supplantée dans plusieurs régions par des groupes islamistes sunnites ou salafistes, comme Ahrar al-Cham ou Jaych al-Islam, ou encore par des groupes salafistes djihadistes, comme le Front al-Nosra, reconnu en 2013 comme la branche syrienne d'al-Qaïda. Le régime syrien est quant à lui soutenu indéfectiblement par l'Iran, qui outre des financements pour contourner les sanctions internationales, dépêche dès le début du conflit des officiers du Corps des Gardiens de la révolution islamique et des dizaines de milices islamistes chiites venues du Liban, d'Irak ou d'Afghanistan, comme le Hezbollah, l'Organisation Badr ou la Division des Fatimides.
Le rapport des forces en présence est bouleversé par l'apparition en Syrie de l'organisation salafiste djihadiste État islamique en Irak et au Levant (EIIL) — rebaptisé ensuite État islamique (EI) — qui en 2014 entre en conflit contre tous les autres belligérants, s'empare de près de la moitié de la Syrie, ainsi que d'un tiers de l'Irak, et proclame la restauration du califat. Au Nord, les forces kurdes des Unités de protection du peuple (YPG), branche armée du Parti de l'union démocratique (PYD), lié au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), se retrouvent en première ligne contre les djihadistes. En septembre 2014, menée par les États-Unis, une coalition internationale formée contre l'État islamique commence à mener des bombardements en Syrie et à appuyer les YPG. Forts du soutien américain, les Kurdes reportent une première victoire à Kobané en janvier 2015, forment en octobre 2015 une alliance avec des groupes arabes qui prend le nom de Forces démocratiques syriennes (FDS), et lancent une campagne contre les djihadistes qui aboutit en octobre 2017 à la chute de Raqqa, la « capitale » syrienne de l'EI. La Turquie intervient également militairement en Syrie : d'abord contre l'État islamique en 2016 et 2017, avant d'attaquer les FDS en 2018 en raison de leurs liens avec le PKK.
De son côté, la Russie entre dans le conflit syrien en septembre 2015 en intervenant militairement pour soutenir le régime syrien. Cette intervention redonne l'avantage au camp loyaliste : l'armée syrienne et ses alliés remportent des victoires décisives à Alep en décembre 2016, à Homs en mai 2017, à Deir ez-Zor en novembre 2017, dans la Ghouta en mai 2018 et à Deraa en juillet 2018.
En se prolongeant dans le temps, le conflit syrien est devenu à la fois une guerre civile, une guerre confessionnelle et une guerre par procuration.


Chapitre 2 : Les doctrines des relations internationales
        I.            La doctrine réaliste :
Le réalisme classique :  En référence à des auteurs tel Thucydide ou Aristote, ce courant de pensée cherche à décrire la simple réalité des relations internationales sans volonté de les améliorer. Les relations entre Etats, à l’instar des rapports entre les hommes, sont marquées par la « guerre de tous contre tous » selon Thomas Hobbes (G. Lagane 2016).
Le néo-réalisme :    Selon Hans Morgenthau, « le réalisme n’est pas dicté par une forme de pessimisme moral mais plutôt fondé sur une description objective des intérêts des Etats, qui poursuivent tous un même but, la recherche de la puissance ».
-  La politique étrangère des Etats doit tenir compte de la nature humaine et de l’égoïsme des intérêts nationaux. (Ph. Morcellin).
      II.            La doctrine idéaliste :
Les idéalistes se prononcent pour une conception reposant sur la construction d’une société internationale instituée sur le droit et non les politiques de force.
- « L’enjeu est de privilégié la coopération entre les Etats, soucieux d’unifier le monde dans une grande confédération » (Ph. Morcellin 2015).
-  Des auteurs tel que David Mitrany et Ernest Haas défendent l’idée d’une organisation internationale, dotée de pouvoirs de police et de justice dépassant la souveraineté étatique.
-  Ce dépassement de l’Etat par les Organisations internationales (SDN en 1919 ou ONU en 1945) a pour objectif de promouvoir le règlement pacifique des conflits et de faire respecter les accords internationaux.
    III.            La doctrine marxiste :
L’apport de Karl Marx à l’analyse des relations internationales, apparait dans sa conception du rôle de l’économie, qui selon lui est la cause des conflits.
