La politique de la ville
PLAN
Préambule
Introduction
Partie I : La nécessité d’une «
politique de la ville » face à des déficits:
1. Le concept « Politique de la ville ».
2. Les
déficits urbains et les défis à relever.
Partie II : objectifs, Finalités et principes de la
politique de la ville :
1. Les objectifs
de la politique de la ville.
2. Finalités
et principes de la politique de la ville.
Partie III : Dispositifs de gouvernance et d’accompagnement :
1. Dispositifs de coordination et de mise en œuvre au niveau
central.
2. Un cadre institutionnel régionalisé, déconcentré et
décentralisé.
Conclusion
Bibliographie
PREAMBULE
La politique de la ville trouve ses
fondements dans la nouvelle constitution du Royaume qui consacre les principes
de participation, de pluralisme et de liberté, de l’égalité des chances et de
la justice sociale…
Article 12 : Les
associations intéressées à la chose publique et les organisations
non-gouvernementales, contribuent, dans le cadre de la démocratie
participative, à l’élaboration, la mise en œuvre et l’évaluation des décisions et
des projets des institutions élues et des pouvoirs publics.
Article 13 : Les pouvoirs
publics œuvrent à la création d’instances de concertation, en vue d’associer
les différents acteurs sociaux à l’élaboration, la mise en œuvre, l’exécution
et l’évaluation des politiques publiques.
Article 31 : L’Etat, les
établissements publics et les collectivités territoriales œuvrent à la
mobilisation de tous les moyens disponibles pour faciliter l’égal accès des
citoyens aux conditions leur permettant de jouir du droit :
• Aux soins de santé
• A la protection sociale, à la
couverture médicale et à la solidarité mutualiste ou organisée par l’Etat ;
• A une éducation moderne,
accessible et de qualité ;
• A un logement décent ;
• Au travail et à l’appui des
pouvoirs publics en matière de recherche d’emploi et d’auto-emploi ;
• A l’accès à l’eau et à un
environnement sain ;
• Au développement durable.
Article 33 : Il incombe aux
pouvoirs publics de prendre toutes les mesures appropriées en vue de :
• Etendre et généraliser la
participation de la jeunesse au développement social, économique, culturel et
politique du pays ;
• Faciliter l’accès des jeunes à
la culture, à la science, à la technologie, à l’art, au sport et aux loisirs,
tout en créant les conditions propices au plein déploiement de leur potentiel
créatif et innovant dans tous ces domaines.
Article 136 : L’organisation
territoriale du Royaume repose sur les principes de libre administration, de
coopération et de solidarité. Elle assure la participation des populations concernées
à la gestion de leurs affaires et favorise leur contribution au développement humain
intégré et durable.
Article 142 : Il est créé,
pour une période déterminée, au profit des régions, un fond de mise à niveau
sociale destiné à la résorption des déficits en matière de développement
humain, d’infrastructures et d’équipements.
Il est créé, en outre un fonds de
solidarité interrégionale visant une répartition équitable des ressources en
vue de réduire les disparités entre les régions.
Article
154
: Les services publics sont organisés sur la base de l’égal accès des
citoyennes et citoyens, de la couverture équitable du territoire national et de
la continuité des prestations.
Ils sont soumis aux normes de
qualité, de transparence, de reddition des comptes et de responsabilité, et
sont régis par les principes et valeurs démocratiques consacrés par la constitution.
