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11/22/2019

La mutation des principes budgétaires


La mutation des principes budgétaires 

Introduction :
La présentation du budget de l’État doit respecter un certains nombres de  principes du droit budgétaire classique. Ces principes budgétaires renvoient aux règles techniques traditionnelles considérées comme nécessaires à une bonne gestion des finances publiques. Ils visent principalement à faciliter le contrôle du Parlement sur les dépenses et les recettes des institutions publiques. Ils ont donc une signification à la fois technique et politique.
Apparus au milieu du XIXe siècle, ces principes s'inscrivent dans l'histoire de la démocratie parlementaire et ont donc connu quelques infléchissements liés à la modernisation du droit budgétaire à l'époque contemporaine. Appliqués strictement, ils rendraient l'action budgétaire trop rigide et peu adaptée aux exigences d'une gestion efficace des deniers publics. Ils connaissent donc une série de dérogations qui conduisent à les fragiliser, dû à la multiplicité des transformations et l’instabilité permanente de l’environnement de la société et de l’Etat nécessitant un réexamen en profondeur de la portée de ces principes, puisque les finances de l’Etat se situent au cœur de tous les changements.
Par ailleurs, face à cette nécessité impérieuse, de nouveaux principes budgétaires ont vu le jour. Ils n’ont nullement pour ambition de replacer les principes budgétaires classiques mais de les renforcer et ainsi que de permettre aux Finances de l’Etat de faire face aux exigences d’une budgétisation axée sur la performance et la transparence. Ces principes sont en fait nés des lacunes des principes classiques ou orthodoxes. Ils trouvent leurs essences dans le management et deviennent les matériaux méthodologiques permettant de respecter les paramètres contextuels clés favorisant l’amélioration de la décision budgétaire. De plus Ils mettent l’accent sur la nécessité de changer la réalité des composantes budgétaires et non uniquement les règles de droit, et de passer de l’optique juridique à un optique managériale ou la gestion des finances de l’Etat devra être axée d’avantage sur le résultat.
Cela dit pour mener à bien ce travail, il convient de se poser un certain nombre de questions. Ainsi on pourra d’abord chercher à comprendre le pourquoi de ces nouveaux principes. En d’autres termes, les maux ou les lacunes dont souffraient les principes budgétaires classiques et qui ont donc pavés le chemin à ces nouveaux principes. En suite l’on se penchera sur l’ancrage de ces nouveaux principes dans la gestion budgétaire.
Pour ce faire, nous tacherons de rester la logique du plan suivant :


PLAN
                                                         I.            Les dysfonctionnements des principes budgétaires classiques :

A.    Les atteintes au principe de l'annualité budgétaire :

B.    Déclin du principe de l'équilibre budgétaire :


                                                                                                   II.            Les nouveaux principes budgétaires :

A.    Les principes consacrant la performance :

B.    Les principes exhortant à la transparence :


Conclusion














I-         Les dysfonctionnements des principes budgétaires classiques
Les quatre grands principes du droit budgétaire forgés au XIXe siècle ne répondaient pas tous au même objectif. Les principes de l'universalité, de l'unité et de l'annualité étaient destinés à garantir au Parlement qu'il voterait chaque année un document clair et complet. Leur existence est réaffirmée à notre époque, puisque l'autorisation parlementaire en matière budgétaire subsiste elle-même. Mais ces trois principes ont, à des degrés divers, perdu leur caractère absolu et ils ont tous subi des atteintes sous la pression des nouvelles missions économiques du budget. Néanmoins, le principe de l'universalité, qui signifie que toutes les charges et toutes les ressources de l'État doivent figurer dans le budget, et le principe de l'unité, qui exige que ces ressources et ces charges soient inscrites dans un seul document budgétaire, sont les moins contestés par la doctrine moderne, et ce sont ceux qui se concilient le plus facilement avec ces nouvelles missions économiques et qui résistent le mieux, après une période de désordres dus à la Seconde Guerre mondiale. En revanche, le principe de l'annualité budgétaire, selon lequel le budget est voté chaque année pour un an, est de plus en plus discuté.
