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11/29/2019

Les approches de la science politique


Les approches de la science politique

Il est évident que la science politique s’intéresse à tous les aspects politiques de la vie de l’Homme, ainsi il se représente comme un ensemble de règles et de connaissances ayant pour objet l’explication du phénomène du pouvoir politique ainsi que les relations étroites existant entre les différents acteurs sociaux politiques. Cet aspect de multitude des acteurs fait de la politique une science étudiable de plusieurs angles.
Depuis l’ancienne cité grecque[1] les philosophes commençaient de se poser des questions sur les qualités de ceux qui doivent gouverner ainsi que les types de régimes politiques et leurs caractéristiques. En effet ses pensées ont pour objet de permettre à l’Homme de choisir et appliquer le « bon régime » et en écarter le « mauvais ». 
Après quelque temps ces idées ont été influencées par la religion qui en a ajouté son apport divin. Dans une autre aire une nouvelle pensée a fait son apparition avec le contractualisme. Ces pensée basait sur un contrat théorique conclu, d’une part, par les Hommes de l’état de nature afin de choisir un gouvernant et, d’autre part, entre les Hommes et le gouvernant choisi pour en octroyer certaines prérogatives par contre partie comme quoi il garantis leur sécurité, et ainsi  ils passent à un état civil.
Certes, ces idées de contractualisme ont engendré un certain libéralisme qui a fait plus tard l’objet de la critique des marxistes socialistes et autres. De même la démocratie fut elle-même l’objet de certaines critiques[2].
Dans ces derniers siècles, le conflit des idéologies concurrentes : libérales ou socialistes, républicaines ou anarchistes, révolutionnaires ou conservatrices, constitue la trame du débat politique contemporain. En effet, la multiplicité des acteurs politiques da la scène politique actuelle[3] à susciter, en parallèle, une multiplicité des approches et des écoles.
Or, cette multitude d’approches rend leur étude plus difficile, car une seule approche peut faire l’objet d’une synthèse toute entière. C’est pour cela que dans notre analyse on va développer des idées plus essentielles que d’autre et on va s’intéresser aux caractéristiques de chaque approche. Ainsi pour, faciliter un peu la tâche, on va classer dans cinq catégories[4] : les approches individualistes, les approches interactionnistes, les approches structurelles, les approches génétiques et enfin les approches identitaires.


Il s’agit des approches se basant sur l’individu. Selon Charles Tilly, la comparaison individualisante a pour but de comparer plusieurs cas par rapport à un seul thème. On compare un cas spécifique dont on veut montrer la particularité, à d'autres cas différents. C'est une méthode de recherche à ambition idiographique[5].
On en distingue ; l’individualisme méthodologique, les choix rationnels, les analyses stratégiques, le cognitivisme et le comportementalisme.
Selon cette approche tout phénomène social ne peut être étudié que en se basant sur les comportements individuels des individus qui y sont impliqués, car c’est ces comportement et ces interactions qui permettent le changement en dépit des contraintes sociales et structurelles. En autre, cette approche repose sur la logique, selon cette école le changement social est indéterminément possible.
Mais l’individualisme méthodologique est souvent critiqué de fait que l'individu ne poursuit toujours des objectifs clairs et que l'agrégation des conduites individuelles n'est pas toujours transitive
Cette approche trouve son origine en économie, un consommateur et supposé être guidé par la logique et non pas par les émotions. En science politique cette approche vise à expliquer les faits politiques (élections, partis, manifestations, grève...) par le comportement des agents économiques censés d'être rationnels. Elle n'échappe plus de critiques de fait qu’elle n'explique pas tout et qu'elle néglige les faits contraires aux prévisions.
Cette approche repose sur une sorte de calcul mathématique afin de trouver les solutions aux cas où ils existent plusieurs probabilités. Il faut donc anticiper la réaction des autres acteurs (joueurs) et ainsi faire une sorte de prévision. En revanche cette approche est critiquée du fait qu’elle donne plus d’importance aux jeux coopératifs et néglige ceux répétés dans le temps et ayant plusieurs acteurs et plusieurs joueurs.
Cette approche se repose sur une relation évidente entre la nature et la culture tant que les affects et la raison. Parmi ses  idées principales le caractère déterminant des perceptions.
Souvent critiquée pour ces limites méthodologiques, cette approche semble pouvoir être appliquée avec succès à l'étude de l'Union européenne[6].
Celle-ci suppose que dans les mêmes situations, les mêmes comportements se reproduisent, c’est ainsi que, à titre d’exemple, dans l’habitude de vote, l’identification partisane est précoce et  durable. A la différence de l’approche rationaliste, un trop grand nombre d’acteurs doivent être réunis pour l’expliques. Mais cette conception se concentre plus  sur des réflexes conditionnés et néglige ainsi les intentions et les agrégations de conduites.