Elle trouve également son essence
dans les orientations de sa Majesté que Dieu l’assiste, rappelées dans ses
discours, notamment celui du 12 décembre 2006 à l’occasion de la
Rencontre Nationale des
Collectivités Locales à Agadir :
«
Nos villes ont connu un essor démographique et une expansion urbanistique tels
qu’il en a résulté un empiètement de leurs périphéries sur le milieu rural,
ainsi qu’un accroissement des besoins des populations en termes
d’infrastructures et de services de base. Cet état de choses requiert, donc,
l’adoption d’une vision globale, permettant d’anticiper et de maîtriser les
implications de cette expansion. Il s’agit aussi d’aménager de nouvelles zones
d’urbanisation et d’instaurer un équilibre entre la ville et les agglomérations
rurales adjacentes. Ce que Nous visons, en définitive, ce n’est pas uniquement
d’avoir des villes sans bidonvilles, ni d’y substituer des blocs de béton sans
âme, réfractaires à toute sociabilité. Nous entendons, plutôt, ériger nos cités
en espaces propices à la vie en bonne intelligence, dans la convivialité et la
dignité, et en faire des pôles d’investissement et de production, et des
agglomérations attachées à leur spécificité et à l’originalité de leur cachet.
»
Cette politique s’inscrit
également dans le cadre des engagements déclinés dans le programme gouvernemental
tel qu’il a été adopté au mois de janvier 2012 :
«
La politique de la ville est une politique publique, volontariste, inclusive et
participative,
fondée
sur une approche transversale , qui vise à lutter contre les formes de
vulnérabilité et d’exclusion sociale et ce dans les zones urbaines sensibles
qui connaissent un déficit à plusieurs niveaux, et un manque en équipement et
un faible taux de desserte en services urbains et une perte de compétitivité, et
ce selon une vision globale intégrée et contractuelle, basée sur le principe de
proximité, et garantie la convergence des différentes interventions
sectorielles. De même cette politique a pour objectif de renforcer le rôle des
villes en tant qu’espaces de production et de consolidation de richesse.
De
ce cadre, le Gouvernement vise le développement d’une stratégie fondée sur «
les principes de la bonne gouvernance, la concertation avec tous les élus, les
associations professionnelles, les opérateurs économiques et sociaux et la
société civile, et ce pour lutter contre les dysfonctionnements existants et
garantir un développement cohérent et harmonieux des villes et accompagner la
création des villes nouvelles.
Il
y a lieu également de mettre en place les moyens et outils financiers pour la
mise en œuvre de cette politique publique à travers :
•
la transformation du FSH en Fond de solidarité pour l’habitat et l’intégration
urbaine et l’élargissement de son champ d’intervention et de ses sources de
financement.
•
La promulgation d’une loi d’orientation pour l’intégration urbaine et la
cohésion sociale.
Etant
donné le rôle primordial des équipements publics dans le développement des
espaces urbanistiques, notamment, réseaux d’eau et électricité et du transport
urbain, le gouvernement, fera de ces équipements une composante essentielle de
la gestion urbaine et de la politique de la ville d’une manière générale, et ce
en se basant sur une nouvelle approche qui opte à augmenter le rendement de ces
équipements et les renforcer aussi bien au niveau de la gestion qu’au niveau de
la réalisation des investissements »
INTRODUCTION
La prise de conscience du
besoin d’une politique de la ville est naturellement liée à la pression de la
croissance urbaine non maitrisée due, pour une grande part, aux effets
conjugués de la croissance démographique et l’exode rural parfois sous
l’impulsion d’initiatives publiques et programmes de développement économique
et social.
La croissance de la population urbaine marocaine dépasse
actuellement les 56% du total de la population après avoir été de 8% vers les
années vingt du siècle dernier. Le nombre de centres urbains est passé de 27 à
400 agglomérations urbaines en 2004. Ceci dit que la dynamique urbaine a joué
un grand rôle dans les mutations économiques et socio spatiales du territoire
national.
Les villes constituent aujourd’hui l’espace de vie de la
majorité de la population marocaine, le cadre territorial de son enracinement,
le lieu d’ancrage de la plupart des activités, des richesses et de la
production nationale. Les villes sont aussi des territoires où s’expriment les
contrastes de la société marocaine ; des groupements d’habitat insalubre, lieux
de concentration de la pauvreté et de l’exclusion sociale, y côtoient les
grands ensembles résidentiels de haut standing et les secteurs de villas et
dessinent les contours d’un espace urbain fragmenté qui constitue un immense
chantier pour l’action publique réformatrice.
