Il est évident que la science
politique s’intéresse à tous les aspects politiques de la vie de l’Homme, ainsi
il se représente comme un ensemble de règles et de connaissances ayant pour
objet l’explication du phénomène du pouvoir politique ainsi que les relations
étroites existant entre les différents acteurs sociaux politiques. Cet aspect
de multitude des acteurs fait de la politique une science étudiable de
plusieurs angles.
Depuis l’ancienne cité grecque[1] les
philosophes commençaient de se poser des questions sur les qualités de ceux qui
doivent gouverner ainsi que les types de régimes politiques et leurs
caractéristiques. En effet ses pensées ont pour objet de permettre à l’Homme de
choisir et appliquer le « bon régime » et en écarter le « mauvais ».
Après quelque temps ces idées
ont été influencées par la religion qui en a ajouté son apport divin. Dans une
autre aire une nouvelle pensée a fait son apparition avec le contractualisme.
Ces pensée basait sur un contrat théorique conclu, d’une part, par les Hommes
de l’état de nature afin de choisir un gouvernant et, d’autre part,
entre les Hommes et le gouvernant choisi pour en octroyer certaines prérogatives
par contre partie comme quoi il garantis leur sécurité, et ainsi ils passent à un état civil.
Certes, ces idées de
contractualisme ont engendré un certain libéralisme qui a fait plus tard
l’objet de la critique des marxistes socialistes et autres. De même la
démocratie fut elle-même l’objet de certaines critiques[2].
Dans ces derniers siècles, le
conflit des idéologies concurrentes : libérales ou socialistes, républicaines
ou anarchistes, révolutionnaires ou conservatrices, constitue la trame du débat
politique contemporain. En effet, la multiplicité des acteurs politiques da la
scène politique actuelle[3] à
susciter, en parallèle, une multiplicité des approches et des écoles.
Or, cette multitude d’approches
rend leur étude plus difficile, car une seule approche peut faire l’objet d’une
synthèse toute entière. C’est pour cela que dans notre analyse on va développer
des idées plus essentielles que d’autre et on va s’intéresser aux
caractéristiques de chaque approche. Ainsi pour, faciliter un peu la tâche, on
va classer dans cinq catégories[4] :
les approches individualistes, les approches interactionnistes, les approches
structurelles, les approches génétiques et enfin les approches identitaires.
Il s’agit des approches se
basant sur l’individu. Selon Charles Tilly, la comparaison individualisante a
pour but de comparer plusieurs cas par rapport à un seul thème. On compare un
cas spécifique dont on veut montrer la particularité, à d'autres cas
différents. C'est une méthode de recherche à ambition idiographique[5].
On en distingue ;
l’individualisme méthodologique, les choix rationnels, les analyses
stratégiques, le cognitivisme et le comportementalisme.
Selon cette approche tout
phénomène social ne peut être étudié que en se basant sur les comportements
individuels des individus qui y sont impliqués, car c’est ces comportement et
ces interactions qui permettent le changement en dépit des contraintes sociales
et structurelles. En autre, cette approche repose sur la logique, selon cette
école le changement social est indéterminément possible.
Mais l’individualisme
méthodologique est souvent critiqué de fait que l'individu ne poursuit toujours
des objectifs clairs et que l'agrégation des conduites individuelles n'est pas
toujours transitive
Cette approche trouve son
origine en économie, un consommateur et supposé être guidé par la logique et
non pas par les émotions. En science politique cette approche vise à expliquer
les faits politiques (élections, partis, manifestations, grève...) par le comportement
des agents économiques censés d'être rationnels. Elle n'échappe plus de
critiques de fait qu’elle n'explique pas tout et qu'elle néglige les faits
contraires aux prévisions.
Cette approche repose sur une
sorte de calcul mathématique afin de trouver les solutions aux cas où ils
existent plusieurs probabilités. Il faut donc anticiper la réaction des autres
acteurs (joueurs) et ainsi faire une sorte de prévision. En revanche cette
approche est critiquée du fait qu’elle donne plus d’importance aux jeux
coopératifs et néglige ceux répétés dans le temps et ayant plusieurs acteurs et
plusieurs joueurs.