Il s'agit d'une conciliation de l'individualisme, le rationalisme et l’holisme[7]. On en distingue l’interactionnisme symbolique, l’interactionnisme stratégique et le pragmatisme.
Cette approche donne plus d’importances aux symboles. Le langage qu’il soit verbal ou gestuel est donc d’une très grande importance de ce fait qu’il est un échange de symboles sans erreurs et avec compréhension. Mais cette importance accordée au langage passe sans que l’interactionnisme symbolique puisse établir des liens entre les microdécisions de la vie quotidienne et la chose publique.
Cette approche et moins individualiste que les autres, ici l'agent et la structure, les actes et les contraintes, sont réunis. Les conduites sont à la fois structurantes et structurées. En revanche cette école n'explique pas clairement le changement social qui demeure difficile à saisir et elle ne donne plus une certaine spécificité au champ politique.
Cette approche donne plus d’importance aux intérêts particuliers en ce sens que tout comportement, toute action ne doit être justifié que par l’intérêt. Les individus concernés par une institution peuvent en valider. Il faut donc faire des coalitions avec l’autrui mais toujours dans le cadre des intérêts particuliers. Mais dans cette conception les institutions ne comptent que dans le sens que l’on prête.

Ces approchent dépassent l'individualisme et font en sorte que l'objet de la science sociale est la société prise comme un ensemble et accessoirement les individus. Ce qui importe dans ces écoles c'est l'influence des organisations, de l’environnement international... On en distingue alors le matérialisme, le fonctionnalisme, le structuralisme et le systémisme.
C’est la plus ancienne et elle accorde plus d’importance à l’économie. Selon cette approche les lois de l’histoire ne viennent plus de la superstructure (croyances idéologique et religieuse) mais viennent de l’infrastructure c’est-à-dire de l’économie (métallurgie, marché, machines…). Ce n’est plus la société qui détermine ces lois mais, au contraire, c’est elles qui forge la société et celle-ci en subie. Cette approche s’inspire évidemment du marxisme qui en est partie et reconnait le rôle du prolétariat. Mais elle privilège les intérêts et néglige les idées.
Cette approche repose sur la notion de la fonction comme déterminante principale. De ce fait, la fonction d’un usage particulier est la contribution qu’il apporte à la vie sociale considérée comme un ensemble de fonctions.
Le fonctionnalisme implique une vision globale des phénomènes sociaux. On distingue le fonctionnalisme absolu et le fonctionnalisme remanié[8]. Le deuxième corrige les idées du premier qui se base sur une unité, universalité et nécessité fonctionnelle. C’est à dire qu'un élément est un tout cohérent qui doit obligatoirement avoir une fonction. Le fonctionnalisme est critiqué du fait qu’il tend, comme le néo-fonctionnalisme, à mettre l’accent sur le consensus et la concorde que sur le conflit[9].
Cette approche part d’une critique étendue aux autres approches surtout le fonctionnalisme et repose sur la notion de la structure. Cette dernière se rapporte à la lumière dont une chose est construite, dont les éléments d'un tout sont agencés par rapport aux autres.
Selon cette approche toute conduite humaine individuelle ou collective, consciente ou inconsciente repose sur un "système général de l'action" se situant dans un contexte physique, social, culturel...
Du même l'organisation sociale résulte du système social et du système culturel et l'interaction entre ces deux système. Chaque système ou sou système système agit vis à vis son enivrement par les "fonctions".
Dans cette conception, toute chose est un système et un ensemble d’éléments en interaction qui constituent un tout employant des ressources et informations pour s’adapter avec l’environnement.
L'autre volet de la problématique d'Easton est de réussir à conceptualiser le changement en le présentant comme une condition de la stabilité. Il pense que le système politique, pour survivre, doit s'adapter aux changements qui surviennent dans l'environnement. Contrairement aux thèses défendues par les conservateurs, il fait du changement une condition du maintien de l'ordre. Il y a perturbation et instabilité lorsque le système n'arrive pas à s'adapter[10].
Selon D. Easton la politique est "l’ensemble des interactions par lesquelles les objets de valeur sont répartis par voie d'autorité dans une société"[11]. Pour lui le système politique (boite noire) reçoit de son environnement, interne ou international, des exigences et des soutiens (inputs) pour formuler des décisions et des actions (outputs).

