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11/29/2019

La dette publique au Maroc


La dette publique au Maroc
                              
                               
INTRODUCTION
D’un point de vue technique, la dette publique, est la somme des dettes de l’Etat, des collectivités territoriales et des régimes sociaux (santé, retraite, famille et chômage). La dette publique se nourrit des déficits annuels des budgets publics et des comptes sociaux. 
La persistance de déficits budgétaires souvent supérieur à 3% du PIB durant les années 1980 a donné lieu à un accroissement notable du taux d’endettement public direct, lequel a atteint 85% en 1992 contre 41,6% en 1980. En particulier, l’endettement extérieur public du Maroc a posé de sérieuses difficultés au début des années quatre vingt. Ces difficultés ont abouti à la mise en œuvre du programme d’ajustement structurel et du cycle de rééchelonnement qui ont pris fin en 1992.
A un niveau d’endettement public très élevé, la dette nourrit l’engagement lorsqu’un Etat emprunte soit pour faire face aux échéances des emprunts précédents et que le taux du nouvel emprunt est plus élevé que celui de l’emprunt que l’on remplace, soit, pire encore, lorsqu’on emprunte pour payer les intérêts de la dette ou du fonctionnement courant.
En effet, la dette publique, qui a historiquement déjà été très élevée, est une question d’économie publique, d’économie politique, pas seulement une question de comptabilité.
La dette publique, historiquement liée à l’existence d’un souverain et à ses ambitions civiles ou militaires, est aujourd’hui liée aux Etats modernes qui ont pour charge le destin collectif des nations. En bref, la réalisation de ce destin par une entité qui a, a priori, l’éternité devant elle, et au travers de politiques publiques souvent coûteuses, notamment en termes d’investissement d’intérêt général.
On comprend ainsi que les idéologues qui veulent réduire le rôle des Etats à ses missions régaliennes tentent d’imposer une telle logique alors que l’idée même d’Etat moderne en est aux antipodes. Un Etat peut être en excellente situation avec une dette élevée si la dynamique de cette dette est positive et que son économie est en croissance.
Si la dette publique est une réalité incontestable et qui peut devenir dangereuse, il est faux de dire qu’elle représente une charge nette laissée aux générations futures... C’est une approche étrange qui consiste à ne prendre en compte dans l’analyse que le passif, sans tenir compte de l’actif.  
De 2012 à 2014, les déficits budgétaires ont en effet été réduits respectivement de 9,8% à 5,8% du PIB et de 7,4% à 4,9% du PIB.
La dette publique génère, en premier lieu, une charge en intérêts annuels qui grève le budget de l’Etat et le prive de marges pour financer ses politiques ou pour réduire la pression fiscale lorsqu’elle est jugée trop élevée. Une dette publique élevée déclenche en outre, infailliblement, un montant important de prélèvements obligatoires. En France à hauteur de 46% du PIB et pour un pourcentage de dépenses publiques de 55,9% de ce même PIB.
Dans une économie en concurrence, l’impact sur la compétition économique est réel et influence le choix des investisseurs étrangers, voire nationaux, peu enclins à rechercher le montant le plus élevé de prélèvements publics. Economiquement en effet, le montant des prélèvements obligatoires a un impact sur l’activité, c’est incontestable et tous les pays qui organisent leur prospérité actuelle sur le dumping fiscal et social l’ont fort bien compris.
Les ressources publiques augmentent soit par la croissance de l’activité (augmentation du PIB et donc du produit des rentrées fiscales), soit par l’augmentation des taux d’imposition ou de cotisation et, donc, du montant du produit des prélèvements obligatoires (impôts directs et indirects, cotisations sociales). 
Les dépenses publiques, quant à elles, ne diminuent que lorsqu’on décide de les réduire à la hauteur que politiquement l’on fixe. Les dépenses publiques ont en effet une très forte inertie à la hausse par l’évolution naturelle des comportements, le vieillissement de la population, etc.
La question qui s’impose à ce niveau, est de savoir quelles sont les causes de la dette publique ainsi que son impacte sur l’économie au Maroc ?