Cette approche se repose sur une
relation évidente entre la nature et la culture tant que les affects et la
raison. Parmi ses idées principales le
caractère déterminant des perceptions.
Souvent critiquée pour ces
limites méthodologiques, cette approche semble pouvoir être appliquée avec
succès à l'étude de l'Union européenne[6].
Celle-ci suppose que dans les
mêmes situations, les mêmes comportements se reproduisent, c’est ainsi que, à
titre d’exemple, dans l’habitude de vote, l’identification partisane est
précoce et durable. A la différence de
l’approche rationaliste, un trop grand nombre d’acteurs doivent être réunis
pour l’expliques. Mais cette conception se concentre plus sur des réflexes conditionnés et néglige
ainsi les intentions et les agrégations de conduites.
Il s'agit d'une conciliation de
l'individualisme, le rationalisme et l’holisme[7].
On en distingue l’interactionnisme symbolique, l’interactionnisme stratégique
et le pragmatisme.
Cette approche donne plus
d’importances aux symboles. Le langage qu’il soit verbal ou gestuel est donc
d’une très grande importance de ce fait qu’il est un échange de symboles sans
erreurs et avec compréhension. Mais cette importance accordée au langage passe
sans que l’interactionnisme symbolique puisse établir des liens entre les
microdécisions de la vie quotidienne et la chose publique.
Cette approche et moins
individualiste que les autres, ici l'agent et la structure, les actes et les
contraintes, sont réunis. Les conduites sont à la fois structurantes et
structurées. En revanche cette école n'explique pas clairement le changement
social qui demeure difficile à saisir et elle ne donne plus une certaine spécificité
au champ politique.
Cette approche donne plus
d’importance aux intérêts particuliers en ce sens que tout comportement, toute
action ne doit être justifié que par l’intérêt. Les individus concernés par une
institution peuvent en valider. Il faut donc faire des coalitions avec l’autrui
mais toujours dans le cadre des intérêts particuliers. Mais dans cette
conception les institutions ne comptent que dans le sens que l’on prête.
Ces approchent dépassent
l'individualisme et font en sorte que l'objet de la science sociale est la société
prise comme un ensemble et accessoirement les individus. Ce qui importe dans
ces écoles c'est l'influence des organisations, de l’environnement
international... On en distingue alors le matérialisme, le fonctionnalisme, le structuralisme
et le systémisme.
C’est la plus ancienne et elle
accorde plus d’importance à l’économie. Selon cette approche les lois de
l’histoire ne viennent plus de la superstructure (croyances idéologique et
religieuse) mais viennent de l’infrastructure c’est-à-dire de l’économie
(métallurgie, marché, machines…). Ce n’est plus la société qui détermine ces
lois mais, au contraire, c’est elles qui forge la société et celle-ci en subie.
Cette approche s’inspire évidemment du marxisme qui en est partie et reconnait
le rôle du prolétariat. Mais elle privilège les intérêts et néglige les idées.
Cette approche repose sur la
notion de la fonction comme déterminante principale. De ce fait, la
fonction d’un usage particulier est la contribution qu’il apporte à la vie
sociale considérée comme un ensemble de fonctions.
Le fonctionnalisme implique une
vision globale des phénomènes sociaux. On distingue le fonctionnalisme absolu
et le fonctionnalisme remanié[8].
Le deuxième corrige les idées du premier qui se base sur une unité,
universalité et nécessité fonctionnelle. C’est à dire qu'un élément est un tout
cohérent qui doit obligatoirement avoir une fonction. Le fonctionnalisme est
critiqué du fait qu’il tend, comme le néo-fonctionnalisme, à mettre l’accent
sur le consensus et la concorde que sur le conflit[9].
Cette approche part d’une
critique étendue aux autres approches surtout le fonctionnalisme et repose sur
la notion de la structure. Cette dernière se rapporte à la lumière dont une
chose est construite, dont les éléments d'un tout sont agencés par rapport aux
autres.
Selon cette approche toute
conduite humaine individuelle ou collective, consciente ou inconsciente repose
sur un "système général de l'action" se situant dans un contexte
physique, social, culturel...
