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11/22/2019

La politique d’incitation fiscale: Intérêts et limites


La politique d’incitation fiscale: Intérêts et limites



Le plan du travail :

Introduction
     I.            La politique d’incitation fiscale : aspects et intérêts
1.    Les aspects  de la politique d’incitation fiscale
2.    Les intérêts  de  la politique d’incitation fiscale
 II.            Les incitations fiscales : limites et principe de perfectionnement
1.    Les limites des incitations fiscales
2.     Les principes de perfectionnement de la politique des  incitations fiscales
Conclusion
Références 
.






La politique d’incitation fiscale: Intérêts et limites

INTRODUCTION :
Beaucoup de pays, développés ou en développement, ont mis en place diverses mesures dans l’espoir d’attirer les investisseurs et de stimuler la croissance économique. Il y a toutefois de bonnes raisons de s’interroger sur l’efficacité de certaines incitations comme les zones franches et les exonérations fiscales. En effet, surtout si elles sont inefficaces, les incitations fiscales ne permettent nullement de contrebalancer la médiocrité des conditions offertes aux investisseurs. Au bout du compte, elles diminuent la base de recettes des pays en développement et érodent les ressources dont ils disposent pour agir sur les véritables leviers des décisions d’investissement que sont l’infrastructure, l’éducation ou la sécurité. Les incitations fiscales participent également d’une dimension importante de la compétitivité régionale. Les pouvoirs publics pouvant percevoir comme une menace le fait que les investisseurs se tournent vers des pays voisins, il risque de se produire un phénomène de surenchère dont, en fin de compte, pâtissent tous les pays de la région.[1]
Le système fiscal marocain est très largement utilisé par l’autorité gouvernementale comme levier économique d’incitation, soit à l’investissement de façon générale (charte de l’investissement de 1995), ou à l’investissement plus particulièrement dans tel ou tel secteur (logement économique, offshoring etc.). Certains secteurs bénéficient par ailleurs de fiscalité allégée (taux de TVA ou d’IS réduits) ou sont exonérés (Agriculture). L’ensemble de ces mesures, dont le coût global se chiffre à plus de 32 milliards de DH, ne donnent pas lieu à des analyses périodiques quant à leur efficacité, ou à l’effet d’éviction qu’elles peuvent induire en favorisant un secteur productif par rapport à d’autres[2].
La logique de l’encouragement de l’entreprise grâce aux incitations fiscales s’est amplifiée pendant la dernière décennie, surtout avec la mise en place des exonérations, au bénéfice de nombreux secteurs et activités, tels que l’immobilier, le secteur financier, les exportations, les mines, le tourisme
Dans la pratique, la fiscalité au Maroc est restée un domaine en perpétuelle réforme, ainsi, à chaque loi de finance, des nouveautés sont introduites, dans une logique d’incitation économique nouvelle ou pour répondre au souci de tel ou tel secteur économique, ou telle catégorie sociale[3]
Mais qui sont les aspects de la politique d’incitation fiscale?qui sont ses intérêts ?ses limites ?comment peut-on mener une politique fiscale très efficace en la matière ?






 Je vais traiter cette problématique en se basant sur le plan suivant :
Introduction
      I.            La politique d’incitation fiscale : aspects et intérêts
1.    Les aspects  de la politique d’incitation fiscale
2.    Les intérêts  de  la politique d’incitation fiscale
  II.            Les incitations fiscales : limites et principe de perfectionnement
1.    Les limites des incitations fiscales
2.     Les principes de perfectionnement de la politique   des incitations fiscales
 Conclusion












      I.            La politique d’incitation fiscale : aspects et intérêts

Pour bien examiner la politique d’incitation fiscale, il faut d’abord déterminer ses aspects(1) avant de traiter ses intérêts(2).
1.     Les aspects d’incitation fiscale :
Les incitations fiscales recouvrent l’ensemble des mesures consistant à accorder un traitement fiscal plus favorable à certaines activités ou à certains secteurs que celui appliqué aux autres pans de l’économie[4], et ce à travers plusieurs aspect et mécanismes :
v L’amortissement fiscal, constitue elle-même une incitation à l’investissement, elle contribue à réduire le coût de l’investissement d’un pourcentage égal au taux de l’impôt soit 35 % pour les entreprises soumises à l’impôt sur les sociétés. Ce taux peut aller jusqu’à 44 % pour les entreprises soumises à l’impôt général sur le revenu[5].
v Nous constatons que l’amortissement constitue un instrument d’incitation par excellence en raison de l’incidence directe qu’il exerce sur l’investissement tant en ce qui concerne son coût que sa rentabilité.
v Les manipulations de l’imposition : qui ont pour effet de réduire le montant de l’impôt ainsi que les provisions pour investissement dont le but est de permettre aux entreprises de constituer en franchise d’impôt le capital à investir.[6]

