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11/22/2019

La réforme du système fiscal marocain


La réforme du système fiscal marocain




PLAN


INTRODUCTION

Chapitre 1 : le régime fiscal marocain : les faiblaisses


Chapitre 2 : la reforme du système fiscal marocain : les recommandations

I-                Les  dernières recommandations des assises sur la fiscalité.
II-            Le projet de reforme du système fiscal Marocain: Quelle conception à adopte ?

CONCLUSION
BIBLIOGRAPHIE


Introduction

le  Maroc  a  connu  sa  grande  réforme  fiscale  dans  les  années  1980.  En  effet,  c’est  la  loi  cadre  adoptée  en  1984  qui  a programmé  la  mise  en  place progressive  du  système  fiscal  actuel,  articulé  autour  de  l’introduction  de  la taxe  sur  la  valeur  ajoutée  en  1986,  de  l’impôt  sur  les  sociétés  en  1987  et  de l’impôt  général sur le revenu en 1990.
Cette  réforme  résultait  de  la  politique  d’ajustement  structurel  imposée  par une  crise  aiguë  des  finances  publiques  et  la  nécessité  de  faire  face  aux charges de la dette extérieure. L’amélioration du rendement fiscal constituait alors l’un de ses principaux objectifs.
Parallèlement,  le  système  incitatif,  composé  de  codes  d’investissement couvrant la  majorité  des  secteurs d’activité, a été réaménagé  en  1988  dans le  sens  d’une  réduction  des  avantages  fiscaux,  et  pour  donner  plus  de neutralité à l’impôt.
L’impôt  retrouvait  ainsi  sa  fonction  classique  qui  consistait  à  procurer  des ressources pour couvrir les charges publiques.
Ce  principe    de  neutralité    n’a  pas    résisté  longtemps  aux  multiples sollicitations,  puisqu’en  1996  a  été  institué  une  charte  des  investissements prévoyant  des  mesures  fiscales  incitatives  en  faveur  de  certains  secteurs considérés  comme  prioritaires.  Bien  entendu,  d’autres  catégories  de contribuables  ont réagi exigeant, à leur tour, des avantages fiscaux qu’ils ont fini par obtenir.
Tous  ces  régimes  dérogatoires  ont  fini  par  altérer  le  sens  de  la  réforme  initiale avec  pour  conséquence  « une  aggravation  des  distorsions  économiques  et sociales ».  L’impôt  devenait  de  plus  en  plus  interventionniste  et  l’équité fiscale perdait tout sens face au pouvoir des groupes d’intérêts.
En  fait,  le  principal  défaut  des  régimes  dérogatoires  résulte  du  fait  que  leur adoption  n’est  pas  toujours  le  résultat  d’une  politique  claire.  Leur  octroi,  qui ne procède  pas  toujours  d’une logique  socio-économique  d’ensemble, et  la diversité  des  instruments  utilisés  (lois,  règlement  convention,  accord-cadre, charte,  circulaire…)  sont  à  l’origine  d’une  dispersion  et  d’un chevauchement des avantages fiscaux.
C’est  pour  engager  une  réflexion  sur  le  nouveau  sens  à  donner  à  notre système  fiscal  que  des  Assises  nationales  sur  la  fiscalité  ont  été  organisées,  en novembre  1999.  Cette  rencontre, de deux  jours,  a permis de  recueillir  les  avis et  positions  de  représentants  politiques,  experts  fiscaux,  opérateurs économiques  et  universitaires  marocains  et  étrangers  sur  l’évolution  de  notre système fiscal.
Les  recommandations  issues  de  ces  Assises  ont  commencé  à  être  mises  en application  rapidement.  Ainsi,  entre  2000  et  2001,  certaines  taxes  cédulaires ont  été  supprimées  et  d’autres  intégrées  dans  l’impôt  général  sur  revenu  ou l’impôt sur les sociétés.
De nombreuses réformes  ont été  introduites par les lois de finances successives de 2000 à 2011 qui se sont traduites par la mise en place d’un ensemble de mesures de simplification, de rationalisation et d’harmonisation du système fiscal et dont le résultat a été:
·        Réforme des droits d’enregistrement en 2004
·        Amorce de la réforme de la TVA en 2005
·        Élaboration du livre des procédures fiscales en 2005
·        Élaboration du livre d’assiette et de recouvrement en 2006
·        Regroupement des textes fiscaux  dans un même volume : le Code Général des Impôts édité en 2007
·        Intégration de la taxe sur les actes et conventions dans les droits d’enregistrement en 2008 ;
·        Élaboration de la note circulaire globale publiée finalement en 2011.
Actuellement les principaux impôts et taxes sont régis par deux textes : 
Ø le Code Général des Impôts qui régit l’IS, la TVA, l’IR, les droits d’enregistrement, les droits de timbre et la taxe spéciale annuelle sur les véhicules automobiles ;
Ø et la loi n° 47-06 relative à la fiscalité des collectivités locales,
Au plan constitutionnel, La nouvelle constitution  (juillet 2011)  réitère les principes déjà consacrés, dont notamment :
ü Le principe d'égalité devant l'impôt et ses corollaires :
Posé par l'article 39, le principe d'égalité en matière fiscale signifie que la contribution commune doit être répartie entre tous les citoyens, en raison de leurs facultés contributives.
ü Le principe de légalité de l'impôt :
Le principe de légalité de  l'impôt réaffirmé par l’article 75 de la Constitution 2011 attribue au Parlement une compétence générale en matière fiscale (par le biais du vote de la loi des finances).

