Plan
Introduction
Partie I: La pression fiscale : présentation et évolution:
1-La notion de pression fiscale :
A/Définition de la pression fiscale
B/Taux de la pression fiscale
C/Les indicateurs :
•Les indicateurs macro-économiques,
dérivés des comptes nationaux
•Les indicateurs basés sur des
données comptables
•Les indicateurs micro-économiques
de taxation effective (coin fiscal).
2-L’évolution de la pression
fiscale :
Partie II : Pression fiscale : étude comparative et recommandations :
1-Etude comparative :
A/La place du Maroc dans le monde :
Ø Sur le continent africain
Ø La place du Maroc par rapport aux pays de l’OCDE
Ø Les pays de l’OCDE
Ø Dans la zone Moyen-Orient et Afrique du Nord
B/L’assiette fiscale reste limitée
au Maroc
C/L’impôt sur les sociétés (IS)
2-Des recommandations :
Conclusion
Bibliographie
Introduction
La politique budgétaire d’un Etat comprend d’une part
la politique des dépenses publiques, et d’autre part la politique fiscale. La
politique fiscale détermine le taux et l’assiette des différents impôts. Or,
l’Etat doit prélever juste le minimum de ressources en vue de financer son
intervention justifiée dans le cadre d’une politique économique et sociale bien
déterminée.
Le Maroc a des taux d'imposition plus élevés que beaucoup de
ses concurrents. La pression fiscale sur les entreprises est l’une des plus
importantes, tant à l’échelle continentale que mondiale. C’est ce qui ressort
du rapport « Paying Taxes 2014 - The Global Picture », la neuvième édition de
l’étude annuelle dans laquelle PwC et la Banque mondiale décortiquent les
systèmes fiscaux de 189 pays.
Une politique fiscale complexe et une pression fiscale élevée constituent un handicap pour le développement de tous pays.
Une politique fiscale complexe et une pression fiscale élevée constituent un handicap pour le développement de tous pays.
Certes, la baisse des taux d’imposition et la mise en place
d’autres réformes font l’unanimité et le consensus auprès des opérateurs néanmoins,
plusieurs problèmes persistent.
Afin de résoudre cette problématique, il est crucial de projeter
la lumière sur la notion de la pression fiscale et son évolution (Partie
I),ceci d’une part ,d’autre part une étude comparative ainsi que des
recommandations pour y remédier serait traiter dans la deuxième partie.
Partie I: La pression fiscale : présentation et évolution:
1-La notion
de pression fiscale :
A/Définition
La pression fiscale définit l'importance relative des prélèvements obligatoires dans l'économie nationale. Elle est une grandeur macroéconomique, dans la mesure où elle est en relation avec la « Croissance économique », à travers la mobilisation de nombreuses variables économiques comme la consommation, l’investissement, l’épargne, le déficit public, et la dette publique …etc. Dont le taux est défini par rapport au PIB (produit intérieur brut) et traduit l'effort de recouvrement des recettes de l'Etat pour faire face à ses charges. Il convient de distinguer la « pression fiscale » de la « charge fiscale », qui exprime la même idée, mais au niveau microéconomique de chaque contribuable.
A/Définition
La pression fiscale définit l'importance relative des prélèvements obligatoires dans l'économie nationale. Elle est une grandeur macroéconomique, dans la mesure où elle est en relation avec la « Croissance économique », à travers la mobilisation de nombreuses variables économiques comme la consommation, l’investissement, l’épargne, le déficit public, et la dette publique …etc. Dont le taux est défini par rapport au PIB (produit intérieur brut) et traduit l'effort de recouvrement des recettes de l'Etat pour faire face à ses charges. Il convient de distinguer la « pression fiscale » de la « charge fiscale », qui exprime la même idée, mais au niveau microéconomique de chaque contribuable.
B/Comment peut-on calculer le taux de cette dernière ?
Le taux de pression fiscale, représente le rapport entre le montant des recettes fiscales et le P.I.B dans une économie. Donc, il mesure le degré d’intervention, l’emprise de l’Etat sur les agents économiques.