Le dernier de ces principes, celui de l'équilibre budgétaire, avait initialement un objectif différent des autres. Il était censé préserver la neutralité des finances publiques. Il a pratiquement succombé à notre époque sous la pression du dirigisme économique et avec la mise en œuvre d'une politique budgétaire interventionniste.
A.    Les atteintes au principe de l'annualité budgétaire
La règle selon laquelle le budget est voté chaque année pour un an reste inscrite aussi bien dans le droit positif français que dans celui des pays étrangers. Elle est couramment pratiquée en Grande-Bretagne, prévue dans la loi fondamentale allemande et la Constitution italienne. L'année budgétaire ne coïncide pas obligatoirement avec l'année civile. L'existence du principe de l'annualité budgétaire a tenu d'abord à une raison politique. L'autorisation budgétaire n'étant donné que pour un an, le législatif avait l'assurance qu'il serait convoqué au moins une fois chaque année en session budgétaire. Au fur et à mesure que les régimes politiques se sont démocratisés, ce principe a progressivement perdu son rôle politique pour acquérir une raison d'être technique. À l'époque actuelle, il est surtout destiné à assurer la sincérité du contenu du budget et à permettre au législateur de prendre une décision sur un document qui aura quelques chances de s'appliquer effectivement. Il est déjà difficile de prévoir avec une exactitude relative l'évolution des recettes et des dépenses pendant l'année suivante lorsqu'on prépare le projet de budget, à plus forte raison ces prévisions risqueraient de se révéler totalement inexactes si l'on dépassait le cadre annuel.
Pourtant, le principe de l'annualité ne va pas sans soulever des problèmes de plus en plus aigus au fur et à mesure que l'État intervient dans l'économie. Il se heurte à deux difficultés majeures : comment réaliser en un an des investissements publics de plus en plus complexes, et comment concilier un budget annuel avec un plan pluriannuel, du moins dans les pays qui pratiquent la planification.
Ø  « Autorisation de programme » et « crédits de paiement »
La complexité croissante des investissements publics, qui se manifeste aussi bien pour des opérations en capital que pour l'achat de certains matériels civils ou militaires, a progressivement obligé les textes budgétaires modernes à dépasser le cadre annuel. Ainsi, l'article 110 de la loi fondamentale de la république fédérale d'Allemagne prévoit que « dans certains cas particuliers, elles (les dépenses) peuvent être autorisées pour une période plus longue ». De même aux Etats-Unis, plusieurs procédures ont été mises au point pour résoudre ce problème. Tout d'abord, l'annualité des crédits de paiement n'est pas toujours obligatoire. Le Congrès, à la demande du gouvernement, peut décider qu'un crédit aura une validité supérieure à un an, ce qui explique les reports très considérables effectués d'une année sur l'autre. De plus, certaines autorisations de dépenses ont une durée illimitée, mais ne donnent pas lieu à une ouverture immédiate de la totalité des crédits de paiement qui seront nécessaires pour les financer. Cette dernière formule n'est d'ailleurs guère employée par le Congrès. En France, on retrouve ces deux possibilités, mais l'importance de leur utilisation est inversée par rapport aux États-Unis. On s'est efforcé de conserver le principe de l'annualité pour les crédits de paiement tout en autorisant certains reports d'une année sur l'autre. Mais ces reports demeurent des exceptions et sont plus ou moins considérés comme le signe d'une mauvaise gestion de la part de l'administration qui les pratique. La technique des « autorisations de programme », qui élargit le cadre annuel, est couramment utilisée contrairement à ce qui se passe aux États-Unis. Elle permet au gouvernement de proposer et au Parlement d'autoriser  l'engagement de l'ensemble des dépenses nécessaires à la mise en œuvre d'un programme dont la réalisation durera plusieurs années, étant entendu que les crédits de paiement ne sont pas tous ouverts en bloc et dès le début des travaux dont l'engagement a été autorisé. Chaque budget ne comporte que les crédits de paiement nécessaires au règlement de la fraction de programme réalisée pendant l'année budgétaire. La solution française aboutit donc à un compromis qui dissocie les diverses phases de l'opération de dépenses publiques. L'autorisation de programme, d'une durée illimitée, permet l'engagement complet de toutes les dépenses nécessaires pour mener à bien une opération en capital, mais les crédits de paiement demeurent soumis au principe de l'annualité.