Chapitre 1 : le régime fiscal marocain : les faiblaisses
Les recettes fiscales constituent aujourd’hui le poste de recettes le plus important pour couvrir les dépenses de l’Etat (72% du total). Dans ces recettes, les impôts indirects (TVA et TIC) représentent la part prépondérante, avec une TVA à l’import qui en constitue la partie la plus importante (60% du total de la TVA collectée), marquant ainsi le poids dominant des importations dans la consommation.
Dans la pratique, la fiscalité au Maroc est restée un domaine en perpétuelle réforme, ainsi, à chaque loi de finance, des nouveautés sont introduites, dans une logique d’incitation économique nouvelle ou pour répondre au souci de tel ou tel secteur économique, ou telle catégorie sociale. A la longue, le système a perdu en lisibilité et a très largement renforcé la Doctrine Administrative, qui, via les circulaires de la Direction Générale des Impôts ou ses autres publications, fixe la manière dont la loi doit être interprétée. Cet état de fait est constaté lors des révisions fiscales où l’écart d’interprétation des textes entre l’Administration et les agents économiques, même les plus transparents, peut représenter plusieurs années de résultat. Il en découle un sentiment d’aléa fiscal très largement répandu auprès des entreprises comme des particuliers. Le système fiscal marocain est très largement utilisé par l’autorité gouvernementale comme levier économique d’incitation, soit à l’investissement de façon générale (charte de l’investissement de 1995), ou à l’investissement plus particulièrement dans tel ou tel secteur (logement économique, offshoring etc.). Certains secteurs bénéficient par ailleurs de fiscalité allégée (taux de TVA ou d’IS réduits) ou sont exonérés (Agriculture). L’ensemble de ces mesures, dont le coût global se chiffre à plus de 32 milliards de DH, ne donnent pas lieu à des analyses périodiques quant à leur efficacité, ou à l’effet d’éviction qu’elles peuvent induire en favorisant un secteur productif par rapport à d’autres.
Basés sur le principe de déclaration, la plupart des impôts supposent une initiative de déclaration de la part des assujettis (IS, TVA, Droits d’Enregistrements etc.). D’autres impôts, plus simples à cerner à la base, sont plutôt prélevés à la source (IR sur les salaires, prélèvements sur les placements financiers), sur une base également déclarative par les organismes responsables des prélèvements (Employeurs, Banques etc.). Le fait que le système soit déclaratif met l’administration en situation de suspicion permanente vis-à-vis du contribuable. Par ailleurs l’administration fiscale disposant quasiment du monopole de l’interprétation des textes, a de fait un pouvoir de redressement presque sans limite, dont elle use assez largement, ce qui génère une situation de peur et d’injustice. La relation entre Administration Fiscale et Contribuables est ainsi très largement conflictuelle. Le poids de la fiscalité ne pèse pas de façon équilibré sur les agents économiques, ainsi le poids de l’IS reste supporté par une petite minorité d’entreprises (2% des entreprises payent 80% de l’IS), et l’IR repose pour l’essentiel sur les revenus sous forme de salaires dans les secteurs organisés (73% de l’IR provient des salariés). Une analyse affinée, permet de relever que la pression fiscale exercée par l’IR reste modérée pour les salaires inférieurs à 10.000 DH par mois. Ainsi, un salaire de l’ordre de 5.000 DH par mois est taxé à environ 4%. Ce taux peut descendre à 2%si on prend en compte les déductions opérées, en particulier celle liées au remboursement de crédit immobilier. Les revenus salariaux de 10.000 DH par mois sont taxés à environ 10%. En fait, le sentiment d’une forte taxation pour ces niveaux  de revenus provient davantage des cotisations sociales que de l’impôt lui-même. Ainsi, la pression des prélèvements sociaux est à 22% pour les salaires à 5.000 DH et à 18% pour les salaires à 10.000 DH par mois. La pression fiscale et sociale est à 22% pour les salaires proches du SMIG pour atteindre 44% pour les revenus élevés. La fiscalité des revenus salariaux ne peut ainsi être appréhendée correctement si on n’intègre pas les prélèvements sociaux.