C/Comment
mesurer la pression fiscale(les indicateurs) ?
Les débats sur la fiscalité s'appuient bien
souvent sur une appréciation et un chiffrage du poids de l'impôt dans
l'économie.
Les éléments comparatifs de la pression
fiscale ne permettent pas de se faire une idée exacte de la pression fiscale :
le taux de l'impôt n'est pas un indicateur suffisant car il faut prendre en
compte les modalités de détermination de la base imposable et la comparaison
des bases est délicate car toute conclusion dépend du poids attaché à chacun
des paramètres.
Ces difficultés plaident pour l'utilisation
d'indicateurs synthétiques. Ceux qui sont examinés ci-après sont de trois
ordres :
L'indicateur le plus évident semble être le
taux nominal d'imposition, c'est-à-dire le taux d'imposition légalement fixé.
Si cette grandeur a une forte signification en termes de signal pour les agents
économiques, le taux effectif d'imposition est en général plus faible que le taux
nominal, du fait de la réduction de la base d'imposition par des dispositions
spécifiques de la législation fiscale (exonérations, abattements, etc.).
Un autre indicateur « intuitif » des
charges fiscales est le taux de prélèvement obligatoire (TPO) égal au ratio
Impôts/PIB * 100 %. Malheureusement, ce taux est difficilement interprétable,
car le rapport entre prélèvements obligatoires et PIB n'est pas immédiat.
Prenons par exemple le cas des sociétés et de l'impôt sur les bénéfices (IS).
Le rapport du montant des impôts sur les bénéfices sur celui du PIB, lu
directement, occulte les mécanismes importants qui jouent dans sa
détermination. On note RIS les recettes fiscales perçues au titre de cet impôt,
et TIS le taux effectif de l'IS:
RIS/PIB = TIS * IS/PIB
Le premier terme de ce produit dépend du
taux nominal de l'impôt sur les sociétés, de son assiette et de l'efficacité de
sa mise en œuvre. Le second terme dépend de la part des bénéfices dans la
valeur ajoutée de l'économie considérée. Ainsi, à politique économique
constante, une variation du rapport RIS/PIB reflètera non pas un phénomène
fiscal, mais plutôt un changement dans les caractéristiques structurelles de
l'économie considérée.
Ce taux varie d'un pays à l'autre : 25 %
pour les États-Unis d'Amérique, 51 % pour la Suède, 44 % pour la France en
2004. Mais les comparaisons internationales sont délicates.
Les différences tiennent pour partie aux
périmètres contrastés des administrations publiques. En effet, certains pays
décident de faire appel au secteur marchand pour assurer la production de biens
et services sociaux, alors que d'autres préfèrent recourir à des
administrations publiques. Le recours au secteur privé ne signifie pas
forcément que les contributions à ce système ne sont pas obligatoires. Ces
systèmes sont privés car il y a concurrence entre les différents fournisseurs
(de santé, de retraite, d'assurance chômage, etc.) mais l'adhésion à un de ces
fournisseurs peut être obligatoire. Le terme de « prélèvement obligatoire »
signifie en fait « prélèvement obligatoire public ». Une privatisation des
systèmes de santé et de retraite abaisserait le taux de prélèvements
obligatoires (« publics »).
L'idée de l'approche par les taux moyens
d'imposition est de prendre en compte les impôts effectivement versés, tout en
les rapportant à une base d'imposition réduite censée approcher l'assiette
réelle de l'impôt. Pour calculer le taux moyen d'imposition d'un agent
économique particulier, on divise l'ensemble des prélèvements obligatoires dont
il doit s'acquitter par un indicateur de son revenu (dans le cas d'un ménage),
ou de son bénéfice financier ajusté (dans le cadre d'une société).
Cet indicateur est essentiellement utilisé
pour évaluer le poids de la fiscalité sur les sociétés. Toutefois, sa mesure
est rarement satisfaisante. En effet, pour évaluer correctement ce que l'on
souhaite mesurer avec cet indicateur, il faudrait disposer de données
comptables micro-économiques, difficiles à obtenir et à homogénéiser entre les
différents pays.