v Allègements fiscaux et investissement

Ø Le dispositif fiscal comporte des mesures d’incitation qui agissent aussi bien sur le coût de l’investissement que sur sa rentabilité ou le coût de son financement, ces mesures d’allègement fiscal sont utilisées par les pouvoirs publics pour réaliser un certain nombre d’objectifs d’ordre économique et social , telle la relance de l’économie, l’incitation des entreprises à investir et la promotion du développement régional ou sectoriel etc. Ces mesures d’incitation peuvent être résumées comme suit :
·        En matière d’impôt sur les sociétés :
-         Exonération de 50 % accordée aux sociétés agricoles au titre des bénéfices provenant des cultures céréalières, oléagineuses, sucrières, fourragères et cotonnières.
-         Exonération de 100 % accordée aux entreprises exportatrices de produits ou de services pour une période de cinq ans à partir de la première opération d’exportation. Cette exonération est ramenée à 50 % au-delà de la période de cinq ans précitée.
-         Exonération de 50 % pour les entreprises minières pendant les cinq premières années d’activité.
-         Réduction de 50 % de l’impôt sur les sociétés pendant les cinq premiers exercices d’activité pour les entreprises autres que les établissements stables des sociétés n’ayant pas leur siège au Maroc, les établissements de crédit, BANK AL MAGHRIB, la Caisse de Dépôt et de Gestion, les sociétés d’assurances et de réassurances et les agences immobilières.

Ø Ces entreprises autres que celles qui viennent d’être citées bénéficient donc de la réduction de 50 % à raison des activités exercées dans des préfectures ou provinces bien déterminées compte tenu des deux critères suivants :

o   Le niveau de développement économique et social
o   La capacité d’absorption des capitaux et des investissements dans la région, la province ou la préfecture.
o   Les entreprises artisanales ainsi que les établissements privés d’enseignement ou de formation professionnelle bénéficient également d’une réduction de 50 % de l’impôt sur les sociétés pendant les cinq premières années d’activité.
Ø Outre le secteur agricole qui est exempté à 100 %, les mêmes exonérations sont applicables en matière d’impôt général sur les revenus des personnes physiques (catégorie revenus professionnels).
Ø D’autres mesures prévues par le même dispositif fiscal permettent à certaines entreprises de constituer en franchise d’impôt des provisions dans la limite d’un certain pourcentage du bénéfice ou du chiffre d’affaires et sous certaines conditions ce qui signifie que l’Etat prendra en charge une partie de l’investissement à réaliser à raison du taux de l’impôt.[7]

v Incitations fiscales et manipulation des comportements :

L'interventionnisme fiscal est pratiqué, de manière massive, depuis très longtemps, mais il avait surtout une vocation économique et sociale[8]. Dans la période récente les incitations fiscales sont de plus en plus utilisées pour décourager les activités nuisibles ou encourager les activités socialement appréciées de manière positive.[9]
la fiscalité verte ou environnementale est une  nouvelle pratique visant à changer les comportements des agents par le recours à des mesures d’incitation fiscales, négatives ou positives soient elles.

La mise en place de la fiscalité verte comme instrument budgétaire s’appuyant sur les activités et les industries polluantes doit en principe permettre aux pouvoirs publics de disposer d’un potentiel de recettes budgétaires et particulièrement de favoriser le développement des industries moins productrices de la pollution.

L’analyse du système fiscal et financier marocain a permis de relevé l’existence de :
v Impôts et taxes ayant un soubassement environnemental ;
v Exonérations et réductions fiscales encourageant la protection de l’environnement ;
v Fonds qui subventionnent la protection de l’environnement.[10]

Les principales exonérations et réductions fiscales favorables à l’environnement qui ont été adoptées au Maroc sont :
·        La réduction de la TVA sur la location des compteurs d’eau et d’électricité.
·        La réduction de la TVA sur la voiture économique.
·        La suspension de la TVA à l’importation sur le gaz butane.
·        La réduction de la TVA sur les chauffe-eaux solaires.
L’exonération totale et permanente des revenus des plantations sylvestres, non fruitières destinées à préserver les sols de l’érosion due aux vents et aux pluies[11].