Vu les niveaux atteints aujourd’hui et pour rester à des niveaux soutenables du coût du travail, il est absolument nécessaire que la réflexion porte sur la possibilité de faire porter dorénavant à l’impôt, et plus spécifiquement à la TVA qui a l’assiette et le rendement le plus élevé, une partie du financement de la couverture sociale et de la solidarité. La TVA ne touche pas de grands pans de l’activité économique. Des circuits entiers, de production ou de distribution restent en effet en dehors du champ des impôts, alourdissant d’autant la part supportée par le secteur formel, et dans celui-ci des entreprises les plus transparentes. Le système de gestion de la TVA est très décrié par les agents économiques, Ainsi la TVA qui suppose, comme son nom l’indique, que cet impôt, payé in fine par le consommateur, ne concerne que la valeur ajoutée créée par l’entreprise, s’est transformé au fil du temps en taxe sur les achats pour certains agents économiques, ou en taxe sur le chiffre d’affaires pour d’autres. Cette situation est celle de tous les secteurs pour lesquels l’amont est exonéré de TVA, en particulier le secteur agroalimentaire, et qui, en l’absence d’une TVA déductible, se trouve à verser la TVA non seulement sur la valeur ajoutée qu’il génère, mais aussi sur celles réalisées par ses fournisseurs. D’autres secteurs, comme par exemple celui de l’aviculture s’acquittent quant à eux d’une TVA à l’achat nettement supérieure à celle collectée sur les ventes, du fait de taux différents. Il en découle un crédit TVA qui atteint aujourd’hui pour le secteur avicole les 800 millions de DH à valoir sur la TVA future, et qui de ce fait ne peut ni être récupérée, ni être considérée comme une charge à impacter dans les prix. Cette trésorerie gelée empêche le secteur d’investir et de se moderniser, avec comme résultat final des produits non compétitifs par rapport à l’international, et un secteur qui ne peut survivre qu’en étant protégé par des barrières douanières fortes. La TVA pèse lourd sur les investissements, et en particulier ceux réalisés par les entreprises publiques dans le cadre des infrastructures de base. Ce volet, antiéconomique, s’apparente à une anticipation de recettes futures de l’Etat qui doivent être générés par l’investissement en question et qui sont consommés de suite. A titre d’illustration, le chantier du TGV à venir nécessite de payer à l’Etat une TVA de l’ordre de 6 milliards, ce qui va obliger l’ONCF à s’endetter et à supporter des frais financiers colossaux (entre 300 et 400 millions de DH de frais financiers par an). Cela va évidemment fortement diminuer la capacité d’investissement future de l’ONCF, et l’Etat ne pourra plus percevoir de TVA sur les billets de train pendant plusieurs décennies parce qu’il aura consommé cette recette par avance. Le fait d’exonérer l’ONCF de cette TVA ne fait que reporter le problème chez les fournisseurs de cet office qui auront à subir le même traitement. Un autre exemple dans le passé touche le traitement fait à l’opérateur qui a remporté la deuxième licence de téléphonie mobile, et qui a du s’endetter à hauteur de 2 milliards de DH pour s’acquitter d’une telle TVA, obérant ainsi fortement ses capacités financières et ses capacités d’investissement. Or, le mécanisme de compensation neutre est le principe de base de la TVA comme le montrent les pratiques et les expériences en vigueur dans plusieurs pays qui remboursent aussi bien le crédit de TVA pouvant découler de l’investissement que celui pouvant être généré par l’exploitation courante. La problématique du remboursement des crédits de TVA constitue le principal défi qui doit être relevé pour assurer la neutralité de cette taxe à l’instar de ce qui est en vigueur dans d’autres pays. Ce qui permettra d’offrir plus de flexibilité aux pouvoirs publics en matière de fixation des taux de TVA, en fonction de la politique économique et sociale adoptée, sans grever la trésorerie des entreprises qui ne sont que de simples intermédiaires en matière de recouvrement de cette taxe, entre le trésor public et le consommateur final, et sans en reporter les conséquences financières sur les recettes fiscales futures. L’impôt sur les sociétés souffre quant à lui d’une définition trop large de ses critères de calcul, générant pour le contribuable une incertitude d’interprétation, que l’administration fiscale met quasi systématiquement à profit pour redresser à son avantage. Les demandes de clarification n’obtiennent que rarement des réponses claires, et la Direction de la Législation Fiscale, étant intégrée à la Direction Générale des impôts, a souvent une position qui privilégie l’interprétation des inspecteurs fiscaux. Un travail de clarification des modalités de fixation du résultat imposable par secteur d’activité, comme c’est le cas dans de nombreux pays, et la publication de ces règles apparaissent aujourd’hui comme une nécessité pour aboutir à une relation apaisée entre l’administration et les entreprises. La pratique du contrôle fiscal et la population des contribuables qui y sont soumis ou qui l’ont subi montrent que ce contrôle permet d’abord la collecte de recettes fiscales