Le système français, a priori séduisant, a donné d'assez mauvais résultats en pratique. Nombre d'autorisations de programme n'étaient pas utilisées mais restaient valables. Ainsi, un stock d'autorisations « dormantes » se constituait-il. La L.O.L.F. en a tiré les conséquences. Les autorisations d'engagement – nouvelle appellation des autorisations de programme – n'ont plus en effet de valeur illimitée dans le temps, mais peuvent faire l'objet de reports sans conditions. Ainsi passe-t-on d'une logique de stock à une logique de flux.
Ø  Budget et planification pluriannuelle
La seconde grande difficulté à laquelle se heurte le principe de l'annualité réside dans l'existence de plans pluriannuels. Les finances publiques furent le levier essentiel de la réalisation du plan, qu'il ait été obligatoire, comme dans les pays communistes, ou qu'il se soit agi d'une planification souple, comme en France. À première vue, une liaison idéale entre le plan et le budget aurait exigé qu'ils aient la même durée. Le plan aurait fixé les objectifs et évalué les moyens nécessaires pour les atteindre. Le budget aurait accordé, pour la même période, l'ensemble des autorisations. Malheureusement, un tel schéma n'était ni idéal ni réaliste. À supposer que les objectifs du plan ne subissent aucune variation pendant sa période d'application, les prévisions budgétaires faites quatre ou cinq ans à l'avance perdent toute rigueur, pour différents motifs et notamment en raison des fluctuations monétaires. Deux solutions sont alors possibles : ou l'autorisation budgétaire conserve son caractère limitatif et le plan ne peut être entièrement réalisé ; ou elle prend un caractère évaluatif, ce qui permet de mener à bien le plan, mais elle perd toute portée puisque le chiffre voté par le législateur est susceptible d'être modifié. Il y a encore plus grave. Le plan n'est pas un texte rigide. Il est susceptible d'adaptations ou de modifications, ce qui rend sa liaison avec le budget encore plus difficile. On retrouve toujours le même problème si l'on veut réaliser complètement le plan : ou le gouvernement peut adapter le budget aux objectifs révisés du plan et il n'y a plus de budget proprement dit, ou on demande au législateur de le modifier et mieux vaut encore garder un budget annuel. C'est ce que faisaient les pays communistes chez lesquels le plan avait pourtant un contenu obligatoire. C'était aussi la formule française dans laquelle il n'a pas de valeur budgétaire. Les prévisions qu'il établissait ne permettaient d'engager de dépenses que dans la mesure où elles étaient reprises dans des « autorisations de programme » inscrites dans un budget et ne donnaient lieu à paiement que dans la mesure où un budget annuel ouvrait des « crédits de paiement sur opérations en capital ».
La disparition de la planification française a reposé en des termes tout différents le problème de la dimension pluriannuelle de la prévision budgétaire. L'article 50 de la L.O.L.F. prévoit qu'une programmation pluriannuelle des finances publiques doit être annexée au projet de loi de finances. Elle figure dans le tome I du rapport social, économique et financier qui, outre l'année précédente, couvre l'année en cours et les trois suivantes. De plus, chaque année, le gouvernement doit transmettre à la Commission européenne avant le 1er décembre un programme de stabilité qui intègre une dimension pluriannuelle puisqu'il porte sur 4 ans.