Pour ce faire, on suivra le plan ci-joint :
I-                  les causes de la dette publique au Maroc
A-    le chômage
B-    l’emprunt sur le marché financier international
II-               l’impact de la dette publique sur l'économie au Maroc
A-   Les faillites et la fermeture des unités industrielles
B-     les effets de la dette sur l’accroissement économique

Conclusion



I-                  les causes de la dette publique au Maroc
La crise alimentaire, la baisse de la demande internationale, la hausse des prix des produits pétroliers, le tarissement des sources des devises des ces facteurs contribuent à la crise de l’économie nationale.
Dans ce contexte, les besoins en devises augmentent et le Maroc décide d’emprunter sur le marché financier international. Conséquence de ce choix, ce secteur représente désormais 25% de l’encours de la dette extérieure marocaine, alors qu’il ne constituait que 11% en 2010.
A-   Le chômage
Le chômage reste encore élevé au Maroc. L’économie du Royaume  n'arrive pas à atteindre un taux de croissance suffisant pour réduire la demande d'emplois.
Dans sa dernière note sur l'état du marché du travail en 2014 au Maroc, le Haut Commissariat au Plan (HCP), a annoncé que le taux de chômage s'est établi en légère hausse à 9,9 % entre les années 2013 et 2014. Un an auparavant, ce taux était de 9,2 %, soit une hausse de 0,7 points, explique le HCP. La population active en chômage a augmenté de 8 % au niveau national, passant de 1.081.000 en 2013 à 1.167.000 chômeurs en 2014, soit 86.000 chômeurs de plus. Par ailleurs, le chômage est plus important en milieu urbain qu'en milieu rural, souligne le HCP qui précise que le taux de chômage est passé de 14% à 14,8 % en milieu urbain et de 3,8% à 4,2% en milieu rural. Les chiffres sur la situation du marché de l'emploi mettent ainsi plus de pression sur le gouvernement qui n'a ni rassuré les milieux d'affaires et économiques sur le bien fondé de sa politique économique à moins de 8 mois des prochaines législatives, ni les syndicats sur sa stratégie sociale et de protection du pouvoir d'achat des travailleurs.
Les statistiques du HCP confirment par ailleurs ''le trou d'air'' traversé en 2014 par l'économie marocaine. Selon des économistes marocains, il faut une croissance d'au moins 5 à 6% par an pour que le taux de chômage descende à moins de 9% avec le recrutement d'au moins 180.000 travailleurs. Et, ''il faut une croissance à deux chiffres pour espérer présenter une offre de travail globale quantitativement satisfaisante pour éponger le passif cumulé'', précisent les mêmes milieux. La croissance à elle seule ne suffira pas à réduire le taux de chômage, d'autant que la situation est inquiétante parmi les diplômés, qui représentent 26% de la masse globale des chômeurs, contre seulement  5% des chômeurs non diplômés. Cette situation permet de pus en plus l’évolution de la dette publique.
Les charges de la dette extérieure au titre des intérêts et commissions s'élèvent à 3 985 185 000 dirhams, soit une augmentation 5,3 % par rapport à l'année 2015 et celle de la dette intérieure au titre des intérêts et commissions s'élèvent à 24 299 425 000 de dirhams, soit une augmentation de 6,69 % par rapport à l’année 2015.
L’évolution du chômage a provoqué  un marasme économique au Maroc, près de trois personnes sur dix (29,2%) ont perdu leur travail à la suite de licenciement ou à l'arrêt de l'activité de l'établissement employeur. Quant aux actifs occupés en situation de sous-emploi, ils sont passés, entre 2013 et 2014, de 978.000 à 1.100.000 personnes au niveau national, de 530.000 à 589.000 personnes dans les villes et de 448.000 à 511.000 dans les campagnes. Dès lors, le taux de sous-emploi passe de 9,2% à 10,3% au Maroc à fin 2014.
Les keynésiens pensent que l'endettement public en général n'entraîne pas de coûts ni pour les générations présentes, ni pour les générations futures du fait des nouveaux investissements qu'il génère. Ils pensent que le principe de l'équilibre budgétaire ne doit pas toujours être respecté. Un déficit budgétaire justifié et maîtrisé peut être un facteur de relance économique, de lutte contre le chômage.