Un dernier type d'approche, plus abstrait,
est celui qui s'appuie sur les taux marginaux effectifs d'imposition. Cet
indicateur a pour but de mesurer la distorsion occasionnée par le système
fiscal sur le rendement d'un investissement marginal.
On peut l'écrire (RB-RI)/RB, où RB est le
taux de rendement avant impôt d'un investissement marginal (net de
l'amortissement), et RI le taux de rendement réel de cet investissement, une
fois prises en compte les modifications introduites par le système fiscal. Le
numérateur de cette fraction est parfois appelé le coin fiscal.
Notons que les distorsions introduites par
le système fiscal sont multiples, et peuvent aller dans différentes directions.
En effet, si elles incluent l'imposition sur les bénéfices marginaux générés
par l'investissement, elles tiennent aussi compte des effets de la fiscalité
sur les coûts de financement de l'investissement, en particulier à travers la
déductibilité fiscale des intérêts versés, ou la soustraction du taux
d'inflation prévu. Le coin fiscal permet une analyse de l'effet de la politique
fiscale sur l'investissement. Si le coin est positif, la fiscalité est
désincitative. S'il est négatif, elle est incitative. Malheureusement, si cet
indicateur a une forte valeur dans un cadre d'analyse néoclassique, sa valeur
empirique est beaucoup plus discutable.
Sa mesure nécessite en effet l'agrégation
de rendements d'investissements hétérogènes, tant par le type d'actifs mis en
jeu (machines, bâtiments, etc.), que par le type de financements (capitaux
empruntés, émission d'actions, etc.), et que par le type d'épargnants
(particuliers, sociétés mères, etc.). Dans la mesure où cette agrégation repose
sur une batterie d'hypothèses qui ne sont en général pas satisfaites,
l'utilisation des taux marginaux effectifs d'imposition paraît risquée, en
particulier dans le cadre de comparaisons internationales.
Ce tour d'horizon montre donc que le choix
d'un indicateur permettant d'avoir des informations concrètes sur le poids de
la fiscalité sur une économie se heurte à la nécessité d'un arbitrage entre
facilité de mesure et rigueur théorique dans la construction. Il ne s'agit pas
pour autant mettre au rebus ces différents indicateurs, mais de prendre
conscience de leurs limites : c'est une condition nécessaire à leur utilisation
responsable.
2-L’évolution
de la pression fiscale :
A l’ère de l’indépendance du Maroc, la
pression fiscale se situait autour de 10 % ce qui était le même niveau des pays
similaires au Maroc en termes de développement. Aujourd’hui, cette pesanteur
fiscale a pratiquement escaladé et caracole de 23 % depuis une dizaine
d’années, 22,1 % en 2011 d’après les estimations du ministère de l’Économie et
des Finances contre 22,8 % en 2010.
À notre sens, sur le plan factuel, ce
"level" de la pression fiscale est plus lourd qu’il n’y paraît:
rapporter le montant total des recettes fiscales au PIB laisse déduire que tous
les secteurs contribuent à la somme des valeurs ajoutées ce qui n’est pas le
cas ; une analyse plus subtile de la pression fiscale conduirait à ôter du
dénominateur commun tous les secteurs et branches qui n’y contribuent
pas. À l’appui de notre assertion, on sait foncièrement que le secteur
agricole est toujours exonéré d’impôts. De ce fait, la pression fiscale devrait
donc être calculée sur la base et le dénominateur du PIB non agricole. En
procédant ainsi, on aurait eu en 2010 une pression fiscale de 26,4 % au lieu de
22,8 % et, en 2008, de plus de 31 %.