B. Déclin du principe de l'équilibre budgétaire
Le principe de l'équilibre systématique, d'un équilibre recherché pour lui-même, indépendamment du contexte économique, a presque disparu à l'époque actuelle. S'il survit, c'est qu'il demeure encore psychologiquement payant : les citoyens transposent aux finances de l'État leurs principes d'économie privée selon lesquels on ne peut rester très longtemps en déficit sans encourir de catastrophes financières. Plusieurs expériences budgétaires françaises fondées sur les « mérites » de l'équilibre peuvent être mentionnées. Ainsi l'expérience Laval de 1935 s'analysait comme un effort désespéré pour équilibrer le budget dans une économie déflationniste, ce qui ne pouvait qu'empirer la situation. Trente années plus tard, le budget de 1965 ayant été voté et exécuté en équilibre, il fut question d'inscrire dans une loi organique l'obligation de présenter un budget en équilibre. On a sagement renoncé à ce principe quelque peu rétrograde et surtout peu susceptible de résister aux fluctuations économiques qui exigent une action corrective de la part des finances publiques. On doit cependant signaler que cette recherche systématique de l'équilibre est inscrite dans la Constitution allemande (art. 110). C'est une exigence qui pourrait parfois obliger à certaines hypocrisies : on présenterait et on voterait un budget en équilibre, quitte à l'exécuter de manière déficitaire.
Dans la plupart des pays européens, les budgets au lendemain de la guerre ont été déséquilibrés, non seulement pour faire face aux nécessités de la reconstruction, mais aussi pour provoquer une relance économique. La reconstruction étant achevée, les déficits enregistrés depuis lors ont eu un objectif principalement économique.
Cela ne veut cependant pas dire que les budgets doivent être systématiquement en déséquilibre, comme le laisseraient supposer certaines théories, entre autres celle de l'« impasse systématique ». Il subsiste des budgets présentés et exécutés en équilibre. Mais l'équilibre actuel n'a plus rien à voir avec celui du XIXe siècle : ce n'est plus un équilibre « en soi et pour soi », mais un équilibre destiné à agir pendant une courte période, sur une situation économique donnée. Inversement, lorsque le besoin d'une relance économique s'est fait sentir, l'exécution des budgets a fait de nouveau apparaître un déficit.
L'exemple des fluctuations de la fiscalité directe aux États-Unis est aussi caractéristique. Cette politique, connue sous le nom de « flexibilité fiscale », consiste à faire varier le niveau du prélèvement fiscal opéré par l'impôt direct pour corriger les mouvements de la conjoncture économique. Ainsi, bien que le budget des États-Unis soit en déficit chronique, les présidents ont fait voter par le Congrès un « crédit d'impôt » sur les investissements, ou un allégement substantiel des impôts sur le revenu. Ces mesures étaient destinées à relancer l'économie, quitte à déséquilibrer un peu plus le budget à court terme. Ces exemples prouvent que l'équilibre budgétaire n'est plus qu'un instrument de la politique économique : atteint avec plus ou moins de difficultés lorsqu'il peut servir cette politique, il est abandonné aussitôt qu'il s'avère perturbateur.
Dans les années 1990, en raison de l'accroissement sensible des déficits publics, le principe de l'équilibre a connu un certain regain. D'une part, dans une décision du 24 décembre 1979, le Conseil constitutionnel avait fait de l'équilibre « un principe fondamental ». Il s'y est référé à plusieurs reprises dans d'autres cas, sans pour autant que ce principe n'infléchisse beaucoup la pratique gouvernemental. Le déficit budgétaire français était de 295,4 milliards de francs en 1996, de 191,2 milliards de francs en 2000 et encore de 42 milliards d'euros en 2007 (soit 275 milliards de francs). D'autre part, l'article 104 al.1 du traité instituant la Communauté européenne stipule que « les États membres évitent les déficits publics excessifs ». En vertu de cette règle, des critères plus précis ont été fixés. Ainsi, les déficits publics ne doivent pas dépasser 3 p. 100 du P.I.B. et la dette, 60 p. 100 du P.I.B. Ces prescriptions ont été renforcées lors du Conseil européen d'Amsterdam en juin 1997, qui prévoyait même à terme le retour à l'équilibre, voire à l'excédent. Deux règlements du Conseil des ministres du 7 juillet 1997 pris en application de ces objectifs précisent le contenu de ce pacte de stabilité et de croissance (P.S.C.), qui constitue le deuxième volet de l'Union économique et monétaire. Suite à des difficultés et des discussions sur l'application de ce pacte, les deux règlements ont été modifiés en juin 2005. De son côté, la loi de finances française distingue depuis 2001 entre « l'équilibre budgétaire et comptable » que déterminent les lois de finances et « l'équilibre économique » dont les lois de finances « tiennent compte ».