-  La conception marxiste des relations internationales, analyse la scène mondiale par une critique du système capitaliste (thèse de Lénine dans L’impérialisme stade suprême du capitalisme-1917-).
-  Cette conception est développée dans les années 1970 par Raul Prebicsh dans sa théorie de la « dépendance » fondée sur les relations économiques entre Etats.
-  La même inspiration marxiste, apparait dans l’œuvre d’Immanuel Wallerstein pour lequel le « système monde » divise les Etats entre le centre, dominant, à savoir l’occident et la périphérie, qui cherche à s’affranchir.
-  Cette interprétation des relations internationales, est à l’origine des résolutions de l’Assemblée générale de l’ONU relatives à La souveraineté permanente sur les ressources naturelles (résolutions n° :1803, 3201, 3202 et 3281) appelant à l’établissement d’un ‘nouvel ordre économique international.


Chapitre 3 : Les acteurs des relations internationales
        I.            L’Etat :
La structure de la société internationale est basée sur la notion d'Etat. En effet, notre société est une société interétatique.
L’Etat est ainsi considéré comme un acteur originaire, traditionnel et dominant du système international.
La prolifération des États, notamment après la seconde guerre mondiale et la fin de la guerre froide, a dévoilé leur réalité multiforme et complexe.
1.       Les conditions d’existence de l’État ou les éléments constitutifs de l’Etat :
La constitution de l’État dépend de la réunion de trois éléments : le territoire, la population et le pouvoir politique suprême ou gouvernement.
Le territoire
Le territoire est indispensable à l’existence de l’État. C’est l’espace sur lequel il exerce ses pouvoirs souverains et exclusifs. Il ne peut y avoir d’État sans territoire.
La population
La population est constituée par l’ensemble de personnes résidantes sur le territoire étatique. Elle englobe aussi bien les nationaux que les étrangers, qui se trouvent dans une situation juridique différente.
Le pouvoir politique suprême
L’existence d’une autorité politique qui exerce le pouvoir sur le territoire et la population, constitue le troisième élément constitutif de l’État. Cette autorité permet à l’État, d’avoir le monopole du pouvoir de coercition nécessaire au respect des règles édictées, et à l’exécution des décisions prises.
2.       La reconnaissance, condition d’exercice des compétences internationales de l’État :
La reconnaissance est exercée selon deux formes : d’État et de gouvernement.
La reconnaissance d’État est l’acte par lequel un sujet international, et en particulier un État, vient constater officiellement l’existence d’un nouvel Etat sur la scène internationale. Cet acte discrétionnaire peut être effectué selon diverses modalités :  explicite ou implicite ; individuelle ou collective ; de jure ou de facto.  Comme Il revêt une grande importance en apparaissant comme l’invitation d’un État à développer des relations diplomatiques avec le nouvel État. A   titre d’exemple, la reconnaissance par la communauté internationale du Sud-Soudan suite à la proclamation de son indépendance du Soudan le 09 juillet 2011.
Quant à la reconnaissance de gouvernement, elle intervient lors du changement de gouvernement d’un Etat ancien, en dehors des règles constitutionnelles prévues (coup d’Etat, une révolution, ou tout autre événement). Exemple : reconnaissance du gouvernement tunisien suite à la révolution de 2011.


3.       Les formes d’organisation de l’État :
On distingue deux grandes formes d’organisation de l’État :  l’État unitaire d’un côté et les États composés de l’autre côté avec leurs trois formules :  les unions d’États, la confédération et le fédéralisme.  Cependant, à l’heure actuelle, en raison de l’inexistence de la première formule et de la rareté de la deuxième formule, nous nous contenterons de l’étude du fédéralisme.
L’État unitaire :
L’État unitaire correspond à la forme d’État, qui ne connaît qu’une seule autorité juridique et politique, détenant l’ensemble de ses compétences sur son territoire, régie par un seul et même droit.
L’État fédéral :
L’État fédéral est une association d’États fédérés (États fédérés aux États-Unis, Lander en Allemagne, Cantons en Suisse, ou provinces au Canada), qui ont décidé volontairement d’abandonner une partie de leurs compétences au profit du regroupement qu’elles ont constitué.