Ces constats soulignent le caractère urgent que revêt l’élaboration
de politiques publiques urbaines intégrées pour opérer le saut qualitatif tant
attendu et promouvoir un développement équilibré des villes qui renforce leur
capacité potentiel productive tout en maintenant la cohésion sociale et en assurant
un cadre de vie digne et durable.
Compte tenu de la persistance des déficits sociaux et de l’ouverture
démocratique qui provoque une montée des revendications, chaque ville, appuyée
et soutenue par l’Etat, est désormais appelée à se mobiliser pour initier son projet
de développement intégré, en vue de faire face aux défis urbains et agir en vue
d’accroître la compétitivité de son territoire et de produire les conditions de
son essor économique et social. Une telle orientation implique, la mise à
contribution de l’ensemble des opportunités qu’offre la ville comme lieu de production,
d’échange, de mobilités des produits, des hommes, des capitaux et des
savoir-faire.
Le renforcement du potentiel productif des villes devrait
être accompagné par une politique urbaine sociale inclusive et solidaire. Ce
qui requiert la dynamisation des différentes formes de solidarité dans les
villes, la coordination et la convergence des politiques publiques sociales.
Dans la mesure où la politique de la ville touche à
l’ensemble des politiques publiques urbaines, ses choix et ses priorités
devraient découler d’une large concertation pour s’assurer de l’adhésion de
l’ensemble des acteurs concernés.
Malgré les efforts
déployés pour restructurer les ensembles urbains et améliorer leur gestion, les
problèmes liés à la concentration de la population s’aggravent.
S’agissant d’une politique de la ville qui est par essence
interministérielle et contractuelle, nous avons préparé cet exposé qui annonce
les grands principes, les finalités, les objectifs ainsi que les dispositifs de
gouvernance et d’accompagnement.
Partie I : La nécessité d’une «
politique de la ville » face à des déficits:
1. Le concept
« Politique de la ville » :
La politique de la ville n’est pas quelque chose de récent,
elle a une histoire des temporalités et
des cycles d’évolution. On peut l’envisager tout d’abord sous l’angle institutionnel, celui de la
naissance d’une nouvelle politique publique ou les fonctions régaliennes de
l’Etat ont été doublées par des fonctions économiques et sociétales. Cette
extension des rôles de l’Etat par la création de structures spécifiques dédiées
à la ville est la réponse à l’expression d’une crise urbaine profonde.
On peut l’envisager aussi sur le plan fonctionnel puisque la ville a une vocation multiforme.
Traditionnellement centrée sur une vocation urbaine dominante, aujourd’hui,
elle a un rôle social fondamental : celui d’aménager et d’offrir les
conditions d’une vie meilleure à toutes les composantes de la population. La
ville est un commutateur social destiné à réduire les inégalités et à
rapprocher les différences.
La ville peut être
étudiée aussi sur le plan économique.
C’est en effet dans la ville que s’installent les différents secteurs
d’activité économique en participant à la création des emplois et des richesses.
Par ailleurs, la ville a toujours été et le restera pour
toujours un centre d’exercice du pouvoir politique et du contrôle territorial.
Enfin, la politique de la ville signifie la
territorialisation d’un ensemble de politiques sectorielles spécifiques, avec
un appareil administratif, fiscal et juridique propre, politique, par
définition interministérielle, déconcentrée et s’appuyant sur des acteurs très
divers.
De manière générale, disons que la politique de la ville
oscille aujourd’hui enter trois tendances : des politiques imposées par
l’Etat ou par d’autres acteurs, appuyées sur un grand dessein et avec des
objectifs clairs ; des politiques curatives ou pragmatiques qui tentent de
repérer au coup par coup les difficultés nées des politiques antérieures ou des
crises ; des politiques brutales mais efficaces qui privilégient
l’intégration plus que l’urbanisation.