ce qui conduit à contrôler les contribuables les plus apparents et transparents auprès desquels il serait plus facile d’opérer des redressements et de réaliser des recettes supplémentaires. Le contrôle n’est pas en effet orienté vers les contribuables les moins transparents et opérant dans l’informel ou l’opacité. Ce système n’incite pas à la transparence et pousse les contribuables à se retrancher dans des activités non déclarées. Le contrôle n’est donc pas efficace comme moyen de sanction contre les fraudeurs. La même critique est également à formuler au niveau du système des sanctions. La mise en place de certains sanctions jugées disproportionnées a certes pour objectif de combattre les fausses déclarations et les déclarations incomplètes, sauf qu’en pratique, ce sont les contribuables les mieux organisés qui se voient appliquer de telles sanctions. Les contribuables opérant dans le secteur informel, étant non visibles, ne subissent aucune sanction. Ainsi, le système de sanction conçu pour traquer les fraudeurs de mauvaise foi se trouve être appliqué en pratique aux contribuables de bonne foi sur des erreurs minimes souvent sans incidence sur les recettes de trésor. Le système des sanctions en vigueur ne favorise pas la régularisation spontanée. Un retard de déclaration et de paiement d’une seule journée entraîne l’application d’une amende cumulée de 30% (15% de retard de déclaration+10% de retard de paiement +5% de majoration), alors que tout mois supplémentaire n’entraîne qu’une majoration de 0,5%. Une fois qu’on se trouve en retard de déclaration, il n’y a plus aucune incitation à régulariser. La doctrine fiscale n’évolue pas par la jurisprudence, mais uniquement par l’interprétation qu’en fait l’administration des impôts, qui d’ailleurs, ne rend pas toujours publics ses arbitrages. La plupart des litiges finissant par un arrangement amiable, les mêmes chefs de redressement peuvent être de nouveau invoqués contre le même contribuable ou un autre exerçant dans un secteur similaire. Le secteur connaissant le plus de litiges est celui de l’immobilier où la pratique très répandue du paiement non déclaré (le « noir » comme cela est notoirement connu dans le secteur) amène l’administration fiscale à douter de toute déclaration et à redresser beaucoup de transactions, ce qui amène parfois les contribuables les mieux intentionnés à anticiper ces redressements et à sous déclarer en conséquence leurs opérations. Pourtant, l’affichage de barèmes de référence permettrait aisément de contrer ces pratiques, surtout depuis que les transactions immobilières passent obligatoirement par des notaires et sont donc facilement maitrisables.
La fiscalité locale manque de cohérence et d’efficacité. Composée d’un nombre important de taxes et de prélèvement, elle ne représente qu’une partie des recettes des communes. Cette multiplicité de taxes nuit à l’efficacité économique et même au rendement de l’impôt qui devient difficile à calculer, à contrôler et à recouvrer. La moitié des recettes des collectivités locales provient de la TVA, dont 30% est reversée aux communes. Les critères de répartition n’encouragent pas les communes qui font des efforts pour accompagner les investisseurs et la création d’entreprises sur leur territoire. Dans le cadre de la politique de régionalisation, il est utile de penser à des mécanismes de restitution aux régions d’une partie des richesses qu’elles produisent, probablement en reversant une partie de l’IS et de l’IR sur les profits immobiliers (Ex TPI) collectés. Par ailleurs, si les principaux impôts ont été modernisés, d’autres prélèvements, comme la Patente, ou Taxe Professionnelle, ont été maintenus malgré leur mode de détermination qui reste discutable au sens de l’efficacité économique, étant calculés sur le montant des investissements. L’incivisme fiscal reste très présent dans le pays, soit par les activités qui sont dans l’informel, totalement ou partiellement, soit par l’évasion fiscale pratiquée par des entreprises ou par des particuliers qui ne déclarent pas la totalité de leur activité ou de leurs revenus. La lutte contre cet incivisme est aujourd’hui une demande exprimée aussi bien par les responsables de l’Administration que par les contribuables eux-mêmes qui y voient une source d’injustice, mais également une source de concurrence déloyale. Des tentatives, alliant mesures incitatives et mesures coercitives ont été menées, sans que l’impact ne soit malheureusement significatif. Les incitations via les taux réduits de l’IS ne sont pas efficaces, le problème de l’informel étant aussi et surtout lié à la TVA et à la charge fiscale et sociale pesant sur les salaires.