L’union fédérale résulte le plus souvent d’une constitution adoptée par une assemblée constituante, et ratifiée par les entités fédérées.  Cela donne lieu à la création d’une nouvelle collectivité étatique, superposée aux États fédérés, portant le nom de l’État fédéral.
Une vingtaine de nations, ont adopté cette forme d’État. Il s’agit entre autres, des États-Unis d’Amérique, du Canada, de la Suisse de l’Allemagne, du Brésil, des Émirats arabes unis, du Nigeria, ou encore de l’Inde.
      II.            Les organisations internationales intergouvernementales :
Michel Virally a proposé de définir l’organisation internationale comme « Une association d’États, établie par accord entre ses membres, et dotée d’un appareil permanent d’organes assurant leur coopération dans la poursuite des objectifs d’intérêts communs ».
L’OIG « a cinq caractéristiques qui sont une base interétatique, une base volontaire, une autonomie, des organes permanents ainsi qu’une fonction de coopération ».
Ces différents organes permettent le fonctionnement des deux catégories d’organisations que nous examinerons ci-après, à savoir :  les organisations internationales à vocation universelle réunies dans le cadre du système onusien (1) et celles à vocation continentale ou régionale (2).
1.       Les organisations internationales à vocation universelle : le « système onusien » :
La coopération universelle est réalisée au sein du système onusien qui englobe l’ONU avec ses organes principaux et subsidiaires, ainsi que les institutions spécialisées qui lui sont rattachées.
L’ONU a été instituée avec l’adoption de la Charte de San Francisco, le 26 juin 1945, après l’échec de la SDN dans sa mission de maintien de la paix et de la sécurité internationales.
a.       Structure de L’ONU :
L’ONU est constituée de six organes principaux, institués par la Charte elle-même, et d’un nombre indéterminé d’organes subsidiaires, créés par les organes principaux et soumis à leur contrôle (article 7).  Les institutions spécialisées gardent une certaine indépendance vis-à-vis de l’ONU, mais elles lui sont rattachées par accords.  D’autres organisations autonomes, comme l’OMC et l’AIEA sont liées à l’ONU, sans avoir la qualité d’institutions internationales.
Ø  Les organes principaux
Les organes principaux de l’ONU sont l’Assemblée Générale, le Conseil de Sécurité, le Conseil économique et social, le Conseil de tutelle, la Cour internationale de justice et le Secrétariat.
L’Assemblée Générale :
L’Assemblée Générale (AG) est le principal organe de délibération des Nations Unies. Elle réunit les représentants de tous les États membres (5 délégués par État), qui ne disposent que d’une voix lors des votes.
Afin d’éviter la paralysie de l’Organisation, la Charte a renoncé à la règle de l’unanimité et a recouru à la majorité selon deux cas de figure. Pour les questions importantes les Etats membres votent à la majorité qualifiée des deux tiers des membres présents et votants (article 18 de la Charte).
L’AG tient une session ordinaire chaque année. Elle peut être convoquée en session extraordinaire, ou en session extraordinaire d’urgence (convocation dans les vingt-quatre heures), lorsque les circonstances l’exigent. Les États membres de l’ONU sont aujourd’hui au nombre de 194.
L’AG peut discuter de toutes les questions qui lui sont soumises, et formuler des recommandations à l’exception des questions inscrites à l’ordre du jour du Conseil de sécurité (Article 12 de la Charte).
Le Conseil de sécurité :
Le Conseil de sécurité (CS) est un organe restreint et permanent, pouvant siéger à chaque fois que la paix et la sécurité internationales sont menacé. Il est constitué de 15 membres, dont cinq (la Chine, la France, la Russie, le Royaume-Uni et les États-Unis) occupent un siège permanent ; les dix autres membres non permanents sont élus pour un mandat de deux ans par l’AG.  (Ils sont renouvelés par moitié chaque année). Les décisions du CS sont adoptées par un vote affirmatif de 9 membres sur les 15, lorsqu’il s’agit de questions de procédure (article 27, alinéa 2).  Pour toutes les autres questions, les décisions sont prises par un vote affirmatif de 9 de ses membres, comprenant les voix de tous les membres permanents (article 27, alinéa 3).  C’est le fameux « droit de veto ».