2. Les déficits urbains et
les défis à relever :
Issue d’un processus d’urbanisation accéléré et non
maîtrisé, nourrie d’un exode rural important, l’histoire de la ville marocaine
est marquée par des mutations profondes qui se sont traduites par une véritable
crise urbaine aux multiples facettes dont les indicateurs se lisent sur la
morphologie urbaine, sur son organisation sociale, sur son tissu économique et
sur son mode de gestion et de gouvernance.
Les indicateurs de cette crise urbaine se traduisent à
travers, notamment :
Ø
Un espace fragmenté ;
Ø
Des situations de pauvreté
et d’exclusion sociale ;
Ø
Une répartition
déséquilibrée des équipements publics entre les différentes entités urbaines
Ø
Un patrimoine en péril ;
Ø
Une économie fragile où
l’informel occupe encore une place importante ;
Ø
Des ressources
environnementales menacées ;
Ø
Des espaces périphériques
sous des pressions urbanistiques non maîtrisées ;
Ø
Des infrastructures et des
systèmes de transport collectif insuffisants.
Les villes marocaines, petites, moyennes ou grandes sont confrontées
à plusieurs défis :
ü
Le défi de la compétitivité
dicté par les exigences de la mondialisation ;
ü
Le défi écologique ;
ü
Le défi du renforcement de
la cohésion sociale ;
ü
Le défi de la maitrise de
la croissance des villes ;
ü
Le défi de la complémentarité
des vocations et des fonctions au sein du réseau de villes.
Partie
II : OBJECTIFS, PRINCIPES ET FINALITES DE LA POLITIQUE DE LA VILLE :
1.
Les objectifs de la
politique de la ville
La politique de la ville est une politique publique qui vise
à développer des villes inclusives, productives, solidaires et durables,
notamment à travers :
• Le renforcement du rôle des villes en tant que pôle de
développement, créateur de richesses et d’emplois pour le plus grand nombre ;
• L’accroissement des capacités d’intégration économique,
sociale, et résidentielle des villes ;
• La réhabilitation des villes historiques ;
• La revitalisation des secteurs urbains en perte de
compétitivité ;
• L’amélioration du cadre de vie des zones urbaines qui
connaissent un déficit en logement, en équipements et un faible taux de
desserte en services urbains ;
• La promotion de la durabilité des villes.
C’est une politique interministérielle, intégrée,
multi-partenariale, contractuelle et participative.
Elle consiste à mettre en œuvre un programme d’actions et de
mesure à même de réaliser les objectifs ci-dessus et à promouvoir un mode de
gouvernance où l’Etat et les collectivités locales, assurent la maitrise d’ouvrage
du développement local en partenariat avec le secteur privé, la société civile
et tous les autres acteurs locaux, dans le cadre d’une vision partagée, de
priorités et de plans d’actions concertés.
2.
FINALITÉS ET PRINCIPES DE LA
POLITIQUE DE LA VILLE
La politique de la ville doit s’attacher à opérationnaliser
la nouvelle génération de droits prévus par la nouvelle Constitution, notamment
: favoriser le droit à l’accès à un logement décent, dans un cadre de vie
amélioré avec une égalité d’accès aux services de base et à la promotion
sociale et professionnelle. A cet égard la politique de la ville doit viser les
finalités ci-après :
IPES ET Fe cadre d’une vision
partagée, de priorités et
Ø LA VILLE DE L’ÉQUITÉ SOCIALE
Le principe de l’équité sociale se concentre sur le droit au
travail et au logement mais aussi sur l’accessibilité aux services et biens
collectifs et la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale. La
satisfaction des besoins fondamentaux permet d’assurer la solidarité sociale et
de ce fait l’épanouissement de tous les citoyens.
Pour atteindre cette finalité il s’agit de :
• Favoriser l’accès à un logement décent pour tous ;
• Favoriser l’égal accès à des services publics de qualité
(éducation, culture, santé, sport, loisirs…) ;
• Favoriser l’accès à l’emploi.