Du même l'organisation sociale
résulte du système social et du système culturel et l'interaction entre ces
deux système. Chaque système ou sou système système agit vis à vis son
enivrement par les "fonctions".
Dans cette conception, toute
chose est un système et un ensemble d’éléments en interaction qui constituent
un tout employant des ressources et informations pour s’adapter avec
l’environnement.
L'autre volet de la
problématique d'Easton est de réussir à conceptualiser le changement en le
présentant comme une condition de la stabilité. Il pense que le système
politique, pour survivre, doit s'adapter aux changements qui surviennent dans
l'environnement. Contrairement aux thèses défendues par les conservateurs, il
fait du changement une condition du maintien de l'ordre. Il y a perturbation et
instabilité lorsque le système n'arrive pas à s'adapter[10].
Selon D. Easton la politique est
"l’ensemble des interactions par lesquelles les objets de valeur sont
répartis par voie d'autorité dans une société"[11].
Pour lui le système politique (boite noire) reçoit de son environnement,
interne ou international, des exigences et des soutiens (inputs) pour
formuler des décisions et des actions (outputs).
Les pères fondateurs de ces
approches tels Tocqueville, Marx, Weber ou Durkheim sont les premiers
comparatistes à utiliser l'approche génétique. Dans sa version moderne, Charles
Tilly décrit l'approche historique comme étant destinée à étudier les grandes
structures, les vastes processus et les immenses comparaisons. Selon lui,
l'approche suit le raisonnement des pères fondateurs, concentrés sur
l'évolution des sociétés vers la modernité.
Ces approches comparent des
phénomènes importants mais sans vouloir trouver de conclusion trop
généralisant. Les événements historiques sont de principale importance. Mais
cette approche ne consiste pas seulement en la narration d'événements passés.
L'analyse critique de la conjoncture, des moments clefs ainsi que des séquences
d'apparition est centrale. Les démarches d'interprétation et de causalité sont
empruntées. L'approche historique a été formalisée au début du vingtième
siècle, a diminué en importance lors de l'essor du behaviorisme et est
réapparue dans sa version modifiée après la décadence du behaviorisme dans les
années 80[12].
En effet on en distingue
l’approche de l’histoire progressive, la sociohistoire et la sociologie
historique comparative.
Elle ne se contente pas à une
relation des événements passés mais elle part du présent pour remonter au passé
et apporter ainsi des critiques, des questions ainsi que des solutions aux
conjonctures actuelles. Elle a aussi des inconvénients du fait que
l’interprétation du passé est libre et qu’elle privilège le présent.
Dans cette approche génétique,
le retour à l’histoire est justifié par le rejet de l’évolutionnisme du
développement et de la modernisation. Elle refuse les distinctions faites de
l’histoire politique dans la séparation du politique et économique et social,
public et privé, le global et le local… ainsi une institution peut être
maitrisée de ces conflits initiaux. Mais comme vice de cette approche, une
telle comparaison historique n’influence pas forcément une comparaison dans
l’espace.
Contrairement à la précédente,
cette approche fait une double comparaison dans le temps et dans l’espace. Ces
auteurs se basent sur des comportements collectifs et massifs comme la
révolution. Ses comparaison n’est pas délimitée ni dans le temps ni dans
l’espace et de ce fait il traverse toutes les frontière temporelles et
géographiques
Ces écoles se basent sur
l'identité («qui est américain ?»), il s'agit de de définir puis
stabiliser une image internationale, la faire vivre en cherchant à être à la
hauteur des buts qu'elle incorpore c'est construire, constituer et vouloir changer
le monde[13]. Dans ces
théories centrées sur l'identité on trouve souvent le constructivisme,
l'institutionnalisme et le postmodernisme.
Cette approche part d’une
critique étendue aux autres approches et se base sur la coconstruction mutuelle
des choses, c’est une approche idéaliste reposant sur l’image de soi des individus, des groupes, et des Etats…
mais cette approche se trouve très interprétative au lieu d’être explicative et
n’est pas plus opérationnelle.