Les pères fondateurs de ces approches tels Tocqueville, Marx, Weber ou Durkheim sont les premiers comparatistes à utiliser l'approche génétique. Dans sa version moderne, Charles Tilly décrit l'approche historique comme étant destinée à étudier les grandes structures, les vastes processus et les immenses comparaisons. Selon lui, l'approche suit le raisonnement des pères fondateurs, concentrés sur l'évolution des sociétés vers la modernité.
Ces approches comparent des phénomènes importants mais sans vouloir trouver de conclusion trop généralisant. Les événements historiques sont de principale importance. Mais cette approche ne consiste pas seulement en la narration d'événements passés. L'analyse critique de la conjoncture, des moments clefs ainsi que des séquences d'apparition est centrale. Les démarches d'interprétation et de causalité sont empruntées. L'approche historique a été formalisée au début du vingtième siècle, a diminué en importance lors de l'essor du behaviorisme et est réapparue dans sa version modifiée après la décadence du behaviorisme dans les années 80[12].
En effet on en distingue l’approche de l’histoire progressive, la sociohistoire et la sociologie historique comparative.


Elle ne se contente pas à une relation des événements passés mais elle part du présent pour remonter au passé et apporter ainsi des critiques, des questions ainsi que des solutions aux conjonctures actuelles. Elle a aussi des inconvénients du fait que l’interprétation du passé est libre et qu’elle privilège le présent.
Dans cette approche génétique, le retour à l’histoire est justifié par le rejet de l’évolutionnisme du développement et de la modernisation. Elle refuse les distinctions faites de l’histoire politique dans la séparation du politique et économique et social, public et privé, le global et le local… ainsi une institution peut être maitrisée de ces conflits initiaux. Mais comme vice de cette approche, une telle comparaison historique n’influence pas forcément une comparaison dans l’espace.
Contrairement à la précédente, cette approche fait une double comparaison dans le temps et dans l’espace. Ces auteurs se basent sur des comportements collectifs et massifs comme la révolution. Ses comparaison n’est pas délimitée ni dans le temps ni dans l’espace et de ce fait il traverse toutes les frontière temporelles et géographiques