2.    Les intérêts  de  la politique d’incitation fiscale
La politique d’incitation fiscale se caractérise par plusieurs avantages, parmi lesquels on peut citer :
Ø Bénéfices accrus : les investisseurs bénéficient de taux de rentabilité plus élevés qui leur permettent de réinvestir davantage de profits
Ø Aspect pratique : les incitations influencent, outre les recettes fiscales, des objectifs économiques tels que la création d’emplois ou le développement de régions défavorisées
Ø Signal positif : les incitations illustrent la volonté d’un pays de faciliter l’investissement
Ø Mobilité des capitaux : le taux d’imposition effectif des capitaux doit être faible pour attirer les capitaux étrangers et dissuader l’épargne intérieure de quitter le territoire national
Ø Concurrence fiscale : le choix est le suivant : accorder des allègements fiscaux similaires à ceux qu’offrent la concurrence ou se résigner à perdre des investissements
Ø Pallier des lacunes : infrastructure coûteuse ou peu fiable, instabilité macroéconomique ou système judiciaire défaillant
Ø Recettes fiscales additionnelles : si les investisseurs choisissent d’investir ailleurs faute d’incitations fiscales, il n’y a pas de pertes de recettes directes, mais, en cas d’incitations, des recettes additionnelles peuvent être dégagées de façon indirecte (grâce à la création d’emplois, par exemple).
Ø Avantage politique : le coût des incitations fiscales est moins visible que le prix de mesures en faveur de l’investissement nécessitant des dépenses budgétaires évidentes[12].

   II.            les incitations fiscales : limites et principes de perfectionnement

Pour mieux comprendre l’efficacité des incitations fiscales il faut concevoir ses limites(1) pour mieux chercher les mécanismes susceptibles de perfectionner la politique fiscale(2).

1.     Les limites de la politique des incitations fiscales :

Bien que les incitations fiscales à l’investissement soient très largement utilisées, les analyses coûts-avantages qui leur sont consacrées ne sont guère exploitables pour faciliter la prise de décisions par les pouvoirs publics. On ne dispose que de données limitées sur les incitations fiscales accordées, sur les investissements réalisés en ayant bénéficié, sur les bénéfices directs et indirects qu’elles ont procurés à l’économie[13].
Malgré les expériences du passé au plan du rôle de la fiscalité en politique économique, tant au Maroc qu’ailleurs, on continue à accorder à l’instrument fiscal un rôle incitatif. ; encourager l’introduction en Bourse ;  développer le logement social ; baisser les prix des médicaments (TVA ou TIC, etc. ) ; attirer les investissements étrangers, etc.
Or, l’expérience montre que de telles démarches n’aboutissent qu’à créer des distorsions et des inégalités qui s’ajoutent à celles de nature structurelle et systémique, sans atteindre les objectifs pour lesquels les incitations ont été conçues.
Toutes les études effectuées par les organisations internationales montrent que la fiscalité arrive, selon les cas, entre le 5e et le 8e rang parmi les facteurs attractifs de l’investissement.
Les véritables incitations résident dans l’existence d’un marché liée aux solutions à apporter aux problèmes structurels de la demande intérieure et extérieure et aux capacités d’une offre à qualité-prix raisonnable :

Ø Le secteur dit «informel» : relève d’un véritable amalgame. On a l’impression que l’on mélange entre, d’une part, des activités qu’on peut qualifier de populaires ou artisanales, qui constituent de véritables soupapes d’équilibre social et méritent d’être encadrées et appuyées, et, d’autre part, des activités qui doivent être qualifiées d’illégales et que l’Etat doit combattre au lieu de leur donner des incitations fiscales au prétexte de les «inciter» à observer la légalité. 
Ø L’introduction en Bourse : nécessite d’abord que l’entreprise réponde aux critères qualitatifs au niveau du processus de fabrication et de la certification, de l’audit juridique, fiscal, financier et comptable. Si ces critères et les normes auxquelles ils doivent répondre ne sont pas réunis, à quoi servirait l’incitation fiscale ? De plus, l’entrée en Bourse est un choix de financement manifesté par les dirigeants, dans un souci d’équilibre de financement entre crédit et marché financier, dont l’essence est dans la réglementation monétaire et bancaire et non d’ordre fiscal.
Ø Le logement social et la lutte contre l’habitat insalubre : est un problème de pouvoir d’achat, de moyens financiers tout court, et de spéculation immobilière qui a renchéri outre mesure les prix des terrains, spéculations dont les causes auraient pu être éradiquées par l’Etat. De plus, il y a bien eu des incitations fiscales à l’immobilier (programme des 200 000 logements) qui ont plus servi à développer le «noir» qu’à faire profiter les petites, voire les moyennes bourses[14].