Par ailleurs, sous l’angle du prélèvement
d'impôt effectif, le Maroc se positionne dans les premiers rangs dans le monde
: En vertu de l’étude "Global Effective Tax Rates" réalisée par le
cabinet américain Price Waterhouse Coopers (PwC), le Maroc a prélevé un taux
d’impôt moyen effectif de 33,9 %, entre 2006 et 2009, ce qui fait de lui le
deuxième pays au monde à pratiquer le taux d’impôt effectif le plus élevé.
La réforme des années 80 dont les principes
ont été énoncés par et promulguée par le dahir n° 1-83-38 du 23 Avril
1984 ; elle s’est traduite par un élargissement de l’assiette
et l’introduction de la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA) en 1986;
puis l’impôt sur les sociétés (IS) en 1988 et enfin l’Impôt Général sur
le Revenu (IGR) en 1990. Depuis, de nombreuses réformes ont été introduites par
les lois de finances successives de 2000 à 2011 dont le résultat a été:
o Réforme des droits d’enregistrement en 2004
o Amorce de la réforme de la TVA en 2005
o Élaboration du livre des procédures fiscales en 2005
o Élaboration du livre d’assiette et de recouvrement en 2006
o Regroupement des textes fiscaux dans un même volume : le Code
Général des Impôts édité en 2007
o Intégration de la taxe sur les actes et conventions dans les
droits d’enregistrement en 2008 ;
o Élaboration de la note circulaire globale publiée finalement en
2011.
Aujourd’hui, le nombre des impôts et taxes
n’est pas aberrent en soi (environ 79 recensés). A titre de comparaison, le
système fiscal Français compte plus de 214 prélèvements obligatoires en
2008.Mais on s’interroge surtout sur son efficience et ses missions de
régulations.
Il est indispensable de souligner que la
pression fiscale au Maroc connaît une baisse depuis fin 2008 :(Annexe
1et2)

Annexe1
Pays
|
Maroc
|
Tunisie
|
Turquie
|
France
|
Espagne
|
Roumanie
|
Finlande
|
Pression fiscale
|
22,80%
|
21,20%
|
22,00%
|
42,90%
|
31,70%
|
19,10%
|
42,10%
|
Annexe2
Partie
II : Pression fiscale : étude comparative et recommandations :
1-Etude
comparative :
A/La place
qu’occupe le Maroc
Selon l’étude réalisée par le cabinet américain Price
Waterhouse Coopers (PWC) qui vient de paraître, le Maroc est le 78ème pays à avoir le taux d’imposition
total le plus élevé avec 49,6%
(constitué principalement par les charges sociales de l’ordre de 22,7%). Au
niveau régional, le Royaume est le deuxième pays où la pression fiscale est la
plus importante après la Tunisie (60ème),
suivi par la Libye (116ème),
l’Algérie (174ème) et la Mauritanie
(181ème).
Sur le continent africain qui constitue la zone qui a le taux le plus élevé au monde avec un taux d’imposition total moyen de 52,9% le Maroc est le 15ème pays d’Afrique à avoir le taux d’imposition moyen le plus élevé.
Cette étude constate, depuis son lancement il y a neuf ans, qu’au Maroc comme partout dans le monde, les taux d’impôt sur les sociétés ont constamment diminué, alors que les charges sociales se sont stabilisées et représentent désormais la part la plus importante de l’ensemble des obligations fiscales.
Sur le continent africain qui constitue la zone qui a le taux le plus élevé au monde avec un taux d’imposition total moyen de 52,9% le Maroc est le 15ème pays d’Afrique à avoir le taux d’imposition moyen le plus élevé.
Cette étude constate, depuis son lancement il y a neuf ans, qu’au Maroc comme partout dans le monde, les taux d’impôt sur les sociétés ont constamment diminué, alors que les charges sociales se sont stabilisées et représentent désormais la part la plus importante de l’ensemble des obligations fiscales.
Selon la même investigation économique, le Maroc se
situe très loin devant les pays non
membres de l’Organisation de Coopération et de Développement économiques (OCDE).