Ø
LA VILLE DE LA MIXITÉ ET DE LA
DIVERSITÉ
Il s’agit de générer un cadre urbain créant de la proximité
entre les groupes sociaux et assurant une plus grande contiguïté entre les
espaces dédiés au logement à l’activité et aux loisirs.
Pour atteindre cette finalité, il faudra :
• Garantir la cohésion sociale du territoire ;
• Maintenir et renforcer l’économie locale ;
• Favoriser la ville multipolaire (mixité fonctionnelle).
Ø
LA VILLE PRODUCTIVE ET DE L’INNOVATION
Pour atteindre cette finalité, il s’agit de :
• Consolider les bases économiques des villes ;
• Favoriser l’attractivité économique des villes ;
• Faire émerger des projets d’économie locale ;
• Favoriser le développement de mode de production et de
consommation durables.
• Encourager les meilleurs usages possibles des technologies
de l’information et de la communication, avec accès équitable pour tous.
Ø
LA VILLE ENVIRONNEMENTALE
Il s’agit de :
• Améliorer la qualité de l’environnement ;
• Optimiser la consommation d’espace (foncier) ;
• Maîtriser la consommation d’énergie et favoriser les énergies
renouvelables ;
• Généraliser le système de traitement des rejets solides et
liquides.
Ø
LA VILLE DE LA MOBILITÉ
La ville est faite de liens et de proximités, favorisés et
organisés par les modes de transport et de communication à toutes les échelles,
du local au global. La première qualité d’une ville est celle d’offrir, à
courte distance, une grande densité et diversité de lieux et de fonctions. L’offre
de transports collectifs y est dense et de qualité, assurant des liaisons
performantes avec les autres territoires de la ville, ainsi qu’avec les nœuds
d’interconnexion aux réseaux régionaux et internationaux.
Ø
LA VILLE DE LA CULTURE
Le processus de planification de l’espace doit évoluer
constamment, en employant pleinement le tissu social, culturel, et physique de
la ville, pour générer une variété de formes et de structures qui enrichissent
et diversifie le tissu urbain et le réseau d’espaces publics. L’architecture et
l’art urbain devront être considérés comme des moyens essentiels pour créer des
espaces publics de qualité propices aux échanges sociaux.
Ø
LA VILLE DE LA MÉMOIRE ET DE L’IDENTITÉ
La ville est simultanément une source et un lieu de sédimentation
des civilisations. L’aménagement urbain doit chercher à sauvegarder et/ou
développer d’avantage les éléments traditionnels, les mémoires partagées et
l’identité culturelle urbaine, incluant les traditions locales, le caractère
des immeubles et les méthodes de construction, les quartiers historiques, les
jardins et espaces verts.
Ø
UNE VILLE ATTENTIVE AUX BESOINS DES
PERSONNES ET DES GROUPES À BESOINS SPÉCIFIQUES
L’aménagement urbain devra prendre en considération les
besoins des enfants en bas âge, des adolescents, des personnes du 3éme âge, des
handicapés, aussi bien pour leurs besoins spécifiques que pour leur accès égal
et sécurisé aux espaces, aux équipements et aux services publics.
Partie
III : DISPOSITIF DE GOUVERNANCE ET D’ACCOMPAGNEMENT :
La politique de la ville constitue un tournant majeur dans
l’histoire institutionnelle de notre
pays. La réussite de ce grand chantier nécessite :
• La mise en place d’une approche globale d’intervention sur
l’armature urbaine, différenciée en fonction de la taille des villes et des
priorités des territoires ;
• Un fort engagement de l’Etat et des Collectivités
Territoriales pour sa mise en œuvre durable ;
• L’articulation avec les politiques publiques du
développement intégré du monde rural ;
• La mise en place d’outils juridiques, financiers,
institutionnels et techniques appropriés.
1.