Chapitre 2 : Vers une reforme du système fiscal marocain
I-                 Les  dernières recommandations des assises sur la fiscalité.
Le Ministère de l’Economie et des Finances  a organisé les Assises Nationales sur la Fiscalité, les 29 et 30 avril 2013, à Skhirat.
Cet évènement a constitué une plateforme d’échange et de partage pour donner une nouvelle impulsion au système fiscal marocain en adéquation avec les évolutions politiques, sociales et économiques du pays.
Les débats qui ont animé cette rencontre ont connu notamment la participation des institutions parlementaires, de différentes administrations, du secteur privé, des instances consultatives, des organisations syndicales, des universitaires, etc. 
L'objectif était de tracer une feuille de route des actions à entreprendre, à court, moyen et long terme en matière de réforme fiscale.
Au titre de cette démarche participative, la réflexion a été menée autour de quatre thèmes principaux :

• fiscalité et équité
• fiscalité et compétitivité
• administration fiscale et attentes des usagers
• fiscalité locale.

Voici les principales conclusions, qui tracent en fait les grandes lignes de la prochaine réforme fiscale :
Législation et équité fiscale :
Ø la création d'un équilibre dans la structure des recettes fiscales (directes et indirectes)
Ø la rationalisation des dépenses et des exonérations fiscales de manière à répondre aux priorités économiques,
Ø l'imposition progressive de l'agriculture en prenant en compte les spécificités du secteur.
Ø Il s'agit également de la révision de l'impôt sur le revenu (IR) selon la capacité contributive des citoyens, en prenant en compte les différentes charges subies par les ménages (foyer fiscal),
 L’impôt sur la fortune :
Ø l'augmentation des impôts sur les investissements non-productifs (terrains non-construits)
Ø la création d'une taxe pour la solidarité, de manière à ce que les ménages aisés puissent rembourser les subventions qu'elles reçoivent dans le cadre de la Caisse de compensation.
La lutte contre la fraude et l'appréhension de l'informel :
Ø la mise en place d'une politique globale pour intégrer ce secteur
Ø des mesures incitatives au profit des PME qui s'inscrivent dans le secteur structuré
Ø  le renforcement de la lutte contre la fraude fiscale avec la consolidation des ressources humaines et l'amélioration de l'action des commissions fiscales.
Fiscalité et compétitivité :
Ø la mise en place d'un pacte de stabilité fiscale à même d'améliorer le climat des affaires
Ø l'allègement de la pression fiscale
Ø l'adaptation des impôts aux capacités financières du tissu entrepreneurial marocain (dont 95 pc sont des PME)


Ø la réformation de la TVA de manière à en faire une taxe "neutre" pour l'entreprise en limitant le butoir
Ø la réduction de l'impact fiscal sur les opérations de restructuration du tissu économique.
Vers une relation de partenariat et de confiance avec le contribuable :
Ø l'amélioration de la qualité des services fournis aux citoyens (accueil des contribuables, facilitation et informatisation des procédures)
Ø la clarification des textes et la limitation du pouvoir discrétionnaire de l'administration fiscale.
Ø la promotion de l'éthique et de la bonne gouvernance
Ø l'amélioration des outils de communication de l'administration, des conditions du contrôle fiscal et du règlement des contentieux.
 La régionalisation avancée, le développement local et  la fiscalité :
Ø orienter les impôts liés à l'immobilier vers le financement des projets locaux
Ø canaliser certaines taxes d'Etat vers les collectivités locales
Ø créer un fonds dédié au financement des projets de développement.
Ø  
II. Le projet de reforme du système fiscal Marocain: Quelle conception à adopte ?