Le Conseil économique et social (ECOSOC) :
Le Conseil économique et social est placé sous l’égide de l’Assemblée générale des Nations unies et a un rôle consultatif concernant les questions de coopération économique et sociale internationale. Il se compose de 54 membres, élus par l’Assemblée générale pour un mandat de 3 ans avec renouvellement par tiers chaque année.  Le choix des membres se fait sur la base de la répartition géographique.
Le Conseil de tutelle :
Constitué de 15 membres Le Conseil de tutelle, était chargé de la supervision internationale des onze territoires, placés sous tutelle internationale. En 1994, date d’indépendance de Palau, dernier territoire sous tutelle des Nations Unies, le Conseil a modifié son règlement intérieur de façon à pouvoir se réunir lorsque les circonstances l’exigent.
La Cour internationale de justice :
La Cour internationale de justice (CIJ), est l’organe judiciaire principal des Nations Unies. La Cour dont le siège est à La Haye, est composée de 15 juges indépendants, de nationalités différentes, élus pour neuf ans, rééligibles et renouvelables par tiers tous les trois ans.

Le Secrétariat général :
Le Secrétariat général est un organe administratif composé d’un Secrétaire général, et d’un personnel de fonctionnaires internationaux (article 97). Le Secrétaire général est désigné à la majorité des 2/3 par l’Assemblée générale sur recommandation du Conseil de sécurité.  Il est titulaire d’un mandat de 5 ans renouvelable.
En sa qualité de plus haut fonctionnaire de l’ONU, le Secrétaire général dirige le Secrétariat, dont il nomme le personnel.  Il met en œuvre les programmes et politiques arrêtés par les différents organes de l’ONU. En plus de ses fonctions administratives et techniques, le Secrétaire général exerce des fonctions politiques et diplomatiques.
Ø  Les organes subsidiaires :
Les organes subsidiaires sont créés par les organes principaux de l’ONU, auxquels ils sont soumis hiérarchiquement.  L’article 7§2 de la Charte prévoit cette possibilité qui incombe expressément à l’Assemblée générale (art.  22)  ou au Conseil de sécurité (art.  29), ainsi qu’à tout autre organe principal (art.  68)  comme le Secrétariat général et le Conseil économique et social.
La création des organes subsidiaires, répond au souci de mieux adapter la structure de l’organisation, aux exigences requises pour l’accomplissement de sa mission. A cet effet, de nombreux organes subsidiaires ont été institués dans des domaines variés.
Ø  Les institutions spécialisées :
En dépit de leur appartenance à « la famille » des Nations unies, les institutions spécialisées sont des organisations internationales intergouvernementales autonomes.
Les caractéristiques générales des institutions spécialisées sont précisées  à l’article 57§1 de  la  Charte  qui  stipule  que:  «  les  diverses  institutions  spécialisées  créées  par  accords intergouvernementaux,  et  pourvues  aux  termes  de  leurs  statuts  d’attributions internationales  étendues,  dans  les  domaines  économique,  social,  de  la  culture intellectuelle  et  de  l’éducation,  de  la  santé  publique  et  autres  domaines  connexes,  sont reliées à l’Organisation  conformément  aux dispositions de l’article  63 »
Ø  Les organisations autonomes :
D’autres organisations internationales comme l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) créée en 1956, l’Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT) institué en 1949, ou l’Organisation mondiale du commerce (OMC) qui lui a succédé en 1995, sont considérées comme des organisations autonomes. En dépit de leur appartenance au système onusien, ces organisations internationales ne sont pas des institutions spécialisées de l’ONU au sens de l’article 57 de la Charte.
b.      Les principes politico-juridiques de l’ONU :
Les relations internationales sont régies par des règles générales de caractère politique et juridique, qui constituent aujourd’hui « les principes de base de la Société internationale ». Ces principes forment des « strates » constituées de principes existants avant 1945, principes issus de la Charte des Nations unies et principes en devenir.



Ø  Les principes d’origine ancienne :
Considérés parmi les moins contestés, ces principes issus des relations interétatiques modelées par la paix de Westphalie (1684) sont :  le principe de l’égalité des États, le principe de non-intervention, le principe de bonne foi.