B­- l’emprunt sur le marché financier international
La dette extérieure d’un pays regroupe l’ensemble des emprunts contractés par l’Etat, ses démembrements avec sa caution et même par des sociétés agissant pour le compte de l’Etat (dette extérieure publique) ou par des opérateurs économiques privés (dette extérieure privée) vis à vis de l’étranger. Selon la nature du créancier, la dette extérieure peut revêtir plusieurs formes.  Par exemple :
La dette multilatérale : si l’emprunt est obtenu d’un organisme multilatéral (la Banque Mondiale, le Fond Monétaire International, les banques et les fonds régionaux de développement comme la Banque Africaine de Développement (BAD), etc).
La dette bilatérale : si le créancier est un autre Etat, son rééchelonnement et son annulation sont négociés au sein du club de Paris.
La dette commerciale ou bancaire : si le créancier est une banque privée extérieure (City Bank, Chase Manathan Bank, etc.), son rééchelonnement est négocié au sein du club de Londres.
La dette augmente chaque fois qu'un déficit public est financé par emprunt. La dette prend le plus souvent la forme d'emprunts d'État, quoique les pays les moins fiables au regard des marchés financiers puissent avoir recours aux banques commerciales ou à des institutions internationales (Banque mondiale, Fonds monétaire international, Banques régionales de développement).
Plusieurs théories ont été développées sur l'endettement d'un pays. Elles vont de la perception même de l'emprunt public à la capacité d'endettement d'un pays. L'endettement de l'État n'a jamais fait l'unanimité chez les économistes. Sa perception varie selon les écoles de pensée. C'est ainsi que certains économistes pensent que la dette peut être nécessaire et même efficace pour le développement d'un pays alors que d'autres rejettent systématiquement l'emprunt public et pensent que tout emprunt public ne peut qu'être nuisible pour les agents économiques.
Les classiques assimilent l'endettement public à un report de l'impôt sur les générations futures et imputent à l'État une connotation négative. Selon RICARDO (1817), les citoyens voient dans l'emprunt un impôt différé dans le temps et se comportent comme s'ils sont contraints de payer un impôt ultérieurement pour rembourser cet emprunt quel que soit le décalage intergénérationnel. En d'autres termes, le comportement des agents économiques est guidé par une anticipation à la hausse des impôts. BARRO (1989) montre qu'une politique de déficit budgétaire financée par l'emprunt reste sans effet sur l'activité économique dans la mesure où les agents ne sont pas victimes de l'illusion fiscale. Ils anticipent alors une hausse des impôts destinés à rembourser l'emprunt en constituant une épargne d'un montant équivalent à l'endettement public. Pour SMITH (1759), la dette est pernicieuse et ne doit pas être encouragée. Elle incite le souverain à des dépenses inutiles et favorise l'irresponsabilité. J.B. SAY (1799) pense qu'il faut limiter l'emprunt public parce qu'en plus d'alimenter la consommation publique destructrice de richesse et de valeur, il fait intervenir le paiement des intérêts. HAYEK (1989) dénonce l'endettement comme étant une croissance artificielle, fondée sur un investissement supérieur à l'effort d'épargne de la nation. Des études empiriques dont celles de KRUGMAN (1988), SACHS (1989), FROOT (1989) et de CALVO (1989) ont montré que l'accumulation de la dette et de son service constituent une taxe sur la production future et découragent l'investissement par l'effet d'éviction. Ainsi, pour les classiques l'État doit tout simplement assurer sa mission régalienne à partir des ressources générées par l'activité économique. Toute intervention de l'État dans l'économie est source de sous-optimalité et de nuisance. Aucun déficit budgétaire n'est justifiable et par conséquent, l'emprunt public n'est pas envisageable. Cependant, d'autres écoles contestent cette pensée et pensent à l'efficacité du financement par l'emprunt, d'un déficit budgétaire justifié et maîtrisé.
II-               l’impact de la dette publique sur l'économie au Maroc
Le déficit public peut stimuler la croissance à court terme, mais apparaît nocif pour la croissance à long terme. Ainsi, confrontés à la spirale de l’endettement public et à l’éventualité d’un défaut souverain, les gouvernements ont resserré leur politique budgétaire, en espérant ainsi consolider leurs finances et la croissance potentielle de l’économie. Le lien entre dette publique et croissance de long terme reste pourtant encore imprécis.
