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12/01/2019

L'évaluation des ressources humaines


L'évaluation des ressources humaines

LE PLAN

Introduction

Partie I : Le dispositif d’évaluation dans la    fonction publique

    1- Du système de notation à celui de l’évaluation des   résultats.
        2-la notation et l’évaluation axée sur les résultats : une   individualisation de la performance

Partie II: l’instrumentation de l’évaluation :    quelques pistes de réflexions

          1-les critères d’évaluation

          2-Les supports d’évaluation
                                

   CONCLUSION



Définition :

      L’évaluation peut être définie comme étant« un ensemble de procédures systématiques destinées à juger les qualifications, les activités exercées, la performance, le potentiel futur des agents en s’appuyant sur des critères explicites, des normes établies pour que l’évaluateur puisse formuler un jugement objectif sur les performances de l’évalué »


Objectifs :
       Les objectifs cherchés par l’évaluation des ressources humaines sont les suivants :
 Objectifs organisationnels : ajustement dans la précision des missions et responsabilités.
 Objectifs psychologiques : l’agent a besoin de situer sa contribution par rapport aux normes de réussite et par rapport aux attentes de sa hiérarchie.
  Objectifs de performance : l’agent a besoin d’objectifs ambitieux et réalisables. .
  Objectifs de développement : adaptation au poste, développement de l’employabilité, progression de carrière.





Partie I : Le dispositif d’évaluation dans la fonction publique

Le nouveau système de notation et d’évaluation des fonctionnaires au Maroc, institué par le décret n°2.05.1367 du 2 décembre 2005, est né de la volonté de l’administration publique marocaine de revoir les instruments de gestion de la performance individuelle des agents publics.
Avant le décret du 2 décembre 2005 :
·         la notation des fonctionnaires portait sur une appréciation générale de la valeur professionnelle des agents publics par leur chef immédiat, au regard de leurs aptitudes et des normes de notations retenues.
·        les fonctionnaires étaient notés sur leurs connaissances professionnelles et non sur ce qu’ils produisaient à l’aide de ses connaissances.
         Le décret du 2 décembre 2005 :
·        introduit dès lors, une logique de notation et d’évaluation des agents publics  axée sur les résultats
 1- Du système de notation à celui de l’évaluation des résultats.
·        L’appréciation des agents publics de l’administration marocaine était régie par le décret Royal n°998.68 du 17 mai 1968, en application de l’article 28 du dahir n°1.58.008  du 24 février 1958 portant statut général de la fonction publique.
·        Selon l’article 3 du décret du 17 mai 1968, l’appréciation des fonctionnaires de l’administration publique portait sur « L’appréciation d’ordre général exprimant la valeur professionnelle du fonctionnaire compte tenu de ses connaissances professionnelles, de son efficacité, du sens de l’organisation et de la méthode dans le travail ainsi que des qualités dont il a fait preuve dans l’exécution du service »


   Le système de notation
·        Le système de notation prévue par le décret du 17 mai 2008, assurait ainsi  à tous les agents publics une promotion quel que soit la note obtenue par ces derniers. Il s’agissait alors plus, d’une gestion de carrière des agents de l’administration publique, plutôt qu’un  instrument d’amélioration du fonctionnement de l’administration 
·        la notation des fonctionnaires était établie selon une cotation allant de 0 à 3 correspondants aux rythmes d’avancement institués par le décret du 17 mai 1968. Le quotient 3 correspondant au rythme  d’avancement le plus rapide, le quotient 2 au rythme moyen. Et les fonctionnaires dotés d’un quotient inferieur étant admis à l’avancement à  l’ancienneté, sauf mesure disciplinaire.
·        la note et l’appréciation définitive des fonctionnaires relevaient au sens du décret cité plus haut, de la compétence du chef de l’administration ou du chef de service ayant reçu telle délégation ; Lequel, sur la base de cette note chiffrée, appréciait la performance du fonctionnaire et ses aptitudes à exercer des fonctions correspondant à un grade supérieur
→ Cette situation, a fait à dire à certains chercheurs, que les caractéristiques essentielles de ce système classique de notation des fonctionnaires était son caractère subjectif et son inadaptation à un système de gestion moderne.
      → le système de notation des fonctionnaires antérieure au décret de 2005, ne valorisait pas le rendement des fonctionnaires et par conséquent celui de l’administration publique
2-la notation et l’évaluation axée sur les résultats : une individualisation de la performance
·        à la différence de l’ancien système de notation des fonctionnaires dont la note chiffrée allait de 0 à 3, le nouveau système augmente non seulement la cotation mais aussi le nombre d’éléments de notation tout en les diversifiant. Il s’agit concrètement de la prise en compte des points suivants dans la notation :
-l’accomplissement des tâches
--le rendement au travail
-la capacité d’organisation
-le comportement professionnel
-la recherche de la créativité
·        L’article 10 du décret du 2 décembre 2005, indique que les fonctionnaires font l’objet au moins tous les deux ans, d’une évaluation qui comporte un entretien avec son chef immédiat et qui porte sur les éléments de la notation, sur ses qualifications professionnelles compte tenu des missions qui lui sont assignées.
·        le décret du 2 décembre 2005, opère une séparation entre la notation, et l’évaluation, en ce sens que la notation conduit à une appréciation qui ne porte pas, selon ledit décret, sur les compétences des ressources humaines de l’administration publique, ni sur les mesures pour le développer. Cette tâche revient au gestionnaire à l’occasion de l’évaluation. En d’autre terme, les performances sont du champ de la notation alors que les compétences sont de celui de l’évaluation