Ces écoles se basent sur l'identité («qui est américain ?»), il s'agit de de définir puis stabiliser une image internationale, la faire vivre en cherchant à être à la hauteur des buts qu'elle incorpore c'est construire, constituer et vouloir changer le monde[13]. Dans ces théories centrées sur l'identité on trouve souvent le constructivisme, l'institutionnalisme et le postmodernisme.
Cette approche part d’une critique étendue aux autres approches et se base sur la coconstruction mutuelle des choses, c’est une approche idéaliste reposant sur l’image de  soi des individus, des groupes, et des Etats… mais cette approche se trouve très interprétative au lieu d’être explicative et n’est pas plus opérationnelle.
L'approche institutionnaliste est l'approche la plus riche et la plus ancienne. Elle se base comme son nom l'indique sur les institutions. Comment celles-ci se comportent et les règles de jaux qui en s’imposent ainsi que. Elle trace les cadres de l’action politique, les structures des opportunités des et des rapports entre les « principaux » et les « agents »
Il s’agit de savoir comment les institutions influencent le comportement et où se situent l'origine et le changement de ces institutions[14]. Mais cette approche manque une distinction claire entre les institutions (idées, normes, procédures et règles…) et les organisations (firmes, ateliers, administration, organisations internationales et ONG…)
Cette approche part d’une critique de positivisme et se fonde sur une réévaluation des récits indigènes en ce sens de mettre en doute le progrès, la science, la  technique et tous les savoirs et les valeurs d’Occident qui en sont les porteurs. Elle est souvent critiquée de mélange des gens et des époques ainsi que de confonde des langages…





















MONIÈRE Denis, GUAY Jean Herman, "Introduction aux théories politiques", Montréal : Québec, Amérique, Éditeur, 1987.
WILD Ronald, "Science Politique : Concepts et théories", Université de Lausanne, Année scolaire 2009-2010.


1. Ivo Rens, Histoire des doctrines politiques, Université de Genève, Faculté de droit, département d’histoire du droit et des doctrines juridiques et politiques, 31 mai 2000, p.20.

[2]. Surtout avec Alixis De Toucqueville qui a expliqué, dans son ouvrage « La démocratie en Amérique » comment la démocratie aboutis à un  désintéressement des citoyens ce qui donne aux démagogues la possibilité d’agir pour leurs intérêts particuliers et par conséquent on arrive à  une tyrannie de la majorité.

[3]. Surtout avec l’apparition de nouveaux acteurs politiques à savoir les partis politiques, les associations, les syndicats, les Lobis, …

[4]. SCHEMEIL Yves, introduction à la science politique : objet, méthodes, résultats, Presses de Science Po et Dalloz, 2010, p.235.
[5]. GAZIBO, M. JENSON, J. 2004. "La Politique comparée: fondements, enjeux et approches théoriques". Université de Montréal. p64.

[6]. YVES Surel, "L’intégration européenne vue par l’approche cognitive et normative des politiques publiques ", Revue française de science politique Vol. 50, No. 2 (AVRIL 2000), pp. 235-254.

[7]. SCHEMEIL Yves, introduction à la science politique : objet, méthodes, résultats, Presses de Science Po et Dalloz, 2010, p.246.

[8]. FAKIHI Mohamed, Introduction à la science politique, cours de l’année universitaire 2014-2015, Université Sidi Mohamed Ben Abdellah, la faculté des sciences juridiques de Fès, 2014, p.13.

[9]. WILD Ronald, "Science Politique : Concepts et théories", Université de Lausanne, Année scolaire 2009-2010, p.18.

[10]. MONIÈRE Denis, GUAY Jean Herman, "Introduction aux théories politiques",
Montréal : Québec, Amérique, Éditeur, 1987, p.120.

[11]. DEBBASH et PONTIER, "introduction à la science politique " Dalloz, Paris, 1982, p.7.

[12]. GAZIBO, M. JENSON, "La Politique comparée: fondements, enjeux et approches théoriques", Université de Montréal, 2004, p226.

[13].  SCHEMEIL Yves, introduction à la science politique : objet, méthodes, résultats, Presses de Science Po et Dalloz, 2010, p.264.

[14]. PETER A. HALL, ROSEMARY C.R. TAYLOR et BAILON Jean-François, " La science politique et les trois néo-institutionnalismes ", Revue française de science politique, Vol. 47, No. 3/4, FRANCE 1997 : INSTITUTIONS ET ÉLECTIONS (JUIN-AOÛT 1997), pp. 469-496.


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