La réforme de la fiscalité marocaine doit moins concerner l’architecture générale qui doit rester centrée sur les trois grands impôts qui sont la TVA, l’Impôt sur le revenu (IR), et l’impôt sur les sociétés (IS), que les textes les définissant dans le détail et la pratique fiscale au quotidien. Les taxes locales doivent être simplifiées, et leur base de calcul harmonisée. On peut arrêter les grands principes dans les axes suivants :
I. Une fiscalité qui s’articule de manière forte avec les autres axes des politiques publiques pour répondre aux objectifs de justice sociale.
La réforme fiscale doit donc s’accompagner d’une refonte du système de compensation tel qu’il est pratiqué actuellement, et d’une vision pour la couverture sociale en vue de son élargissement, dans une logique qui assure la pérennité de son financement.
La réforme, nécessaire, de la caisse de compensation devrait dégager des économies substantielles pour l’Etat, qui peut ainsi permettre une réforme profonde de certains impôts qui pèsent lourd sur le tissu économique, et dégager des ressources pour les différentes caisses de solidarité sans avoir besoin d’alourdir ou de complexifier les prélèvements.
II. Une juste répartition de la charge fiscale et la sauvegarde du pouvoir d’achat de la classe moyenne ;
L’élargissement de l’assiette fiscale est devenu aussi bien une affaire de justice et d’équité, qu’un problème de recette pour l’Etat et de pression fiscale sur les contribuables. Le rejet de l’impôt, ou simplement l’impression d’être trop prélevé sont moins dus à l’importance de l’impôt lui-même, qu’au sentiment que tout le monde ne s’acquitte pas de ses obligations de la même façon, et que la charge qui pèse sur chacun n’est pas équitablement répartie.
Ainsi, les taxes d’habitation dont les montants diffèrent très largement d’une maison à une autre, lorsque certains ne la payent même pas sans jamais être inquiétés, nourrissant très largement le sentiment du deux poids, deux mesures.
Il est essentiel d’améliorer la transparence des pratiques fiscales et d’aligner les traitements faits aux contribuables sur les mêmes bases. La transparence des barèmes et leur publication est de nature à atténuer ce sentiment d’injustice, de diminuer les litiges, et de mettre un frein aux pratiques de sous déclaration et de corruption.
La publication des barèmes de taxation dans l’immobilier permettra très rapidement d’améliorer le rendement de l’impôt. En effet, les transactions immobilières étant traitées auprès des professions régulées comme les notaires, ces derniers peuvent être chargés de collecter la TPI au moment de la transaction, évitant les déclarations par l’assujetti, les frais de recouvrement par l’Etat et assurant une recette immédiate et certaine pour l’Etat.
Concernant l’impôt sur les revenus, il est indéniable aujourd’hui que les professions libérales, les commerçants, les intermédiaires, ainsi que tous ceux qui ont des revenus autres que les salaires ne supportent pas la même charge fiscale que les salariés. Un rééquilibrage est nécessaire. Il faudrait, pour ce faire, agir aussi bien par un contrôle plus strict, appuyé sur des outils informatisés et sur des recoupements statistiques, que sur des incitations. Ainsi, toutes ces populations ne disposent pas actuellement de couverture sociale. Allier fiscalisation et généralisation de la couverture sociale, en rapprochant les bases de calcul de l’une et de l’autre permettrait plus aisément de généraliser l’impôt. Pour améliorer la perception d’égalité devant l’impôt, il est utile d’organiser et de rendre publique l’information concernant la répartition des impôts payés par les différentes catégories socioprofessionnelles.
Il est proposé également que les tranches d’IR soient indexées sur l’inflation de façon à éviter l’érosion du pouvoir d’achat des classes moyennes par la hausse du coût de la vie. Par ailleurs, il est proposé que la solidarité familiale soit prise en compte dans le calcul de cet impôt. Ainsi, la déductibilité pour personnes à charge pourrait être étendu aux ascendants et aux collatéraux (frères et sœurs) à charge, toujours dans la limite de 6 personnes. Il est proposé également que les quotités de déduction soient doublées.
L’IS n’est payé que par une petite partie des entreprises. Il est proposé que la cotisation minimale, payée par les entreprises déficitaires ou faisant des résultats faibles et qui est fixée à 0,5% actuellement, soit augmentée dans le temps. Ainsi, en fonction du nombre d’années où l’impôt payé correspond à la cotisation minimale, tout en tenant compte du cas particulier des secteurs dont la marge est règlementée, les taux suivants peuvent être retenus:

  • 0,5 % pour les 5 premières  années.
  • 1 % à partir de la 6 ème année jusqu’à 10 années.
  • 1,5 % au-delà.