 Une hausse de la dette publique entraîne une baisse du volume d’épargne net au niveau national et par conséquent une hausse des taux d’intérêt. Celle-ci entraîne une chute de l’investissement et un ralentissement de la croissance du stock de capital. La moindre accumulation en capital se traduit par de moindres innovations et par conséquent une baisse de la productivité du travail. Parallèlement, la hausse de l’endettement implique de plus fortes charges d’intérêt qui comprimeront les dépenses productives, notamment l’investissement public en infrastructures, et qui seront éventuellement compensées par une plus forte imposition. Selon la nature des mesures fiscales adoptées, celles-ci peuvent potentiellement affecter la consommation, l’investissement privé ou encore l’offre de travail. L’accentuation du risque souverain entraîne une hausse dans les primes de risque. L’élévation de la dette  alourdit les coûts de financement et menace la solvabilité des finances publiques. Les ménages et les entreprises peuvent aussi être simultanément confrontés à des hausses de taux d’intérêt. Enfin, l’accroissement de la dette publique peut également affecter la croissance en renforçant l’inflation anticipée, l’incertitude et la volatilité macroéconomique.
A-   Les faillites et la fermeture des unités industrielles
Les politiques anti-inflationnistes menées par les pays industrialisés au début des années 1980 ont entrainé une augmentation des taux d'intérêt.  Les emprunts des pays émergents s’envolaient vu qu’ils les ont contractés à des taux variables. Le ralentissement de l'économie mondiale a également entrainé une diminution des exportations des pays émergents et une baisse des cours des matières premières. 
Durant cette période les pays émergents disposaient de peu de devise. Ce qui les a poussés à emprunter d’avantage à des taux d’intérêt élevés pour rembourser leur dette, pour se retrouver devant d’énormes difficultés de paiement.
La hausse de la dette publique peut exercer une influence négative sur l’activité économique de plusieurs manières, d’abord, d’une manière générale, l’augmentation de la dette publique correspond à une diminution de l’épargne positive ou une augmentation de l’épargne négative des administrations publiques, ce qui induit une diminution du volume de l’épargne nationale nette.
 La hausse des taux d’intérêt provoque une réduction des investissements et de la croissance du stock de capital. Il en résulte une moindre productivité du travail. Le ralentissement de l’accumulation de capital freine les innovations, qui améliorent la productivité. Il convient de remarquer que l’incidence sur les taux d’intérêt dépend de l’importance de la région affectée par la hausse de la dette publique. Si cette dernière se limite à une petite économie ouverte, l’incidence qui s’exercera sur les taux d’intérêt de marché sera très modeste. En revanche, si la dette augmente simultanément, l’impact à la hausse sur les taux d’intérêt de marché sera substantiel.
En outre, l’augmentation de la dette conduit à un relèvement des charges d’intérêts. Celles-ci se substituent alors à des dépenses productives. Par exemple des investissements publics d’infrastructures ou sont compensées par une hausse de la taxation et des distorsions qui y sont liées. Selon la mesure fiscale introduite, des effets négatifs peuvent se faire sentir sur la consommation  dans le cas d’une augmentation de la TVA et des accises  sur les investissements privés dans le cas des taxes sur le capital ainsi que sur l’offre de travail dans le cas des taxes sur les salaires.
Enfin, lorsque l’augmentation de la dette conduit à l’émergence du risque souverain, la dette affecte les primes de risque à la hausse. L’augmentation de celles-ci génère un relèvement des coûts de financement qui peut mettre en péril la solvabilité des finances publiques. De plus, cette évolution peut induire une hausse des taux d’intérêt appliqués aux particuliers et aux entreprises. Cette attitude  entraine La faillite et la fermeture des unités industrielles.
B-     Les effets de la dette sur la croissance économique
L’endettement peut contribuer au développement d’un pays endetté. Il lui permet le financement des investissements qui n'ont pu être assurés par l’épargne national. Ainsi, il permet aux agents économiques nationaux et étrangers de procéder à des arbitrages inter temporels mutuellement avantageux, qu'ils n'auraient pas pu réaliser dans une économie fermée. Il peut également déboucher sur une situation défavorable pour le pays, en cas d’une mauvaise utilisation de la dette contractée. Par exemple le financement des investissements ayant une rentabilité douteuse et inadaptée aux besoins locaux, ou bien lorsque les dirigeants du pays détournent à leur profit ces emprunts.
Plusieurs économistes ont longtemps considéré la croissance économique comme étant une croissance exogène. Elle est déterminée par des données naturelles (quantité des ressources non renouvelables disponibles), démographiques (croissance  de  la  population  et  évolution  des  taux d’activité) et par des évènements non maîtrisables (les progrès technique). Elle s’explique par des évolutions qui ne dépendent pas du fonctionnement de l’économie.