DISPOSITIFS DE COORDINATION ET DE MISE EN OEUVRE AU NIVEAU CENTRAL
La réussite de la politique de la ville nécessite également
la mise en place progressive de structures de coordination et de mise en œuvre,
dont notamment :
• Une structure de coordination, au niveau du Chef du
Gouvernement, qui veille à l’inter-ministérialité et à la convergence des
politiques publiques urbaines ;
• Un cadrage juridique de la politique de la ville pour
donner à ce secteur un début d’encadrement ;
• Un cadre institutionnel d’opérationnalisation des
programmes retenus propre à chaque territoire
• une instance d’expertise dédiée à la politique de la
ville;
• Une expérimentation progressive du processus par le biais
de projets de démonstration et de sites pilotes qui portent les objectifs de la
convergence;
• Un mode de contractualisation renouvelé pour la mise en
œuvre des programmes.
2. UN CADRE
INSTITUTIONNEL RÉGIONALISÉ, DÉCONCENTRÉ ET DÉCENTRALISÉ
La politique de la ville, c’est surtout la réforme de la gouvernance
des villes et de la gestion urbaine qui est au centre des enjeux de
développement et de compétitivité.
Cette réforme doit s’inscrire dans le nouveau paysage institutionnel
en cours de mutation, marqué par la constitutionnalisation de la
régionalisation avancée avec toutes les implications qu’elle va avoir en termes
de déconcentration, de réorganisation de l’Etat au niveau régional et local et
de redéfinition des rôles entre le central, le régional et le local dans l’élaboration
et la conduite des politiques publiques.
Conclusion
Les
villes que ce soit au Maroc ou ailleurs, sont l’objet d’interrogations
multiples qui exigent de la part des
pouvoirs publics la mise en place d’une approche renouvelée de traitement des
politiques urbaines en général et des problématiques urbains en particulier.
Toutes
les questions traitées dans cet exposé nous conduisent à nous interroger sur les
dysfonctionnements actuels qui caractérisent les villes du monde et à
rechercher les voies et les moyens pour préparer la ville de demain.
Une réflexion sur le long terme dans une perspective à 25
ans suppose l’organisation d’un débat national sur la politique de la ville
permettant:
ü
Un recentrage de la
politique territoriale publique rétablissant un équilibre urbain-rural et la répartition
des pouvoirs et du rôle des acteurs de la politique de la ville dans un
esprit de solidarité basé sur le partage de compétences en matière de
développement (qui fait quoi et comment ?). Comment traduire la dimension
solidarité interrégionale ? comment assurer une parfaite coordination
interministérielle centrale et régionale et mobiliser les compétences et les
connaissances ? ;
ü
Une meilleure approche
des besoins des habitants et des intervenants et par une réponse en terme
de services aux usagers et non seulement de logement et d’infrastructures ;
ü
Une fine approche du
"local" qui se traduit la volonté d’enclencher la dynamique de
décentralisation et de gouvernance locale à travers l’application d’une
approche participative (contractualisation) qui tient compte des spécificités
et des enjeu de chaque ville;
ü
La maîtrise de l’espace
des villes et des agglomérations urbaines qui sont considérées comme des
lieux stratégiques pour le développement durable, espace d’apprentissage de la
citoyenneté et de la solidarité ;
ü
Une meilleure
coopération et concertation entre les différents acteurs avec la mise en
place de nouvelles mesures, d’instances de participation, d’instruments de
pilotage et d’encadrement et l’élaboration d’une charte de la politique de la
ville comme cadre de référence de la politique de la ville et son développement
durable;
BIBLIOGRAPHIE
-PROJET DE RÉFÉRENTIEL NATIONAL DE LA POLITIQUE DE LA VILLE
• JUIN 2012.
-Les politiques
de la ville, intégration urbaine et cohésion sociale, Ali Sedjari, L’HARMATHAN.
-Extrait
du Programme Gouvernemental, Janvier 2012.
-Constitution
marocaine 2011.
-Développement territorial et politique de la Ville, quels
enjeux ? Contribution de Mohamed Aneflouss .LA
VILLE
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