Nous pouvons alors avancer l’idée selon laquelle le nouveau système de notation est un mélange d’une logique de résultat et d’efficacité recherché par l’administration publique marocaine, mais aussi une tendance à la recherche d’objectivité dans le processus de notation des fonctionnaires et leurs avancements. Autrement dit, il s’agit d’avoir des agents publics méritants aux postes élevés de la hiérarchie de l’appareil administratif.











Partie II : l’instrumentation de l’évaluation : quelques pistes de réflexions

            La réflexion qui va suivre s’articulera en deux temps : nous analyserons, tout d’abord, les critères d’évaluation qui peuvent être pris selon les objectifs poursuivis (1).ensuite nous nous attacherons à décrire les supports sur lesquels peut s’appuyer l’évaluation, ainsi que l’articulation dont ils peuvent faire l’objet (2)

1-les critères d’évaluation

          Au niveau de la notation
Les critères au niveau de la notation sont souvent très généraux et centrés davantage sur les comportements de l’agent que sur ses résultats.
D’où  les agents  serait notés à un niveau très proche les uns aux autres, car des comparaisons sont alors très difficiles à établir
A partir de ce constat, on peut envisager de  définir deux types de   critères, les uns généraux vont  faire état des compétences et attitudes de l’agent, les autres, plus spécifique, vont porter sur les résultats obtenus par agent.
L’évaluation du premier groupe de caractéristiques, décrivant  la compétence de l’agent, peut être faite en référence à trois dimensions qui se complètent :
Le savoir : il s’agit ici des connaissances professionnelles, cependant à notre sens, il ne doit pas accorder une place prépondérante à cette approche, puisque les connaissances sont un élément nécessaire mais non suffisants pour déterminer la compétence
Le savoir-faire : constitue l’élément identitaire de la compétence
Le savoir-être : c .à .d le  comportement, qui caractérise les  compétences des agents
L’ensemble de ces critères relatifs au savoir, savoir-faire et savoir –être décrit le positionnement de l’agent par rapport aux exigences générales des fonctions du poste qu’il occupe. Ceci étant, ces critères ne permettent pas de juger l’efficacité dont l’agent fait preuve, il semble donc nécessaire d’accompagner l’évaluation d’une analyse des performances atteintes au cours de l’année
Le second groupe de critère est davantage liés à la performance des agents : cette seconde partie de l’évaluation doit donc, à notre sens bénéficier d’une pondération plus forte aux yeux des évaluateurs, en effet c’est, d’abord à l’aune des résultats obtenus que sera jugé le service rendus ;ensuite, l’évaluation de l’atteinte d’objectif précisément désigné est plus facilement objectivable, dès lors que l'on n’a pas seulement défini des objectifs mais qu’on les a accompagnés  d’indicateurs de résultats, enfin, il s’agit de critères plus  individualisés, donc qui prennent en compte la spécificités des postes en question.