III. Une fiscalité qui permet de lutter contre la spéculation ;
Les expériences à l’international montrent que l’impôt sur le patrimoine est difficilement déterminable et par conséquent ne représente pas une pratique généralisée à travers le monde faisant ainsi l’objet de débats controversés. Par ailleurs, le patrimoine n’est que la somme de revenus ayant déjà supporté l’impôt. De même, le patrimoine est générateur d’impôts qui appréhendent les revenus des différents biens qui le composent (dividendes,  intérêts, revenus fonciers, plus values mobilières et immobilières, etc.).
Les impositions du patrimoine, en plus de celles de ses revenus, ne doivent donc être envisagées que pour lutter contre la spéculation et favoriser la mobilisation des actifs nécessaires aux circuits productifs. Il n’est pas donc opportun d’envisager la mise en place d’un impôt sur la fortune applicable à l’ensemble du patrimoine, mais de cibler le patrimoine non générateur de richesse, comme le foncier non bâti ou non exploité, les habitations non occupés ou encore les valorisations de patrimoine qui ne sont pas liées à des investissements comme c’est le cas pour les terrains qui rentrent en périmètre urbain ou qui bénéficient d’un changement de zonage.
 IV. Une fiscalité qui encourage le secteur productif et l’investissement:
La réforme principale concernant le secteur productif concerne la TVA qui représente aujourd’hui un vrai problème pour le tissu productif du pays et un frein sérieux à l’investissement. Il faudra revenir à un principe fondateur de ce type d’impôt, à savoir sa neutralité pour le tissu productif. Ainsi, quelle que soit la politique de taxation et de taux que l’Etat décide, l’entreprise productrice ne doit jamais supporter une TVA que sur la valeur ajoutée qu’elle créée.
Toute entreprise qui a un crédit TVA doit être remboursée sans délai, de façon à ne pas la pénaliser par des frais financiers indus, et ne pas obérer sa capacité d’investissement. Cela réglera définitivement le problème du butoir. Concernant les crédits TVA existants à ce jour, elles devraient être transformées en créance sur l’Etat, à rembourser sur une période de 10 ans, éventuellement sans intérêt.
Le secteur agroalimentaire de première transformation subit à plein l’effet de la TVA sur ses produits, sans capacité de récupération. Or le secteur agroalimentaire de première transformation est la brique essentielle sur laquelle une vraie stratégie agroalimentaire du pays peut se baser. Pour que ce secteur, qui n’a le choix aujourd’hui qu’entre péricliter ou aller vers l’informel, puisse se développer, la question de la TVA doit trouver une solution définitive indépendamment de la fiscalité agricole. Il est ainsi proposé d’autoriser les entreprises de ce secteur à déduire de leur TVA collectée, l’équivalent d’un montant de TVA sur leurs achats agricoles, calculé sur la base du même taux que celui appliqué à leurs produits finis. Cette déduction se retrouvera en baisse de prix, ce qui reviendra in fine à taxer les produits finis à hauteur de 2 à 5 % seulement, sans avoir à créer de nouveaux taux de TVA.
Par ailleurs, l’Impôt sur les Sociétés doit être davantage clarifié. Pour les secteurs disposant de plans de comptes spécifiques ou de supervision adaptés (Banques, assurances, sociétés de financement, OPCVM, Opérateurs télécoms, compagnies aériennes etc.) il est nécessaire d’aligner les pratiques fiscales sur les règles comptables nationales et internationales qui les régissent.
Les aides de l’Etat, sous forme de réduction ou d’exonération fiscale doivent être équitables et ne pas créer d’effet d’aubaine. Ces aides représentent 32 milliards et profitent essentiellement à l’export, aux secteurs de l’agriculture et de l’immobilier (5.413 millions de DH de dépenses fiscales pour l’Immobilier et 4.296 millions pour l’Agriculture). Lorsque des secteurs d’activité sont trop soutenus, même pour de bonnes raisons, cela peut créer un effet d’éviction sur les investissements, qui peuvent aller prioritairement à ce secteur, créant un effet de bulle dangereux pour l’économie dans son ensemble. Aussi est-il nécessaire d’instaurer des mécanismes annuels d’évaluation des politiques de soutien afin de mesurer non seulement leur bien-fondé, mais également les effets qu’ils peuvent avoir sur le tissu productif et sur l’investissement dans son ensemble.
L’économie marocaine souffre d’une déficience d’innovation et d’initiatives en matière de recherche et développement. Il est proposé, à l’instar de beaucoup de pays où les activités innovantes sont encouragées de mettre en place une stratégie de soutien à l’innovation et à la recherche et développement via des mécanismes de crédit impôt recherche qui ont montré leur efficacité par ailleurs.
V. Une fiscalité qui permet de réduire le champ de l’informel:
Concernant l’informel, il faut davantage porter l’attention non aux personnes qui en font une activité de survie, mais plutôt aux circuits en amont qui les alimentent et qui constituent de vrais dangers pour l’économie nationale. Il s’agit pour l’essentiel des importateurs qui sous déclarent les marchandises importées pour échapper à la TVA, des circuits de distribution occultes qui échappent à tout impôt, et des producteurs qui lèsent leurs employés en ne les déclarant pas et par conséquent en leur enlevant toute possibilité de couverture sociale. Mais la lutte contre l’informel et l’évasion fiscale ne saurait se faire que par la sanction. L’environnement économique doit susciter les réflexes pour que s’opère naturellement le transfert des activités informelles vers la sphère officielle de l’économie organisée.
Pour cela, les avantages que procure la légalité doivent être suffisamment attractifs et lisibles
Il est, de ce point de vue, primordial, que le système fiscal gagne en lisibilité. Une lisibilité qui passe certes par des mesures de simplification mais aussi par une meilleure perception du lien qui unit, lorsque c’est possible, un impôt et sa fonction ou son objet.
 VI. Une fiscalité qui prend en charge partiellement le financement de la couverture sociale afin de ne pas augmenter la pression sur les salaires et les coûts du personnel :
La pression fiscale et sociale atteint aujourd’hui 22 % pour les salaires proches du SMIG, et monte à 45 % pour les salaires élevés. Or, le problème de la compétitivité des entreprises marocaines dans une économie ouverte comme celle du Maroc aujourd’hui, se joue aussi sur le coût du travail, même si ce facteur n’est pas l’unique à prendre en considération. Si nous voulons que le Maroc reste dans la compétition internationale, sans que cela pèse sur le salaire net payé aux employés, il est fondamental que la pression sociale et fiscale ne dépasse pas les niveaux actuels, et que d’autres sources de financement de la couverture sociale soient étudiées et mises en place.
Ainsi, dans le cadre des réformes touchant les retraites et les nouvelles couvertures sociales, l’équilibre financier peut être trouvé, par un financement partiellement basé sur la TVA qui doit être réformée en conséquence. Ainsi, la TVA devrait être restructurée pour passer de 5 taux actuels (0 %, 7 %, 10 %, 14 % et 20 %), à 4 taux (0 %, 10 %, 20 % et 30 %), ce qui permettra de dégager des ressources à affecter à la couverture sociale et aux mécanismes de solidarité.
Le taux de 30 % proposé concernerait les produits de luxe. La liste de l’ensemble des produits devrait être réexaminée afin de reclasser ces derniers sur la nouvelle grille de TVA.
 VII. Une fiscalité permettant d’instaurer un climat de confiance entre l’Administration fiscale et les contribuables:
L’amélioration du climat de confiance entre l’administration fiscale et l’administration des impôts passe nécessairement par une plus grande transparence et une meilleure lisibilité des règles. Ainsi, la publication de barèmes d’imposition pour l’immobilier, la clarification des règles de détermination des résultats des entreprises, la possibilité d’interroger l’administration fiscale préalablement à des opérations d’investissement,  d’acquisition ou de vente de biens sont de nature à diminuer l’aléa fiscal et à restaurer la confiance.
Enfin, l’interprétation des textes et des lois fiscales ne peut être de la seule compétence de la Direction Générale des Impôts, aussi, la Direction de la Législation Fiscale doit-elle être rattachée au Ministre des Finances, permettant ainsi une meilleure indépendance de ses avis par rapport aux inspecteurs des impôts.