II. Les nouveaux principes budgétaires :
Modelé en grande partie sur les méthodes de management moderne des organisations, le management budgétaire en retient les principes les plus importants : d’une part, les principes soutenant la performance, d’autre part les principes exhortant la transparence.
A.    Les principes consacrant la performance :
La performance est concept à la fois courant et controversé dans le jargon de management aussi bien dans le secteur privé que dans le secteur public ; aucun consensus ne se fait autour de la définition du concept. De même, le problème de définition du concept pourrait être source de difficulté de son évaluation.
Mais en tout cas, la performance peut être défini dans le contexte de notre étude en tant qu’une logique qui consiste à faire porter l’attention moins sur l’administration de moyens, mais plus sur la gestion et la production des résultats attendu de l’affectation des ressources publiques. Ce faisant, la gestion budgétaire doit respecter certains principes qui conditionnent l’atteinte de cette performance. Il s’agit de principe de prévisibilité, de flexibilité et d’imputabilité.
1-     Le principe de prévisibilité :
Ce principe sous-tend, d’un côté avoir le sens de discipline budgétaire, dans la mesure où l’atteinte de la performance est tributaire de la réalisation de certaines conditions, d’un autre coté il requiert l’esprit d’anticipation en vie de mieux intégré la gestion de la performance à la gestion budgétaire.
Ø  La discipline budgétaire  
La performance exige de répondre au moins à trois conditions principales logiquement interdépendantes. En premier lieu, veillé sur la stabilité et la discipline macro-économique, dans la mesure où l’Etat fonctionne mieux quand les politiques et stratégies macro-économiques sont stables et quand le financement de programme en cours est garanti. Il faut donc que les politiques budgétaire se forces à assurer le financement régulier de programme et de projet, en réalisant un bon équilibre entre le court et le long terme. Le rétablissement de l’équilibre budgétaire doit s’inscrire ainsi dans perspective a moins terme de l’équilibre financier et économique. En second lieu, garantir une répartition judicieuse des ressources en fonctions des priorités stratégiques. Cela veut dire que l’enveloppe totale des dépenses doit être basée sur les ressources financières à moyen terme dont dispose l’Etat. Quant aux dépenses de l’exercice elles doivent être réparties en fonction priorités stratégiques du pays. En troisième lieu, assurer un emploi efficace des ressources des services de priorités, c’est-à-dire les résultats attendu  doivent être atteint u moindre cout avec le maximum de qualité.
Ø  L’intégration de la gestion de la performance à la gestion budgétaire
L’intégration de la gestion de la performance à la gestion budgétaire n’est pas un exercice ; il s’agit d’une vraie orientation stratégique visant à marier deux logiques de gestion difficilement intégrable. A cet effet, il convient de prendre conscience des difficultés et des exigences inhérentes à la problématique d’une telle intégration tant par son ampleur que par ses implications politiques, organisationnelles, techniques, et culturelles. 
Au niveau politique, la gestion de la performance et la gestion budgétaire peuvent être en conflit par fois, la dernière préoccupation des acteurs politiques est de procéder à une évaluation comparative et minutieuse des programmes en concurrence ou spécifiés précisément les priorités et les normes opérationnelles. Pourtant, la performance requiert que le secteur discute et s’attende objectivement sur des objectifs, des cibles et des normes qui soient réalistes, mesurable et échelonné, et les besoins du citoyen soient identifiés avec précision. D’où la nécessité de concevoir des procédures et des flux d’information incitant les décideurs à renoncer progressivement à leurs considérations politique pour agir d’avantage en connaissance de cause des exigences de la performance.
Au niveau administratif, les procédures font intervenir des acteurs « puissants » et des intérêts ministériels considérables, en particulier lorsqu’elle porte sur des questions crucial d’affections. Il donc de savoir géré le changement et de faire en sorte que les systèmes, même s’ils se développent indépendamment soient suffisamment pour éviter de se faire mutuellement obstacle.  