Ø La multiplication des mesures fiscales incitatives  s’est traduite par une subvention importante de l'Etat. Ces subventions risquent de ne pas profiter aux entreprises en difficultés qui ont le plus besoin de soutien pour restaurer leur rentabilité et pour effectuer leur mise à niveau.[15]

Ø L’exonération ou les déductions au titre de la taxe urbaine et de la patente pour incitation à l'investissement privent les budgets locaux de recettes importantes non compensées.[16]

Ø Les incitations via les taux réduits de l’IS ne sont pas efficaces, le problème de l’informel étant aussi et surtout lié à la TVA et à la charge fiscale et sociale pesant sur les salaires[17].

Ø Lorsque plusieurs ministères sont concernés, la coordination de leurs dispositifs d’incitation (fiscaux et non fiscaux) n’est pas toujours assurée, pas plus que la coordination avec les services de l’administration fiscale nationale, d’où des recoupements, des incohérences et des contradictions. Le pouvoir discrétionnaire de l’administration dans la gestion des mesures d’incitation aggrave en outre sérieusement le risque de corruption et de recherche de rentes[18].
Ø Pertes de recettes fiscales : les recettes perdues sont tout bonnement perçues par le pays de résidence de l’investisseur; les investisseurs exonérés ravissent des débouchés aux investisseurs imposables
Ø Déperdition de recettes du fait de l’évasion fiscale (frauduleuse ou non) : les mécanismes d’évasion fiscale basés sur les avantages fiscaux réduisent l’assiette fiscale.
Ø Incidence sur l’administration de l’impôt : détournement de ressources administratives au détriment des activités de recouvrement et de répression visant les investisseurs soumis à un régime fiscal non préférentiel
Ø Coût économique des ajustements budgétaires : soit les contribuables paient davantage d’impôts pour compenser les pertes de recettes fiscales dues aux incitations, soit l’État a recours à d’autres formes (coûteuses) de financement
Ø Distorsions économiques : les incitations peuvent réduire l’efficience et la productivité
Ø Iniquité fiscale : les inégalités créées peuvent affaiblir le civisme fiscal de la population en général
Ø Manque de transparence : les incitations fiscales pèchent par manque de transparence et n’encouragent pas la responsabilisation
Ø Malversation politique : l’aspect financier des incitations fiscales peut encourager la corruption et les malversations politiques.[19]