Ø  Les principes issus de la Charte des Nations unies :
Parmi ces principes proclamés dans le chapitre premier de la Charte de San Francisco, ont peut citer :  le principe de la coopération internationale, le principe de l’interdiction du recours à la force, et le principe du règlement pacifique des différends.
Ø  Les principes en devenir :
L’évolution contemporaine des relations internationales a contribué à l’apparition d’autres principes encore en gestation. Ils constituent en fait des prémisses de principes de droit international, dictés par l’actualité et par l’urgence pour répondre à des difficiles questions qui n’ont pas encore été résolus au plan international. Il s’agit de deux « principes » :  l’ingérence humanitaire et la responsabilité pénale internationale.






















2.       Les organisations à caractère continental ou régional :
Les organisations régionales peuvent être définies comme des organisations internationales qui ne sont ouvertes qu’à des États liés par une solidarité déterminée.  Cette solidarité peut être géographique (OEA, UA, UMA), linguistique et ethnique (ligue des États arabes) religieuse (Organisation de la Conférence Islamique), politique et militaire (OTAN, UEO), économique (UE, AELE, NAFTA).
    III.            Les organisations non gouvernementales :
Par leur nombre, leur compétence technique, leur poids politique ou leur capacité de mobilisation, les organisations non gouvernementales (ONG) sont progressivement devenues des acteurs incontournables de la vie internationale.
Les ONG expriment une solidarité transnationale qui se manifeste dans des domaines très variés (culturel, social, politique, technique, sanitaire, humanitaire, sportif, touristique, syndical, scientifique, etc.).
Le rôle des ONG dans la société internationale dépend aussi bien du statut qui leur est octroyé (1), que de leurs domaines d’activités (2).
1.       Statut juridique des ONG :
L’ONG, a été définie par Marcel Merle, comme : « tout groupement, association ou mouvement constitué de façon durable par les particuliers appartenant à différents pays en vue de la poursuite d’objectifs non lucratifs ».  Cette définition peut être complétée par les apports de la sociologie politique.  De ce point de vue, les principaux critères définissant une ONG sont :
- l'origine privée de sa constitution
- le but non lucratif de son action
- l’indépendance financière
- l’indépendance politique
- la notion d'intérêt public
Les ONG ainsi définies sont, en général, considérées comme des associations de droit interne.
Elles sont rattachées par leur siège à un État donné, dans lequel elles bénéficient du statut d’association à but non lucratif
2.       Domaines d’activité des ONG :
Afin d’améliorer les conditions matérielles, intellectuelles et spirituelles de l’homme, mais aussi son environnement, les ONG interviennent dans des domaines aussi variés que la culture, la science, l’écologie, le désarmement, les droits de l’homme et l’économie.
Il  existe  des  ONG  dans  les  domaines  de  la  protection  de  l’environnement (Greenpeace),  de  la  protection  et  promotion  des  droits  de  l’homme  (Amnesty international,  la  commission  internationale  des  juristes,  la  fédération  internationale des  droits  de  l’homme),  humanitaire  (le  Comité  International  de  la  Croix-Rouge, Médecins  sans  frontières,  médecins  du  monde),  syndical  (la  confédération  mondiale du  travail,  la  fédération  syndicale  mondiale),  politique  (l’International  socialiste, l’Union  libérale  mondiale),  ou  sportif  (le  Comité  International  Olympique  et  les fédérations internationales sportives reconnues par le CIO).
   IV.            Les firmes multinationales :
Les relations internationales ne se limitent pas aux aspects politiques ou diplomatiques : elles ont également une dimension économique qui se manifeste par l'existence des firmes ou sociétés multinationales, un phénomène caractéristique de l'expansion du capitalisme international.
Leur rôle dans les relations internationales, y compris politiques, n'est pas douteux. Il tend à croître parallèlement à l'importance des problèmes économiques. Leur poids est sur ce plan considérable et leur influence se déploie dans un nombre de plus en plus élevé d'Etats comme dans des domaines de plus en plus variés. Leur dynamisme a su s'adapter à diverses variations du contexte international et a bénéficié récemment de la fin du régime communiste entraînant dans sa chute l'économie planifiée.