L’endettement d’un pays entraine une diminution de l’investissement privé. Parce que les investisseurs domestiques et les investisseurs étrangers potentiels, anticiperont que le remboursement du futur service de la dette sera financé via un accroissement de la pression fiscale. Par conséquent, le rendement attendu du capital après impôt diminue, ce qui tend à décourager l'investissement privé. L’environnement économique du pays qui devient incertain oblige les investisseurs à opérer des investissements dans des secteurs d'activités, où ils espèrent tirer profit dans le court terme. Au détriment des investissements productifs qui ne sont rentables qu'à moyen et long terme.
La dette provoque aussi  une diminution de l’investissement public. Lorsque la dette extérieure est très élevée le pays débiteur  profite très peu de l'accroissement de sa production. Une grande partie de la  production  et des recettes additionnelles est utilisée pour payer le service de la dette extérieure. Les autorités seront moins tentées de supporter des dépenses courantes, si elles pensent que les gains de production escomptés iront en partie à leurs créanciers extérieurs. La stagnation des investissements entraîne alors un ralentissement du taux de la croissance de la production.
CONCLUSION
En somme, la crise financière, qui a éclaté au cours de l’année 2007 et s’est intensifiée en 2008, et la récession économique qui s’en est suivie ont eu des conséquences négatives très importantes sur les finances publiques marocain. En particulier, le taux d’endettement de du pays a connu une nette augmentation.
Depuis le début de la crise financière et économique, les besoins bruts de financement du secteur public ont été très importants. Une partie des dettes, arrivée à échéance, a dû être refinancée. Par ailleurs, les autorités ont également dû lever des fonds pour financer des injections de capital dans le secteur financier mais aussi des déficits budgétaires en forte hausse. Toutefois, jusqu’au milieu de l’année 2010, la forte aversion au risque a généré une demande soutenue pour les titres souverains considérés comme sûrs. Cette demande soutenue et la politique accommodante des banques centrales ont permis à la plupart des pays de bénéficier de taux avantageux. Cependant, depuis le dernier trimestre 2010, les inquiétudes pesant sur la solvabilité de certains pays, entre autres, ont induit une hausse des taux. Ces inquiétudes persistantes, combinées à d’importants besoins bruts de refinancement, pourraient accroître la pression sur les taux.
En outre, le poids de la dette réelle, en incluant la dette garantie par l’État contractée par les entreprises publiques, est de 81 %. Cette dette est insoutenable et insupportable. La soutenabilité de la dette ne peut être réduite à des projections économiques abstraites. Le remboursement de la dette est une hypothèque qui pèse sur les 34 millions de Marocains. Ces citoyens payent directement cette dette avec la sueur de leur front, leurs salaires, l’avenir de leurs enfants. Chaque marocain paie chaque année, au titre du service de la dette, 5000 DH marocain. Qu’il soit un enfant, une personne âgée, un chômeur, femme, toutes les catégories de la population paient cette dette.
Le service de la dette absorbe une partie importante des ressources nécessaires pour les besoins en éducation, santé, logement décent, investissement dans les infrastructures publiques de base, les programmes nécessaires à la croissance économique et au développement social… C’est pour cette raison que la dette publique est insoutenable et insupportable. Son paiement approfondit la crise sociale dont souffre le peuple et pour cette raison il faut exiger la suspension de son paiement
Dans les prochaines années, le Maroc pourrait renouer avec la croissance qu'il a connue avant le Printemps arabe qui a engendré notamment des dérapages au niveau de la fiscalité. Le déficit qui est actuellement de 4,3% du PIB va s'alléger progressivement pour arriver à 3% en 2017 et probablement moins en 2018. Il faut pour cela que le Maroc persévère dans les réformes qu'il mène.

Bibliographie

Ø  Impact de la croissance économique, de l’inflation, des intérêts de la dette, du solde primaire et du taux de change sur l’évolution du taux d’endettement direct du trésor au Maroc ;
Ø  Note de présentation de projet de loi de finance 2016 ;
Ø  Impact économique de la dette publique ;
Ø  L’impact de l’endettement extérieur sur la croissance économique : analyse du cas du Maroc et quelque pays émergents




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