Conclusion

Le Maroc s’est doté d’un système fiscal moderne, qui reste à améliorer dans sa pratique. Les  propositions contenues dans ce rapport visent à y contribuer. Ces propositions représentent une vision globale et constituent un ensemble cohérent, le Conseil Economique et Social recommande fortement de ne pas les considérer comme des mesures indépendantes dans lesquelles on peut puiser de façon individuelle.
Il faudrait par ailleurs veiller, dans le cadre de la réforme fiscale, à garder au système sa simplicité, et éviter, pour répondre à des problèmes conjoncturels d’équilibre des finances publiques, de  perdre en visibilité et en lisibilité avec la création d’une multitude de prélèvements au gré des circonstances.
L’évaluation, comme outil de prise de décision publique, doit être renforcée et institutionnalisée. Elle comporte deux volets : l’évaluation a   priori, avant l’adoption de mesures fiscales ; l’évaluation a posteriori, pour apprécier les effets d’une réglementation.
Tout effort d’évaluation a priori de la réglementation fiscale n’a de sens que s’il est suivi par  une évaluation obligatoire a posteriori.  Celle-ci  devrait intervenir dans les 3 à 5 ans suivant l’entrée en vigueur d’une réforme de la législation fiscale, de façon à vérifier la conformité des résultats avec les objectifs fixés au moment de son adoption.
L’élaboration de la Loi de Finances est encadrée par une loi organique qui suppose de donner une visibilité de moyen et long terme à la dépense publique, notamment pour les programmes pluriannuels et les projets stratégiques (article 75 de la Constitution). Or ce qui vaut pour la dépense  publique vaut également pour la recette. Ainsi, une loi de programmation fiscale devra jouer un rôle dans la définition de l’évolution future de notre politique fiscale, devenant ainsi un outil qui permet d’offrir, tant au Parlement qu’aux contribuables, une plus grande visibilité et une plus grande stabilité, tout en ménageant la possibilité d’adapter à tout moment le système fiscal à son environnement économique et social.
La programmation fiscale et une meilleure connaissance du patrimoine et des engagements de l’Etat sont les garants d’une fiscalité plus claire, dont les modalités comme les finalités sont mieux connues, mieux acceptées par les citoyens. Une telle fiscalité  peut dès lors plus facilement évoluer et se trouver en phase avec la société et l’environnement économique, sans être entravée par des corporatismes ou des situations acquises.
















Bibliographie

1.        Rapport du Conseil Économique et Social « Le système fiscal marocain, développement économique et cohésion sociale », Novembre 2012.
2.      Le système fiscal marocain: diagnostic et défis, Direction des Etudes et des Prévisions financières, Juillet 1999.
3.       Les enjeux de la réforme fiscale, Noureddine BENSOUDA,  Directeur Général des Impôts
4.      Evaluation du système fiscal, Najib Akesbi, La revue ECONOMIA n°3 / juin - septembre 2008
5.      L’évolution du système fiscal, Abdellatif ZAGHNOUN, Directeur Général des Impôts, mai 2011
6.      Analyse de la décision fiscale au Maroc, Noureddine BENSOUDA, éditions la croisée des chemins, 2008
7.      Le processus de décision fiscale au Maroc, volume 2, Noureddine BENSOUDA, 2004
8.      www.cafrad.org
9.      www.tgr.gov.ma





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