Ils ont pratiqué, sur la même période, un taux d’imposition effectif d’une
moyenne de 16,5 % : La France n’a prélevé que 23,1 % occupant ainsi la
vingt-deuxième place, La Belgique est encore plus souple avec 19,5 % (troisième
État de l’OCDE ayant la pression fiscale la plus élevée) et vient à la
trente-sixième position, tandis que le voisin espagnol est vingt-sixième pour
21,8 %.
En 2008 et 2009, la pression fiscale a diminué dans la
plupart des pays de l’OCDE à la suite de la crise financière. Mais, depuis
2010, elle a recommencé à augmenter. Dès lors, la pression fiscale moyenne dans
l’OCDE a de nouveau grimpé, pour atteindre 34,1% du PIB, son niveau le plus
élevé depuis 2006.
En Belgique, comme dans la plupart des autres pays de
l’OCDE, la pression fiscale a diminué en 2008-2009 en raison de la crise.
Toutefois, l’augmentation qui a suivi fut relativement forte, de sorte qu’en
2011 elle avait déjà retrouvé son niveau record antérieur à la crise. Par la
suite, la pression fiscale totale a continué de monter jusqu’à 44,6% du PIB en
2013. Les deux seuls pays où les impôts étaient plus élevés encore en 2013 sont
le Danemark (48,6%) et la France (45,0%). (Annexe 3 et 4).

Annexe3

Annexe4
En résumé,
les pays nordiques, la France et l'Italie font partie du club des pays
fortement imposés. C'est en revanche en Corée (24,3 %), aux États-Unis (25,4 %),
au Chili (20,2 %) et au Mexique (19,7 %) que la pression est la plus
faible, au point pour ce dernier pays de se situer à des niveaux qui menacent
le fonctionnement des services publics. L'Allemagne, enfin, se classe un peu
au-dessus de la moyenne, à 36,7 %.
Dans la zone Moyen-Orient et
Afrique du Nord, le Maroc est le seul à pratiquer un taux aussi
élevé. Il partage la catégorie des taux à deux chiffres avec Oman. Tous les
autres pays de la région pratiquent des taux à un chiffre. Il s'agit d'ailleurs
de la région du monde où les taux sont généralement les plus bas. Selon un
sondage effectué par le Team du Centre
Marocain de Conjoncture (CMC), les taux imposition actuellement en vigueur
restent en majorité trop élevés notamment en matière d'IS et de TVA ; plus de
75 % des sondés estiment que la pression fiscale demeure excessive par rapport
aux taux pratiqués dans les pays européens et dans d'autres pays émergents du
Sud de la Méditerranée à niveau de développement similaire au Maroc.
B/L’assiette fiscale reste limitée
au Maroc
En observant les niveaux de prélèvements fiscaux dans le monde (Annexe 3), et mis à part les pays exportateurs de pétrole, on peut penser, à première vue, que la pression fiscale au Maroc est tout à fait correcte : autour de 23% depuis une dizaine d’années, 22,1% en 2011 d’après les estimations du ministère des finances contre 22,8% en 2010. Pourquoi correcte ? Parce que les ressources de l’Etat proviennent à hauteur de 80% des recettes fiscales. Autrement dit, l’Etat n’a pas d’autres choix, pour financer ses programmes d’investissement, sa politique sociale…que de prélever l’impôt.
Dans les faits, cependant, ce niveau de pression fiscale est plus lourd qu’il n’y paraît. En effet, en rapportant le montant total des recettes fiscales au PIB (c’est la méthode de calcul de la pression fiscale), on fait comme si tout le monde et tous les secteurs contribuent à ce PIB. Or, on sait qu’au Maroc le secteur agricole est exonéré d’impôts. En bonne logique, la pression fiscale devrait donc être calculée par rapport au PIB non agricole. Si on devait procéder ainsi, on aurait eu par exemple en 2010 une pression fiscale de 26,4% au lieu de 22,8% et, en 2008, de plus de 31%. Selon nos calculs, il y a, bon an mal an, une différence de 4 points selon que le dénominateur est le PIB global ou seulement non agricole.