L'approche institutionnaliste
est l'approche la plus riche et la plus ancienne. Elle se base comme son nom l'indique
sur les institutions. Comment celles-ci se comportent et les règles de jaux qui
en s’imposent ainsi que. Elle trace les cadres de l’action politique, les
structures des opportunités des et des rapports entre les « principaux »
et les « agents »
Il s’agit de savoir comment les
institutions influencent le comportement et où se situent l'origine et le
changement de ces institutions[14].
Mais cette approche manque une distinction claire entre les institutions
(idées, normes, procédures et règles…) et les organisations (firmes, ateliers,
administration, organisations internationales et ONG…)
Cette approche part d’une
critique de positivisme et se fonde sur une réévaluation des récits indigènes
en ce sens de mettre en doute le progrès, la science, la technique et tous les savoirs et les valeurs
d’Occident qui en sont les porteurs. Elle est souvent critiquée de mélange des
gens et des époques ainsi que de confonde des langages…
SCHEMEIL Yves,
"introduction à la science politique : objet, méthodes, résultats",
Presses de Science Po et Dalloz, 2010.
MONIÈRE Denis, GUAY Jean
Herman, "Introduction aux théories politiques", Montréal : Québec, Amérique,
Éditeur, 1987.
IVO Rens, "Histoire
des doctrines politiques", Université de Genève, Faculté de droit,
département d’histoire du droit et des doctrines juridiques et politiques, 31
mai 2000.
FAKIHI Mohamed,
"Introduction à la science politique", cours de l’année
universitaire 2014-2015, Université Sidi Mohamed Ben Abdellah, la faculté des
sciences juridiques de Fès, 2014.
WILD Ronald, "Science
Politique : Concepts et théories", Université de Lausanne, Année
scolaire 2009-2010.
1. Ivo Rens, Histoire
des doctrines politiques, Université de Genève, Faculté de droit,
département d’histoire du droit et des doctrines juridiques et politiques, 31
mai 2000, p.20.
[2]. Surtout
avec Alixis De Toucqueville qui a expliqué, dans son ouvrage « La
démocratie en Amérique » comment la démocratie aboutis à un désintéressement des citoyens ce qui donne
aux démagogues la possibilité d’agir pour leurs intérêts particuliers et
par conséquent on arrive à une tyrannie
de la majorité.
[3]. Surtout
avec l’apparition de nouveaux acteurs politiques à savoir les partis
politiques, les associations, les syndicats, les Lobis, …
[4]. SCHEMEIL
Yves, introduction à la science politique : objet, méthodes, résultats,
Presses de Science Po et Dalloz, 2010, p.235.
[5]. GAZIBO,
M. JENSON, J. 2004. "La Politique comparée: fondements, enjeux et
approches théoriques". Université de Montréal. p64.
[6]. YVES
Surel, "L’intégration européenne vue par l’approche cognitive et
normative des politiques publiques ", Revue française de science
politique Vol. 50, No. 2 (AVRIL 2000), pp. 235-254.
[7]. SCHEMEIL Yves, introduction
à la science politique : objet, méthodes, résultats, Presses de
Science Po et Dalloz, 2010, p.246.
[8]. FAKIHI
Mohamed, Introduction à la science politique, cours de l’année universitaire
2014-2015, Université Sidi Mohamed Ben Abdellah, la faculté des sciences
juridiques de Fès, 2014, p.13.
[9]. WILD
Ronald, "Science Politique : Concepts et théories", Université
de Lausanne, Année scolaire 2009-2010, p.18.
Montréal :
Québec, Amérique, Éditeur, 1987, p.120.
[11]. DEBBASH
et PONTIER, "introduction à la science politique " Dalloz,
Paris, 1982, p.7.
[12]. GAZIBO,
M. JENSON, "La Politique comparée: fondements, enjeux et approches
théoriques", Université de Montréal, 2004, p226.
[13]. SCHEMEIL Yves, introduction à la science
politique : objet, méthodes, résultats, Presses de Science Po et Dalloz, 2010,
p.264.
[14]. PETER
A. HALL, ROSEMARY C.R. TAYLOR et BAILON Jean-François, " La science
politique et les trois néo-institutionnalismes ", Revue française de
science politique, Vol. 47, No. 3/4, FRANCE 1997 : INSTITUTIONS ET ÉLECTIONS
(JUIN-AOÛT 1997), pp. 469-496.
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