Au niveau technique, il faut reconnaitre que la recherche d’un système équilibré d’évaluation ex post de la performance peut se heurter à des problèmes délicats. Les problèmes surgissent lorsque l’on tente de lier directement les affectations budgétaires à la mesure de la performance. Cela peut paraitre simple, mais il s’agit en réalité d’un exercice très complexe pour pouvoir construire les mesures de résultats requises : les résultats d’une période reflète peu les efforts déployés dans cette période, il dépend également d’autres déterminants qui échappent aux gestionnaires et ainsi de suite…
Au niveau culturel, il existe également ce que l’on pourrait appeler « une divergence culturelle » entre la gestion budgétaire et la gestion de la performance. Considérant les pressions constantes qui s’exercent sur les finances de l’Etat, la gestion budgétaire s’assimilé à un processus de discipline te de contrôle. Les autorités budgétaires s’efforcent de modérer les demandes des gestionnaires et les rappeler avant de donner la priorité aux considérations macro-économiques. A l’inverse, de nombreuse initiative d’amélioration des performances insistent par exemple, sur les valeurs sociales profondes que véhiculent les objectifs spécifiques de chaque programme, sur l’impérative d’être à l’écoute du citoyen, etc.  Il  y a donc une différence de ton entre la budgétisation à haut niveau et les initiatives d’amélioration de performance. Pour gérer cette divergence, il faut constamment exiger juste équilibre qui doit s’établir entre les règles et leurs respect du cadre macro-économique, d’une part et les performances souhaitées, d’autre part.
2-     Le principe de flexibilité :
Le principe de flexibilité entend donner une marge de manœuvre suffisant aux gestionnaires afin de leur permettre la régulation de moyens mis à leur disposition en fonction de la réalité quotidienne. Ce principe vise trois idées essentielles :
D’abord, sur le plan opérationnel, il semble clairement qu’une grande liberté des gestionnaires combinée à un sens de prévisibilité et de discipline est une incitation puissante à l’efficacité des actions menées, donc à la performance. Les décisions doivent descendre au niveau ou toute information nécessaire est effectivement disponible ; c’est-à-dire les décisions opérationnelles doivent être prises par les gestionnaires.
Ensuite, sur le plan stratégique, donner plus de responsabilité aux ministres gestionnaires dans les allocations de ressources au sein de leurs départements dépensiers les incite à réexaminer leurs priorités de dépenses et ce, dans le cadre de plafonds budgétaires rigoureux et impératifs.  
Enfin, il implique également une définition rigoureuse des stratégies. Trop souvent, c’est l’exécution qui est rigoureuse, alors que les stratégies restent vagues. Par exemple, dans le système budgétaire marocain, le manque de flexibilité et l’excès de discipline budgétaire pour maitriser l’équilibre macro-économique se traduisent souvent par des résultats non satisfaisants notamment au niveau de l’allocation et l’utilisation des ressources publiques, ainsi qu’au niveau de l’efficacité des actions. Cela est expliqué, entre autre, par l’excessive centralisation du processus qui avait suscité l’apparition de nombreux mécanisme visant à court-circuiter les procédures budgétaires normales (fonds spéciaux, etc.). De la même manière, la centralisation et la multiplicité des contrôles financiers, ainsi que la persistance des procédures extrêmement houleuse sont des éléments ayant favorisé l’émergence d’une multitude d’organisation autonome, qui échappait à la plupart de ces contrôles.
En revanche, la flexibilité n’est pas synonyme de laxisme ; trop de flexibilité, sans contrôle et sans contrepoids, comporte de grands risques (corruption, détournement, concussions…). De tels phénomènes affectent la crédibilité de l’Etat, freinent les investissements et ralentissent la croissance à long terme. A l’inverse, le manque de flexibilité et l’excès de contrôles créent des rigidités, qui entravent l’innovation et rompent avec tout esprit de changement.
En sommes, il est fondamentale de déterminer, à l’origine même de la réflexion sur la procédure d’élaboration et de suivi du budget, la large de flexibilité la plus appropriée à chaque niveau de décision, puis mettre en place les mécanismes qui doivent contrebalancer.  