Logiquement, une analyse plus fine de la pression fiscale conduirait à soustraire du dénominateur tous ceux qui, pour une raison ou une autre, n’y contribuent pas. On sait par exemple qu’aujourd’hui 53% des salariés sont exonérés de l’impôt sur le revenu. A la limite, dans ce cas, il s’agit d’un choix des pouvoirs publics pour redonner du pouvoir d’achat à cette catégorie de la population, de la même façon que de nombreuses activités économiques, pour les encourager, sont exonérées de l’impôt ou bénéficient d’abattements fiscaux. Il n’empêche que, en tenant compte également de l’informel, de l’évasion fiscale, l’assiette sur laquelle sont assis les prélèvements, y compris la TVA, pourtant comprise dans les produits et services que nous achetons, est finalement assez réduite. Tout cela pour dire que le poids de la fiscalité en lui-même n’est pas si lourd que cela au Maroc ; c’est le fait qu’il soit supporté par peu de contribuables, personnes physiques ou sociétés, qui le rend pesant. Car, si l’assiette était plus large, les taux d’imposition actuels pourraient être abaissés sans que les recettes en soient négativement affectées.
En observant les niveaux de prélèvements fiscaux dans le monde (Annexe 3), et mis à part les pays exportateurs de pétrole, on peut penser, à première vue, que la pression fiscale au Maroc est tout à fait correcte : autour de 23% depuis une dizaine d’années, 22,1% en 2011 d’après les estimations du ministère des finances contre 22,8% en 2010. Pourquoi correcte ? Parce que les ressources de l’Etat proviennent à hauteur de 80% des recettes fiscales. Autrement dit, l’Etat n’a pas d’autres choix, pour financer ses programmes d’investissement, sa politique sociale…que de prélever l’impôt.
Dans les faits, cependant, ce niveau de pression fiscale est plus lourd qu’il n’y paraît. En effet, en rapportant le montant total des recettes fiscales au PIB (c’est la méthode de calcul de la pression fiscale), on fait comme si tout le monde et tous les secteurs contribuent à ce PIB. Or, on sait qu’au Maroc le secteur agricole est exonéré d’impôts. En bonne logique, la pression fiscale devrait donc être calculée par rapport au PIB non agricole. Si on devait procéder ainsi, on aurait eu par exemple en 2010 une pression fiscale de 26,4% au lieu de 22,8% et, en 2008, de plus de 31%. Selon nos calculs, il y a, bon an mal an, une différence de 4 points selon que le dénominateur est le PIB global ou seulement non agricole.
Logiquement, une analyse plus fine de la pression fiscale conduirait à soustraire du dénominateur tous ceux qui, pour une raison ou une autre, n’y contribuent pas. On sait par exemple qu’aujourd’hui 53% des salariés sont exonérés de l’impôt sur le revenu. A la limite, dans ce cas, il s’agit d’un choix des pouvoirs publics pour redonner du pouvoir d’achat à cette catégorie de la population, de la même façon que de nombreuses activités économiques, pour les encourager, sont exonérées de l’impôt ou bénéficient d’abattements fiscaux. Il n’empêche que, en tenant compte également de l’informel, de l’évasion fiscale, l’assiette sur laquelle sont assis les prélèvements, y compris la TVA, pourtant comprise dans les produits et services que nous achetons, est finalement assez réduite. Tout cela pour dire que le poids de la fiscalité en lui-même n’est pas si lourd que cela au Maroc ; c’est le fait qu’il soit supporté par peu de contribuables, personnes physiques ou sociétés, qui le rend pesant. Car, si l’assiette était plus large, les taux d’imposition actuels pourraient être abaissés sans que les recettes en soient négativement affectées.