Les firmes multinationales sont des grosses entreprises, ou groupes d'entreprises dans plusieurs pays, susceptibles par leur puissance financière de peser sur les relations économiques internationales.
     V.            Les individus :
Traditionnellement, l’individu, était ignoré par le droit international classique. Dans une société essentiellement inter -étatique l’individu ne pouvait agir par lui-même hors de la tutelle étatique.  La protection diplomatique était le seul moyen, certes aléatoire et conditionnel, pour un individu atteint dans ses droits par un État étranger, d’obtenir réparation par l’intermédiaire de son État de nationalité. 
             Cette incapacité juridique internationale de l’individu a été partiellement remise en cause dans quelques cas aux circonstances exceptionnelles :
             Les textes qui répriment l'esclavage. Son interdiction remonte à l'acte du Congrès de Vienne en 1815, et qui fut repris par la suite dans d'autres textes.
             Les conventions du droit humanitaire en période de conflits armés concernant la protection des combattants blessés, des prisonniers et des populations civiles.
La première convention adoptée en la matière fut celle de Genève du 22 aout 1864 relative à l’amélioration du sort des militaires blessés dans les armées de campagne. Remaniée en 1907 puis en 1929, elle devenue la convention I de Genève du 12 aout 1949.
La brèche ouverte par le droit humanitaire dans le mur de la souveraineté de l’État a permis, après la seconde guerre mondiale, d’étendre la protection du droit international aux individus en temps de paix. Mais, également de les tenir pour responsables d’actes fautifs de caractère international.





Chapitre 4 : Le règlement pacifique des différends
Le droit international a prévu une pluralité de solutions juridiques pour résoudre un contentieux entre Etats. Les conflits peuvent être purement interétatiques : c’est le cas par exemple de revendications territoriales terrestres ou maritimes, de difficultés dans l’interprétation d’une règle du droit international public : Le règlement pacifique des conflits internationaux ou de la violation du droit international au détriment d’un autre Etat. Deux types de modalités sont offerts : les solutions politiques et les solutions juridictionnelles.
        I.            Les solutions politiques :
Les solutions politiques sont les négociations diplomatiques à des niveaux différents : l’ambassadeur local ou les chefs d’Etat ou de gouvernement. Puis vient l’intervention d’un tiers qui offre ses bons offices ou sa médiation, la différence tenant au degré de l’intervention. Une modalité plus élaborée est la conciliation, qui implique la création d’une commission qui fonctionne parfois selon une procédure sophistiquée.
Enfin, à différents stades de ces procédures et souvent assez tôt, une enquête internationale peut être menée. Elle permet de faire la lumière sur les circonstances du litige, évitant ainsi des réactions injustifiées. Ces méthodes sont caractérisées par leur souplesse, mais la solution, en général, n’est pas obligatoire.
      II.            Les solutions juridictionnelles :
Les solutions juridictionnelles font appel à un tribunal. Il existe deux modalités : l’arbitrage et la Cour internationale de justice (CIJ). On notera qu’il existe d’autres types de juridictions, notamment celles qui concernent les droits de l’homme, mais aussi celles créées par certaines organisations internationales, comme la Cour de justice des Communautés européennes de Luxembourg.
L’arbitrage et le recours à la CIJ sont caractérisés par le volontarisme des Etats car ils requièrent un consentement.
L’arbitrage implique la création, au cas par cas, d’un tribunal arbitral. C’est par exemple ce qui s’est passé dans l’affaire du Rainbow-Warrior entre la Nouvelle-Zélande et la France. La formule présente l’avantage d’être souple.
La CIJ, l’un des six organes principaux des Nations unies, est un tribunal préconstitué de 15 juges désignés par l’Assemblée générale et le Conseil de sécurité. La Cour rend des arrêts obligatoires que le Conseil de sécurité peut être appelé à mettre en œuvre. La Cour peut aussi rendre des avis sollicités par certains organes de l’ONU ou par des institutions spécialisées, telle que l’Organisation mondiale de la santé. Ces avis ne sont pas obligatoires, mêmes s’ils indiquent le droit applicable. C’est le cas, par exemple, de l’important avis sur le mur israélien.