1.     Les mécanismes de perfectionnement de la politique  d’incitation fiscale :

le Groupe de travail de l’OCDE sur la fiscalité et le développement s’est aperçu de la nécessité d’instituer, à l’échelle mondiale, un cadre plus efficace pour garantir la transparence des incitations fiscales à l’investissement, cadre ayant vocation à promouvoir la transparence des processus de décision et l’enrichissement des informations disponibles sur les coûts et les avantages des incitations, à restreindre le risque d’arbitraire et à renforcer la reddition de comptes.
Les pouvoirs publics doivent s’efforcer de :
Ø Publier une liste de toutes les incitations fiscales à l'investissement mentionnant leurs objectifs à l’intérieur du cadre en régissant le fonctionnement. Une incitation fiscale n’est octroyée que si elle s’inscrit dans un cadre global où sont définis les principes et les objectifs présidant à sa mise en place ou à son maintien. Les pouvoirs publics justifient son adoption (développement régional/territorial, création d’emplois, etc.) et indiquent les coûts et les bénéfices à en attendre. Ces données sont communiquées dans un rapport régulièrement mis à jour, pouvant servir de référence pour évaluer les résultats obtenus, mettre en évidence les situations où les mesures d’incitation se recoupent ou font double emploi, et permettent aux pouvoirs publics de rendre compte de leurs décisions en matière d’incitations fiscales.
Ø  Faire en sorte que les incitations fiscales à l'investissement ne soient instituées que par la voie de la législation fiscale.
Ø Les incitations fiscales doivent être aussi simples que possible tant pour les candidats demandant à en bénéficier que pour les services chargés de les gérer.
Ø  toutes les incitations fiscales à l'investissement soient du ressort d’un organe administratif unique.
Ø Veiller à ce que les incitations fiscales à l'investissement soient approuvées par le Législateur ou par le Parlement. Les incitations fiscales instituées par décret ou en vertu de décisions individuelles qui ne sont pas soumis à l’examen du Législateur n’offrent pas une transparence suffisante sur leur fonctionnement, ni sur les conditions dans lesquelles il est possible d’en bénéficier.
Ø  Administrer les incitations fiscales à l'investissement de manière transparente. Une fois que les dispositions instituant une incitation fiscale ont été actées, tout contribuable peut prétendre en bénéficier dès lors qu’il satisfait aux critères fixés, sans avoir à négocier avec les services concernés.
Ø  Procéder périodiquement à des examens des incitations fiscales en vigueur destinés à évaluer dans quelle mesure elles remplissent les objectifs annoncés. Une fois instaurées, les incitations fiscales demeurent généralement en place dans les textes à moins que ceux-ci ne soient abrogés ou ne comportent une clause de caducité automatique. Il est donc indispensable de procéder régulièrement à des évaluations de ces dispositifs, tous les 3 ou 4 ans par exemple.
Ø  Repérer, si possible, dans un rapport régulier sur les dépenses fiscales les principaux bénéficiaires des incitations fiscales à l'investissement, ventilés par dispositifs fiscaux spécifiques. Il est possible qu’un petit nombre d’investisseurs ou de secteurs s’adjugent la plus grande part du bénéfice des incitations fiscales. Le rapport sur les dépenses fiscales est suffisamment détaillé pour permettre aux responsables de l’action publique de repérer les secteurs qui bénéficient de dispositifs fiscaux spécifiques.
Ø Collecter les données de manière systématique afin d'alimenter le rapport sur les incitations fiscales à l'investissement et de suivre les effets globaux et l'efficacité de chaque mesure d’incitation.
Ø Intensifier la coopération régionale afin de prévenir la concurrence fiscale dommageable. Dans de nombreux cas, des incitations sont mises en place en réaction aux mesures que les pays voisins ou concurrents ont eux-mêmes instituées ou qu’ils sont censés avoir instituées. La question des incitations fiscales ne saurait être abordée par un pays agissant isolément. Les États peuvent œuvrer de concert, à l’échelle régionale, au renforcement de la coopération en matière fiscale afin d’éviter un phénomène de surenchère.[20].

CONCLUSION :
Malgré l’importance des incitations fiscale, elles se heurtent à de sérieuses limites minimisant leur impact.
D’après une étude menée au sein de l’ISCAE, les incitations fiscales en tant que telles ont peu d’impact sur la décision d’investissement ; en effet pour 60 % des entreprises étudiées les incitations fiscales constituent un critère secondaire de la décision d’investissement. Ceci s’explique par les facteurs suivants :
Ø D’abord, les entreprises considèrent que la rentabilité est le critère déterminant de la décision d’investissement, ensuite, la lenteur administrative constitue un facteur contraignant et enfin parce que les incitations fiscales sont insignifiantes.
Ø Les incitations fiscales à l’investissement semblent peu attrayantes pour les entreprises et restent une préoccupation secondaire pour les dirigeants.[21]

Les véritables incitations résident dans l’existence d’un marché, intérieur ou international, où peut s’exprimer une demande solvable. C’est d’ailleurs la démarche de tous les gouvernements devant la crise internationale ; L’histoire des faits économiques et de la pensée économique, ainsi que les différentes théories économiques nous enseignent que les mécanismes du marché, pour être rationnels et optimaux, ne doivent pas souffrir de distorsions notamment au niveau de la formation des prix et de la répartition. Aussi, la fiscalité doit-elle éviter de créer de telles distorsions et se consacrer à remplir son double rôle fondamental :
celui de procurer à l’Etat les ressources nécessaires au financement de ses activités, dans un souci d’allocation optimale des ressources ; 
celui de corriger par une démarche rationnelle de redistribution, les inégalités engendrées par le marché dans la répartition de la valeur ajoutée.[22].