C/l’impôt sur les sociétés (IS)
Si l’on prend l’exemple de l’impôt sur les sociétés (IS), on constate que de nombreux pays concurrents du Maroc ont des taux d’IS plus faibles : 20% en Slovénie et en Turquie, 19% en Pologne et en Slovaquie, 17% au Chili, 16% en Roumanie, 10% en Serbie, et 30% au Maroc. Idem pour l’impôt sur le revenu. Précisons néanmoins que, de manière générale, dans les pays où le taux d’IS est faible, et à l’exception encore une fois des pays pétroliers, l’Etat se rattrape sur la TVA qui est dans beaucoup de cas élevée. Exemple : la Hongrie avec deux taux d’IS bas, 10% et 19% mais une TVA à 27% pour le droit commun et 18% pour la restauration et la nourriture de base ; le taux faible de 5% étant réservé aux médicaments et aux livres.
Le Maroc a lui aussi entamé, depuis 2005, une réforme dans ce sens : faire progressivement de la TVA l’impôt (ou plutôt la taxe) pivot de sa fiscalité. Ceci pour une raison fort simple : la TVA est la taxe qui dispose d’une assiette potentielle énorme. Cela est vrai partout ailleurs, mais c’est encore plus vrai au Maroc où la croissance repose principalement sur la consommation des ménages. Or, aujourd’hui, c’est à ce niveau que les exonérations sont les plus importantes : 13,24 milliards de DH de dépenses fiscales au titre de la TVA en 2011, soit 41,3% de l’ensemble des dépenses fiscales. Et encore, ce montant concerne seulement les mesures dérogatoires recensées !
Cela dit, dans un pays où le chômage, la précarité et la pauvreté sont encore des réalités assez pesantes, s’appuyer fortement sur la TVA risquerait de fragiliser encore plus le pouvoir d’achat de ces populations.
2-Des
recommandations :
Le Maroc est donc appelé à optimiser et moderniser ses
systèmes de paiement. «Les tendances de
l’environnement fiscal international comme la mondialisation de l’économie,
l’intensification de la concurrence entre pays en matière de recettes fiscales
et la part accrue des biens sociaux correspondant à des actifs incorporels tels
que les marques, les logiciels et le savoir-faire, exigent d’adapter les
systèmes fiscaux mondiaux afin de répondre aux besoins de notre époque », a précisé, dans un
communiqué, Mahat Chraibi, associée responsable du département juridique et
fiscal de PwC Maroc.
L’étude en question souligne que la difficulté de paiement des obligations fiscales sur le continent est due principalement au manque de possibilité de payer de façon électronique : seuls trois pays, dont le Maroc, sur 53 ont mis en place un système de paiement électronique. «D’ailleurs, les entreprises marocaines y ont de plus en plus recours, faisant diminuer le nombre de paiements à 6, soit le plus faible de la région», précise-t-elle.
Par ailleurs, «à l’échelle mondiale, l’administration fiscale prend des mesures pour optimiser et moderniser les systèmes de paiement. Les contribuables de 76 économies peuvent à présent télédéclarer leurs impôts de quasiment partout dans le monde. L’utilisation des dernières technologies pour améliorer la qualité des services publics favorise la transparence et pour de nombreuses autorités fiscales, permet également d’élargir la base fiscale, ce qui constitue un développement aux répercussions macroéconomiques bénéfiques », selon Augusto Lopez Claros, directeur du Département indicateurs mondiaux et analyses au sein de la Banque mondiale.
«La réforme du système fiscal est essentielle et cette étude montre qu’il n’y a pas que l’impôt sur les sociétés qui compte. Il s’agit également de décider des modalités d’imposition : qui doit payer des impôts, comment et à quelle hauteur ?», a souligné Dominique Taty, associé responsable du conseil fiscal pour PwC en Afrique francophone subsaharienne, selon un communiqué de PwC.
Seul bémol, le rapport «Paying taxes 2014» met en évidence que le Maroc fait partie des 32 économies qui ont continué à prendre des mesures entre juin 2012 et juin 2013 pour faciliter le paiement d’impôts. Pour la troisième année consécutive, la réforme fiscale la plus fréquente est la mise en place ou l’amélioration des systèmes de déclaration et de paiement des impôts en ligne. L’allègement de la charge que représente le respect des contraintes réglementaires (le temps consacré aux obligations déclaratives et le nombre de paiements) a continué en 2012, mais à un rythme moindre.