3-     Le principe d’imputabilité :
Le principe d’imputabilité fonde l’exercice de la démocratie; les parlementaires sont redevables aux citoyens et les ministres aux parlementaires. L’imputabilité budgétaire exige donc, que ceux qui détiennent et exercent l’autorité publique en l’occurrence les gestionnaires publiques soient tenus de rendre des comptes aux ministres et maintenant aux parlementaires.


L’imputabilité est un processus par lequel un gestionnaire responsable a l’obligation d’expliquer et de justifier ses décisions et actions à une autorité institutionnelle (ou un supérieur hiérarchique), tout en démontrant une utilisation efficace et efficiente des ressources qui lui ont été confiés. C’est principalement sur la base du rapport annuel de gestion (lequel prend appui sur le plan stratégique et le plan annuel de gestion des dépenses) que seront questionnés les hauts fonctionnaires (sous ministres et dirigeants d’organismes publics) dans le cadre des audiences menées par les commissions parlementaires.
B.    Les principes exhortant à la transparence :
La transparence en matière budgétaire et financière suppose des informations budgétaires à caractère financier et non financier disponibles publiquement en temps utile. La terminologie budgétaire est bien expliquée. En effet, dans de nombreux cas, la perception d’un niveau élevé de corruption et l'opacité des opérations budgétaires sont au cœur de la méfiance des citoyens envers leurs gouvernements. Publier les livres de comptes pourra conduire à une plus grande confiance dans les gouvernements.
Elle se matérialisé à travers deux principes sous-jacents : Principe de légitimité des opérations financières de L’Etat et principe de sincérité des comptes publics.
Ø  Le principe de légitimité des opérations financières
Ce principe à deux corollaires : d’une part le périmètre de l’action financière de l’administration de l’Etat doit être bien défini par rapport au reste de l’économie, d’autre part la gestion des finances de l’Etat soit s’inscrire dans un cadre juridique et administratif clair.
S’agissant du périmètre de l’action de l’Etat, il a trait d’abord au rapport de ce dernier avec les autres secteurs publics. Alors donc pour éviter tout chevauchement entre leurs actions respectives, le législateur délimite le champ d’intervention de chaque entité du secteur public, en lui spécifiant clairement ses compétences matérielles et spatiale. Cela veut dire que l’action de l’une ne doit pas se mêler de l’action de l’autre, sauf dans le cas d’une économie mixte, d’une action partenariale ou d’un financement croisé dûment établi. De ce fait, toute inspiration budgétaire ne doit être que la traduction chiffrée d’une action légale.
Il s’agit là d’un premier ingrédient de finances publiques saines en application du principe de légitimité. Celle-ci doit se concrétiser, sur le plan financier, par certains éléments fondamentaux :
·        Les finances de l’administration de l’Etat doivent être distinctes de celles des autres entités publiques ;
·        La répartition des attributions au sein du secteur public en matière de décision et de gestion budgétaire doit être claire et rendre publique ;
·        Les mécanismes de coordinations et de gestion des activités financières doivent être établis de manière claire ;
·        Les relations entre l’administration de l’Etat et les autres entités du secteur public doivent être régies par des règles claires (par exemple l’institut d’émission, les institutions financières publiques et les entreprises publiques non financières).
Ensuite l’Etat par rapport au reste de l’économie, aujourd’hui, la question de l’opportunité du périmètre de l’intervention de l’Etat gagne en intensité durant ces dernières années, avec le débat sur la taille de L’Etat : les tenants du mois d’Etat affrontent ceux du mieux d’Etat ou de l’Etat social.
Cela suppose que toute activité ou tout service fourni par l’Etat doit être questionné à la fois dans ces raisons d’être et ses modalités de mise en œuvre. Cette démarche de questionnement émane de la constations que les missions de services publics évoluant dans le temps, ne sont pas nécessairement les mêmes aujourd’hui et peuvent évoluer d’avantage dans la société technologique de demain.