BIBLIOGRAPHIE :
Ø OECD, (Organisation de développement et de coopération économiques), FISCALITÉ ET DÉVELOPPEMENT, http://www.oecd.org/fr/ctp/fiscalite-internationale/principes-pour-ameliorer-la-transparence-et-la-gouvernance-des-incitations-fiscales.pdf.
Ø Le conseil économique et social, Le système fiscal marocain, développement économique et cohésion sociale,2012
Ø Rachid M’RABET, Fiscalité Et Comportement d’investissement, Les Cahiers De Recherche De ISCAE,N16, Novembre 2006,
Ø Gilbert Orsoni , L'interventionnisme fiscal, PUF, Paris,1995.
Ø Jean-Marie Monnier La politique fiscale : objectifs et contraintes
Ø Nabil BOUAYAD AMINE& Khalid ROUGGANI et Khalid FALHAOUI, La fiscalité verte au Maroc :Etat des lieux et perspectives, (GREMID)Groupe De Recherche En Management Et Ingénierie De Développement,p.06. http://www.ucam.ac.ma/gremid/communication_EFM_2015/BOUAYAD%20&%20all.doc. consulté le 16-05-2015 à 01 :11
Ø Abderrahmane Ouali, Démystifier le rôle de l'incitation fiscale, revue lavieeco, http://www.lavieeco.com/news/debat-et-chroniques/demystifier-le-role-de-l-incitation-fiscale-12896.html, consulté le 15-05-2015 à 00 :11
Ø Direction des Etudes  et des Prévisions financières, Le système fiscal marocain : diagnostic et défis, Juillet 1999.
Ø SBIHI Mohamed, DECENTRALISATION FISCALE: L'EXPERIENCE MAROCAINE, Centre Nationale De Documentation, consulté le 16-05-2015 à 02 :11.





[1] oecd, (Organisation de développement et de coopération économiques), FISCALITÉ ET DÉVELOPPEMENT, http://www.oecd.org/fr/ctp/fiscalite-internationale/principes-pour-ameliorer-la-transparence-et-la-gouvernance-des-incitations-fiscales.pdf.
[2] Le conseil économique et social, Le système fiscal marocain, développement économique et cohésion sociale,2012,p.07-08.
[3] Le conseil économique et social, Le système fiscal marocain, développement économique et cohésion sociale,2012,p.07.
[4] oecd, (Organisation de développement et de coopération économiques), FISCALITÉ ET DÉVELOPPEMENT, http://www.oecd.org/fr/ctp/fiscalite-internationale/principes-pour-ameliorer-la-transparence-et-la-gouvernance-des-incitations-fiscales.pdf.
[5] Rachid M’RABET, Fiscalité Et Comportement d’investissement, Les Cahiers De Recherche De ISCAE,N16, Novembre 2006,p.3
[6] Rachid M’RABET,op.cit,p.03
[7] Rachid M’RABET,op.cit,p.05-07.
[8] Gilbert Orsoni (1995), L'interventionisme fiscal, Paris, PUF.
[9] Jean-Marie Monnier La politique fiscale : objectifs et contraintes,p.04.
[10] Nabil BOUAYAD AMINE& Khalid ROUGGANI et Khalid FALHAOUI, La fiscalité verte au Maroc :Etat des lieux et perspectives, (GREMID)Groupe De Recherche En Management Et Ingénierie De Développement,p.06. http://www.ucam.ac.ma/gremid/communication_EFM_2015/BOUAYAD%20&%20all.doc.
[11] Nabil BOUAYAD AMINE& Khalid ROUGGANI et Khalid FALHAOUI ,op.cit,p.10
[12] Andrew Masters, Étude de cas sur les incitations fiscales, Séminaire de haut niveau organisé par l'Institut du FMI en coopération avec l'Institut multilatéral d'Afrique TUNIS, TUNISIE,28FÉVRIER–1ERMARS2006.
[13] oecd,op.cit
[14] Abderrahmane Ouali, Démystifier le rôle de l'incitation fiscale, revue lavieeco, http://www.lavieeco.com/news/debat-et-chroniques/demystifier-le-role-de-l-incitation-fiscale-12896.html
[15] Direction des Etudes  et des Prévisions financières, Le système fiscal marocain : diagnostic et défis, Juillet 1999.
[16] SBIHI Mohamed, DECENTRALISATION FISCALE: L'EXPERIENCE MAROCAINE,

[17] Le conseil économique et social, Le système fiscal marocain, développement économique et cohésion sociale,2012,p.12.
[18] oecd,op.cit
[19] Andrew Masters, Étude de cas sur les incitations fiscales, Séminaire de haut niveau organisé par l'Institut du FMI en coopération avec l'Institut multilatéral d'Afrique TUNIS,TUNISIE,28FÉVRIER–1ERMARS2006.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                          
[20] oecd,op.cit
[21] Rachid M’RABET,op.cit,p.11-15
[22] Abderrahmane Ouali, Démystifier le rôle de l'incitation fiscale, revue lavieeco, http://www.lavieeco.com/news/debat-et-chroniques/demystifier-le-role-de-l-incitation-fiscale-12896.html

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