Au niveau de l’avancement de grade et de la promotion interne
Nous entamerons, ici, notre réflexion en analysant :
la pertinence  de recourir aux critères de l’Age, l’ancienneté  et de l’expérience professionnelle dans la mesure où ce sont trois critères fréquemment utilisés par les administrations publiques
nous envisagerons la prise en compte de l’effort de formation, critère apparaissant utile mais d’un abord difficile
Age, ancienneté et expérience professionnelle : des critères traditionnels mais pas toujours pertinents :
            Age, ancienneté et expérience professionnelle ont généralement un poids important dans les choix effectués.la logique sous-entendue par cette conception implique que la compétence s’acquièrent  au fil de temps, et que la contribution  au  bon fonctionnement de l’organisation s’accroit donc avec l’expérience professionnelle.
           On peut mettre en cause cette hypothèse :
                 Pour dire que si  l’expérience renforce certainement la technicité d’un agent, elle peut aussi engendrer un routinesqui le


rendra  moins productif. En tout  état de cause « la longévité professionnelle n’est pas forcément synonyme de qualité de service ».
                L’effort de formation : un indicateur utile à la mise en œuvre délicat puisqu’il semble intéressant de jauger la motivation des agents à se hisser à un niveau de compétence et statutaire supérieur, le suivi de formation centré sur les aptitudes nécessaires pour assumer des missions correspondant au grade d’accession peut être un critère pertinent.

             En tout état de cause, l’effort « officiel » de formation doit être modérément  pondéré : sauf s’il concerne la préparation aux concours et le passage d’examens professionnels
la période de référence doit en outre  être limitée : trois ans
semblent bon compromis
le volume de formation pris en considération : sinon un agent terminant sa période de formation initiale d’application, alors qu’il peut par ailleurs prétendre  à un avancement, bénéficierait d’un avantage exorbitant injustifié

au niveau de régime indemnitaire :
        Les questions qui méritent d’être posées à ce stade :
Doit-on accorder à l’agent des primes en fonction de son grade, de son ancienneté, de son mérite, ou bien de la difficulté de sa fonction
         Pour répondre à ces question, on peut envisager a priori de faire de prime et indemnité un outil de recrutement et de fidélisation, mais cette approche ne s’avère cependant  pas la plus pertinente, il s’agit davantage d’utiliser le régime indemnitaire de pallier les insuffisances statutaires, ainsi que de  valoriser la manière de servir des agents
Ø recruter et fidéliser le personnel
        Dans cette perspective, le niveau de régime indemnitaire peut varier en fonction de l’effort à fournir pour attirer des candidats sur certains postes. Le risque est cependant grand en termes de motivation, puisque ce système revient à créer des inégalités non sur la qualité et les difficultés du travail fourni mais sur des considérations de conjoncture.
Ø Considérer la manière de servir
       Certaine administration fonde leur appréciation de la manière de servir notamment en fonction de l’absentéisme des agents. Ce critère ne semble cependant  pas des plus pertinent, notre  préférence ira avantage à la rémunération de l’efficacité dont l’agent fait preuve.
Ø Rémunérer l’efficacité
       Rémunéré ainsi la performance est un véritable enjeu et peut se produire de plusieurs manières :
          En premier lieu, on peut penser à prendre en considération l’atteinte d’un niveau de production. Par exemple le nombre de dossiers ou d’opération traitée par l’agent.
        Ensuite, nous proposons de fixer une fourchette dans laquelle il convient de se situer  pour bénéficier de la part de régime indemnitaire lié au critère du niveau de production atteint.
      Enfin l’efficacité du travail, doit s’apprécier au regard de la qualité de service rendu au citoyen.

Résumé des critères :

       Pour la notation, ce sont le savoir, le savoir-faire, le savoir-être, ainsi que les objectifs de développement de compétences, de contribution à un objectif collectif, et d’évolution du poste, qui peuvent être utilement retenu comme  catégorie de critère.
     Pour l’avancement de grade et promotion interne, on privilégiera plutôt la capacité à exécrer des fonctions d’un niveau supérieur, l’effort faire pour se hisser à un niveau de compétence plus élevée la cohérence générale de la demande de l’agent
     Pour le régime indemnitaire, il nous semble utile de faire des indemnités et primes un outil de palliation des carences statutaires, en prenant en compte des considérations liées au poste occupé par l’agent ; en même temps, le régime indemnitaire devrait être également indexé sur des éléments relatif au travail effectivement fourni et aux  résultats obtenus


2-Les supports d’évaluation :
      a- l’entretien d’évaluation:

           -les enjeux de l’entretien
L’entretien garantit à l’agent qu’il y aura au moins un moment à l’année où il pourra prendre du recul sur son activité et ses perspectives. Pour lui l’enjeu est donc, d’abord d’exprimer les difficultés rencontrées et faire part de ses idées sur les questions professionnelles relatives à ses fonctions.
Il doit aussi pouvoir exprimer ses attentes professionnelles, tant en termes d’évolution des fonctions de son poste qu’au niveau d’un éventuel changement d’affectation
L’enjeu de  l’entretien pour l’agent tient à ce qu’il va pouvoir recevoir des conseils et envisager comment mener à bien son projet d’évolution
 Pour le supérieur de l’agent, l’enjeu est tout aussi important, puisqu’il s’agit tout d’abord de favoriser le dialogue social  et la compréhension mutuelle, en  sortant du cadre  formel des relations du travail quotidiennes.
L’entretien joue  un double  un rôle pour l’évaluateur :
Il s’agit d’améliorer le fonctionnement de son service, en favorisant l’interconnaissance et en optimisant le positionnement et l’utilisation du potentiel de compétence dont il dispose ;
L’entretien d’évaluation va nécessairement faire prendre connaissance au cadre que la fonction « personnel », qu’il doit nécessairement assumer ne se limite à la seule gestion  administrative des agents dont il a la charge.
Pour le service ; l’entretien devra servir à adapter les moyens(en termes de mobilité ; de formation…) aux objectifs de l’administration, facilitant donc la gestion des emplois et des compétences : « mieux connues, mieux utilisées, mieux prise en compte dans les parcours professionnels, les carrières voire les procédures de recrutement ».

     b-les outils de repérage des postes : un complément indispensable :
     L’analyse de l’organigramme hiérarchique permettra de voir si des agents  en position d’encadrement détiennent le même grade que les agents qui leur sont subordonnés.si tel est le cas, il faut alors néssairenement que l’évaluation soit effectué par quelqu’un d’autre.
Ensuite, au niveau de modulation du régime indemnitaire, la prise en compte des grades, du niveau de responsabilité, de la sujétion particulière et de l’importance stratégique lié au poste, doit s’appuyer sur des documents permettant une véritable cotation des postes
      De même, des « fiches de fonction » spécifique peuvent être élaborées afin de cadrer les contours de certaines fonctions que les agents assument volontairement et qui sont utiles à l’administration toute entière
      Il est utile aussi que les directions  des ressources humaines constituent un historique de la carrière de l’agent, non seulement au sein de l’administration mais aussi avant son arrivé
       La reconnaissance et la valorisation des efforts fournis par    les agents dans leur travail appellent la création de nombreux outils, ce qui constitue non pas une contrainte mais une réelle opportunité, puisqu’elle est l’occasion d’amorcer une réflexion plus large sur la gestion des ressources humaines








Conclusion
           Les pères du statut de la fonction publique se sont attachés à imposer l’évaluation des agents de la fonction publique afin de permettre que soit reconnue et valorisé la contribution de chacun à la bonne marche du service public.
           Pourtant, c’est bien l’inadaptation de ce statut qui est généralement invoqué pour expliquer les lacunes et le règne de l’égalitarisme au sein de l’administration publique en matière de gestion des ressources humaines.
Le présent exposé a alors pour objectif de montrer dans quelle mesure il est possible et nécessaire, tout en respectant la réglementation en vigueur de faire de l’évaluation le pivot  de la GRH dans les administrations publiques















Liste des bibliographies
·        L'ÉVALUATION ET LA NOTATION
DES FONCTIONNAIRES DE L'ETAT » :
·        Rapport présenté par :
M. Jean-Pierre WEISS ,Mme Marie-Christine COLOMB D'ECOTAY M. Michel DELPECH ,M. Sylvain MERLEN
M. Jean-Paul CARTON ,M. Vincent SIVRÉ
·        Evaluation et gestion des ressources humaines dans la fonction publique territoriale ; Mémoire soutenu le 12 septembre,2003 par JEROM Auberthier  :Maitre de conférence en sciences de gestion
·        Moderniser les pratiques de l’évaluation du travail dans la foncion publique,analyse exploratoir du cas d’un hopital public, Benjamin DuBrion
·        Ardoino, J. & Berger, G. (1989). Fondements de l'évaluation et démarche critique,
·        le décret n°2.05.1367 du 2 décembre 2005
·         


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