Par ailleurs, l’inscription des finances de l’Etat dans cadre juridique et administratif clair  traduit encore une fois la transparence implique que les composantes de la loi de finance ne doivent pas prêter à confusion ou conduire à des illusions, aussi bien au niveau des recettes, que des dépenses. De ce fait, les recettes, les impôts, droits, redevances et autres prélèvement obligatoire doivent avoir une base légale explicite. Autrement dit, la législation et la règlementation fiscale doivent être accessible et la compréhensibles, et des critères clairement définis doivent s’appliquer à la marge de manœuvre administrative prévue pour leur application. Pour ce qui est des dépenses, tout engagement sur les fonds publics doit être régi par une légalisation budgétaire exhaustive et des règles administratives aisément disponibles. Ceci étant, un processus de prise de décision budgétaire transparent exige que des opérations financières et leurs coûts soient soumis à un examen régulier, sans lequel l’aptitude des représentants de la nation à contrôler les finances de l’Etat semblerait une illusion. C’est pourquoi la norme minimale requiert l’établissement d’une législation budgétaire ou d’un cadre règlementaire régissant toutes les activités financières de l’Etat, budgétaires et extrabudgétaires, et spécifiant ainsi les responsabilités en la matière.
Ø  Le principe de sincérité des comptes publics
Il se définit comme le souci éthique de garantir l'exactitude des informations dans la loi de finance et la fiabilité de l'équilibre budgétaire annoncé. 
Ce principe est inspiré de la comptabilité privée, est aujourd’hui une obligation qui s’impose au responsable du compte en fonction de la connaissance qu’il doit avoir normalement de la réalité, de l’importance des opérations, des évènements et des situations. De ce principe découle deux autres, le premier ayant trait à la lisibilité des comptes publics, et le second l’exactitude de l’information financière.
D’abord de la lisibilité des comptes publics, on entend de la part des responsables des deniers publics, une justification et une explication de leur  gestion devant les citoyens et leurs représentants. C’est-à-dire leur rendre compte.
En effet, les contribuables s’attendent à l’utilisation optimale de leurs impôts par le Gouvernement, qui doit les assurer que leur argent est dépensé judicieusement et efficacement. Le public doit être pleinement informé de l’activité financière passée, présente et à vernir. Le gouvernement doit, à cet effet, s’engager à mettre à leur disposition toutes les informations ou données relatives à l’utilisation de l’argent public.
Ensuite, la fiabilité de l’information financière surtout au niveau de la préparation du budget. Ainsi, la documentation qui y est annexée doit préciser les objectifs en matière de finances de l’Etat, le cadre macro-économique, les politiques sur lesquelles repose le budget, de même que les principaux aléas identifiables. Cela signifie d’abord, qu’une déclaration sur les objectifs des finances de l’Etat et une évaluation de la viabilité financière doivent servir à cadrer le budget annuel. Ensuite, le budget doit être préparé et présenté dans un cadre macro-économique quantitative  à la fois exhaustif et homogène, et les principales hypothèses qui sous-entendent le budget doivent être communiquées. En outres, les nouvelles inscrites au budget annuel doivent être décrites clairement.
CONCLUSION
En conclusion, si les nouvelles politiques publiques en matière de finances connaissent un renouveau, il reste à mener un travail de consolidation en regroupant, au budget de l’Etat, les opérations des institutions administratives extrabudgétaires. Il en est de même des budgets des collectivités locales qui ne figurent pas sur la Loi de Finances.
Alors une précision et une clarté des concepts ainsi qu’une définition claire des différents niveaux budgétaires pourront améliorer l’exécution de la politique publique concernant les finances et mettre en évidence son impact sur le reste de l’économie et la prise de la décision publique.


Sources :
Ouvrage :
Ø  El Arafi Hassan, Finances Publiques Marocaine, Gestion des Finances de L’Etat, rabat, 2006 ;
Ø  HARAKAT Mohamed, Finances Publiques et Droit Budgétaire, 2004 ;
Ø  M. BOUVIER, M.-C. ESCLASSAN & J.-P. LASSALE, Finances publiques, Paris 2006
Revue
Ø  OCDE, Le cadre juridique des systèmes budgétaires, 2004.
Article
Ø  Raymond FERRETTI, Paul GAUCHER, « Budget de L’Etat  », Encyclopædia Universalis, le 30 mai 2015.


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