Ces évolutions, cette extension et cette expansion du droit international donnent tout son sens à la formule de René Cassin : « L’avenir n’est pas au droit interne. »



Extrait de la Charte des Nation unies
CHAPITRE I
BUTS ET PRINCIPES
Article 1
Les buts des Nations Unies sont les suivants :
1.  Maintenir la paix et la sécurité internationales et à cette fin : prendre des mesures collectives efficaces en vue de prévenir et d'écarter les menaces à la paix et de réprimer tout acte d'agression ou autre rupture de la paix, et réaliser, par des moyens pacifiques, conformément aux principes de la justice et du droit international, l'ajustement ou le règlement de différends ou de situations, de caractère international, susceptibles de mener à une rupture de la paix ;
2.  Développer entre les nations des relations amicales fondées sur le respect du principe de l'égalité de droits des peuples et de leur droit à disposer d'eux-mêmes, et prendre toutes autres mesures propres à consolider la paix du monde ;
3.  Réaliser la coopération internationale en résolvant les problèmes internationaux d'ordre économique, social, intellectuel ou humanitaire, en développant et en encourageant le respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales pour tous, sans distinction de race, de sexe, de langue ou de religion ;
4.  Être un centre où s'harmonisent les efforts des nations vers ces fins communes.
CHAPITRE VI
RÈGLEMENT PACIFIQUE DES DIFFÉRENDS
Article 33
1.  Les parties à tout différend dont la prolongation est susceptible de menacer le maintien de la paix et de la sécurité internationales doivent en rechercher la solution, avant tout, par voie de négociation, d'enquête, de médiation, de conciliation, d'arbitrage, de règlement judiciaire, de recours aux organismes ou accords régionaux, ou par d'autres moyens pacifiques de leur choix.
2.  Le Conseil de sécurité, s'il le juge nécessaire, invite les parties à régler leur différend par de tels moyens.
Article 34
Le Conseil de sécurité peut enquêter sur tout différend ou toute situation qui pourrait entraîner un désaccord entre nations ou engendrer un différend, afin de déterminer si la prolongation de ce différend ou de cette situation semble devoir menacer le maintien de la paix et de la sécurité internationales.
CHAPITRE VII
ACTION EN CAS DE MENACE CONTRE LA PAIX, DE RUPTURE DE LA PAIX ET D'ACTE D'AGRESSION
Article 39
Le Conseil de sécurité constate l'existence d'une menace contre la paix, d'une rupture de la paix ou d'un acte d'agression et fait des recommandations ou décide quelles mesures seront prises conformément aux Articles 41 et 42 pour maintenir ou rétablir la paix et la sécurité internationales.
Article 40
Afin d'empêcher la situation de s'aggraver, le Conseil de sécurité, avant de faire les recommandations ou de décider des mesures à prendre conformément à l'article 39, peut inviter les parties intéressées à se conformer aux mesures provisoires qu'il juge nécessaires ou souhaitables.
Ces mesures provisoires ne préjugent en rien les droits, les prétentions ou la position des parties intéressées. En cas de non-exécution de ces mesures provisoires, le Conseil de sécurité tient dûment compte de cette défaillance.
Article 41
Le Conseil de sécurité peut décider quelles mesures n'impliquant pas l'emploi de la force armée doivent être prises pour donner effet à ses décisions, et peut inviter les Membres des Nations
Unies à appliquer ces mesures. Celles-ci peuvent comprendre l'interruption complète ou partielle des relations économiques et des communications ferroviaires, maritimes, aériennes, postales, télégraphiques, radioélectriques et des autres moyens de communication, ainsi que la rupture des relations diplomatiques.
Article 42
Si le Conseil de sécurité estime que les mesures prévues à l'article 41 seraient inadéquates ou qu'elles se sont révélées telles, il peut entreprendre, au moyen de forces aériennes, navales ou terrestres, toute action qu'il juge nécessaire au maintien ou au rétablissement de la paix et de la sécurité internationales. Cette action peut comprendre des démonstrations, des mesures de blocus et d'autres opérations exécutées par des forces aériennes, navales ou terrestres de Membres des Nations Unies.

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