L’étude en question souligne que la difficulté de paiement des obligations fiscales sur le continent est due principalement au manque de possibilité de payer de façon électronique : seuls trois pays, dont le Maroc, sur 53 ont mis en place un système de paiement électronique. «D’ailleurs, les entreprises marocaines y ont de plus en plus recours, faisant diminuer le nombre de paiements à 6, soit le plus faible de la région», précise-t-elle.
Par ailleurs, «à l’échelle mondiale, l’administration fiscale prend des mesures pour optimiser et moderniser les systèmes de paiement. Les contribuables de 76 économies peuvent à présent télédéclarer leurs impôts de quasiment partout dans le monde. L’utilisation des dernières technologies pour améliorer la qualité des services publics favorise la transparence et pour de nombreuses autorités fiscales, permet également d’élargir la base fiscale, ce qui constitue un développement aux répercussions macroéconomiques bénéfiques », selon Augusto Lopez Claros, directeur du Département indicateurs mondiaux et analyses au sein de la Banque mondiale.
«La réforme du système fiscal est essentielle et cette étude montre qu’il n’y a pas que l’impôt sur les sociétés qui compte. Il s’agit également de décider des modalités d’imposition : qui doit payer des impôts, comment et à quelle hauteur ?», a souligné Dominique Taty, associé responsable du conseil fiscal pour PwC en Afrique francophone subsaharienne, selon un communiqué de PwC.
Seul bémol, le rapport «Paying taxes 2014» met en évidence que le Maroc fait partie des 32 économies qui ont continué à prendre des mesures entre juin 2012 et juin 2013 pour faciliter le paiement d’impôts. Pour la troisième année consécutive, la réforme fiscale la plus fréquente est la mise en place ou l’amélioration des systèmes de déclaration et de paiement des impôts en ligne. L’allègement de la charge que représente le respect des contraintes réglementaires (le temps consacré aux obligations déclaratives et le nombre de paiements) a continué en 2012, mais à un rythme moindre.
Parmi les recommandations finales du rapport du
conseil économique et social :la revendication d’une fiscalité qui
s’articule de manière forte avec les autres axes des politiques ;
l’amélioration de la transparence des pratiques fiscales, une fiscalité qui
permet de lutter contre la spéculation ; et encourage le secteur productif et
l’investissement… le rapport estime aussi que la programmation fiscale et une
meilleure connaissance du patrimoine et des engagements de l’Etat sont les
garants d’une fiscalité plus claire.
Conclusion
Même
si la comparaison entre pays des taux de pression fiscale est d'un usage
fréquent, elle est en réalité peu pertinente. En effet, le niveau atteint dans
un pays donné par les prélèvements fiscaux constitue plutôt un indicateur de
socialisation de certaines dépenses. Les chiffres doivent être nuancés par le
fait que les prélèvements fiscaux sont d'un point de vue « trop
étroits », en ce sens qu'ils ne correspondent pas à la totalité des
recettes publiques.
Or,
la distinction entre recettes fiscales et recettes publiques peut être
dépourvue de signification économique. La comparaison entre niveaux de recettes
publiques serait plus pertinente pour évaluer le poids de la sphère publique
dans l'économie.
Bibliographie
·
Rapport du Conseil Économique et Social « Le système fiscal marocain,
développement économique et cohésion sociale », Novembre 2012.
·
Le système fiscal marocain: diagnostic et défis, Direction des Etudes et
des Prévisions financières, Juillet 1999.
·
Pierre BELTRAME, les
systèmes fiscaux.
·
Bachir Znagui : plateforme du CESEM centre de recherche de
HEM.
·
Le rapport du Conseil économique et social en Mars 2013.
·
Salah Agueniou. La Vie
économique 24-01-2012.
Site web :
Journaux :
·
Libération, Mohammed Taleb
Lundi 25 Novembre 2013.
·
L’économiste article 902667
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire